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Que reste-t-il aujourd’hui de l’ironie voltairienne ?

Publié le 15 octobre 2021 Mis à jour le 15 octobre 2021

Colloque international co-organisé par l’Académie royale de Belgique, le Collège Belgique et la Faculté de Lettres, Traduction et Communication de l'Université libre de Bruxelles.

Le 7 janvier 2015, la France et, avec elle, tous les hommes libres se réveillaient groggy après le terrible attentat qui venait de coûter la vie aux journalistes et caricaturistes de Charlie hebdo. Le monde était brutalement confronté à cette redoutable réalité : le respect des  droits de l’homme et de la vie, le droit à la parole et à la contestation, le recours à la satire et au rire comme arme contre la barbarie étaient dangereusement menacés, bafoués, en ce début de XXIe siècle, dans un pays pourtant laïque et démocratique. Le slogan « Je suis Charlie » envahit les rues, les réseaux sociaux, l’opinion se mobilise. En quelques jours à peine, les librairies sont prises d’assaut : le Traité sur la tolérance de Voltaire devient un symbole, un brûlot d’alerte, une revendication citoyenne. Les mânes de Voltaire quittent le Panthéon où le patriarche repose depuis 1791 pour retrouver l’espace public, le cri du sang innocent retentit dans les rues de la capitale. Le pourfendeur de l’Infâme est appelé à la rescousse, son « rire terrible, auquel s'écroulent les bastilles des tyrans, les temples des Pharisiens », pour reprendre les mots de Michelet, avait permis d’ébranler les superstitions et de museler les cagots. Il était temps de s’en souvenir. Et pourtant, depuis le 18e siècle, l’ironie voltairienne en avait dérangé plus d’un. Le « hideux sourire » de Voltaire, tellement détesté par les romantiques, l’avait transformé en antéchrist peu fréquentable. Qu’en est-il donc aujourd’hui, à l’heure où le politiquement correct s’impose sous les déguisements les plus inattendus ? Le second degré, le sarcasme, la moquerie sont-ils voués à définitivement disparaître, condamnés par le respect des convenances et des sensibilités ? Que reste-t-il de l’ironie voltairienne ? Telle est la question que cette journée d’étude aimerait décliner sans tabous. « Qu'on le maudisse ou qu'on l'exalte, rappelait Paul Valéry à la fin de la seconde guerre mondiale, Voltaire vit, Voltaire dure : il est indéfiniment actuel. » L’actualité nous le prouve chaque jour et l’édition de ses Œuvres Complètes par la Voltaire Foundation, dont Nicholas Cronk viendra nous parler lors de la conférence inaugurale qui ouvrira cette manifestation, est appelée à le rappeler aux générations futures.

Infos et inscriptions : cliquez ici
Date(s)
Le 9 novembre 2021
Lieu(x)
Palais des Académies
Rue Ducale 1 - 1000 Bruxelles