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Viabilité et réchauffement climatique: il faut aussi tenir compte de l’humidité

Publié le 29 mars 2022 Mis à jour le 30 mars 2022

Une équipe de chercheurs a utilisé les observations satellitaires IASI, les réanalyses ERA5, et des projections de modèles climatiques pour analyser les températures de surface et celles du « bulbe humide » (la température de l'air quand il est saturé d'humidité), le matin et le soir dans la péninsule arabique. Ils ont ainsi pu montrer que l'irrigation devrait être incluse dans les projections climatiques futures.

Le climat se réchauffe et les simulations de modèles permettent de prévoir les températures pour dans 25 ou 50 ans. Les travaux récents montrent qu’il faut aussi tenir compte du taux d’humidité pour prévoir les zones qui seront habitables. En effet, la dissipation de la chaleur dans le corps humain se produit par évaporation de la sueur. Si l'air est trop humide, le corps humain est en hyperthermie et les organes dysfonctionnent.

Des chercheurs du laboratoire SQUARES (Faculté des sciences) dont Cathy Clerbaux, en collaboration avec des chercheurs de Sorbonne Université, ont utilisé les observations satellitaires IASI, les réanalyses ERA5, et des projections de modèles climatiques pour analyser les températures de surface et celles du « bulbe humide » (la température de l'air quand il est saturé d'humidité), le matin et le soir dans la péninsule arabique.

La péninsule arabique connaît un développement économique rapide et a une des plus fortes croissances démographiques au monde. Elle comprend le plus grand désert d’Asie et est entourée de mers, apportant de l'humidité aux côtes.

Les chercheurs ont montré que la température du bulbe humide change avec l’heure de la journée. Dans le golfe Persique et autour d’Oman elle est plus élevée en début de soirée l'été car l’air est saturé par l’humidité (Figure 1). L'irrigation diminue la température du sol, mais peut augmenter le stress thermique de 2-3 degrés (Figure 2). Cette étude démontre que l'irrigation devrait être incluse dans les projections climatiques futures car elle joue un rôle essentiel dans la détermination du stress thermique à venir, impactant la capacité de survie dans les régions les plus peuplées du monde.

Figure 1. Haut : observations IASI diurnes et nocturnes de la température du sol pendant l'été pour les villes du golfe Persique et du golfe d'Oman. Bas : température de bulbe humide calculée à partir des données reanalyses ERA5



Figure 2. Température du sol et température du bulbe humide moyennées sur 13 étés [2008-2020].
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