Publié le 6 janvier 2020 Mis à jour le 6 janvier 2020

En Belgique, la gestion de la diversité religieuse et philosophique est une des caractéristiques clés du fonctionnement de la société. Aujourd’hui, un livre se demande si cette division en piliers de la société (« pilarisation ») est encore actuelle.

Les centres de planning familial pluralistes sont-ils la preuve que la société belge actuelle est dépilarisée ? Dans un ouvrage qu’elle a coordonné avec Lynn Bruyère (Centre de Recherches, Pénalité, Sécurité et Déviance, Faculté de Droit et de Criminologie), Jean Faniel et Caroline Sâgesser (CRISP), Anne-Sophie Crosetti (METICES et STRIGES, Faculté de Philosophie et Sciences sociales) s’interroge sur ce que la construction de ces centres représente dans une société où laïcité et catholicisme sont en lutte.

La pilarisation, à savoir la gestion de la diversité religieuse et philosophique dans une société hautement divisée, est une des caractéristiques fondamentales de la Belgique. Dans les années 1970, catholiques et laïques s’unissent pourtant pour construire des centres de planning familial pluralistes, en accord sur un certain nombre de questions : éducation à la sexualité, sensibilisation à l’existence de moyens contraceptifs, etc. La question de l'avortement suscite plus de discussions. Si tous deux soutiennent la dépénalisation, à une époque où l’avortement est encore proscrit, les laïques ne condamnent pas les pratiques illégales des interruptions volontaires de grossesse. Ils vont pourtant faire fi de leur désaccord et militer ensemble pour en dépénaliser la pratique.

Globalement, l’ouvrage propose une étude de la pilarisation et dépilarisation de la société belge à travers l’action des acteurs de la société civile. Ce livre s’inscrit dans le cadre du projet ARC « Sex&Pil » dans laquelle s’inscrit la thèse d’Anne-Sophie Crosetti, une socio-histoire des centres de planning familial catholique en Belgique.

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