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Adapter les politiques publiques aux minorités fragilisées par la COVID-19

Publié le 18 décembre 2020 Mis à jour le 18 décembre 2020

Juin 2020, la première vague de l’épidémie est sous contrôle en Belgique ; à l’automne, le pays connait une deuxième vague. Au total, la COVID-19 a déjà fait quelque 14.000 morts et plus de 520.000 personnes diagnostiquées positives... La partie émergée d’un iceberg bien plus large, touchant un public ayant évolué depuis mars 2020, comme le constate Judith Racapé, épidémiologiste à l’Ecole de Santé publique et à l’Hôpital Erasme.

Est-il possible de dresser aujourd’hui un profil des personnes infectées par le SARS-CoV-2 ?

Judith Racapé : En Belgique, nous manquons beaucoup de données, contrairement à d’autres pays comme les Etats-Unis ou l’Angleterre. L’accès aux bases d’informations n’est pas forcément facile chez nous, ce qui fait que les données totales d’hospitalisations couplées aux données sociales pour tout le pays ne seront disponibles qu’en mai prochain. Transmise à l’origine par un public plutôt favorisé, ayant les moyens de voyager et d’ainsi faire circuler le virus, aujourd’hui ce sont les personnes fragilisées socialement et les minorités ethniques qui semblent le plus affectées. Ainsi, ce qui ressort déjà de la littérature internationale, c’est que certaines populations ont été  particulièrement  touchées  par  le  virus.  Outre les personnes âgées ou présentant des facteurs de comorbidité tels que les maladies chroniques, l’obésité ou le diabète, les professions comme le personnel soignant mais aussi celles qui ne permettent pas le télétravail – transports en commun, employés de grandes surfaces, livreurs... – sont concernées. Il convient de considérer également le facteur de contamination direct: logements et quartiers densément peuplés contribuent à l’accumulation des risques. Or, les minorités ethniques  et  les  populations  plus  précarisées  vivent justement dans ces quartiers, occupent des emplois plus précaires. Ces populations sont donc particulièrement exposées au virus.

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Marie Thieffry