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Avril 2021 : Un ou des vaccin(s) ?

Publié le 17 décembre 2020 Mis à jour le 18 décembre 2020

"Un vaccin pour chaque Américain en avril 2021 ". La promesse de Donald Trump n’est pas encore tenue – et ne le sera peut-être pas. Mais si l’ampleur du succès reste à préciser, l’année 2020 peut déjà être considérée comme hors norme pour les laboratoires et entreprises impliqués dans la grande « course au vaccin ». L’analyse de Michel Goldman, spécialiste de l’immunologie, co-directeur de l’Institute for interdisciplinary innovation in healthcare, I3h.

En quoi les annonces des résultats du vaccin Pfizer/BioNTech, rapidement suivis par ceux de Moderna cet automne, témoignent-elles de l’énorme succès de la science médicale aujourd’hui ?
Michel Goldman : Remontons le fil de l’histoire : le premier cas de coronavirus attesté date de mi-novembre et le patient zéro est établi au premier décembre... puis en quelques semaines, le virus est identifié et son génome décodé. Un rappel d’importance pour comprendre qu’à partir de ce moment-clef, la recherche sur le vaccin a pu démarrer au quart de tour. 

C’est grâce aux plateformes vaccinales préexistantes basées sur l’information génétique des agents pathogènes que l’on a pu synthétiser très rapidement les premiers candidats vaccins. Ceux-ci sont basés sur l’ARN messager codant pour la spicule du virus, les autres sur des virus recombinants incorporant dans leur génome l’ADN correspondant. 

La collaboration scientifique internationale a été remarquable et la communication des résultats excessivement rapide. Une parfaite illustration de la contribution de l’intelligence collective et de l’ « open science » au progrès de l’humanité. La collaboration s’est étendue au secteur industriel comme l’illustre l’alliance entre  deux  géants  de  la  pharmacie, GSK  et  Sanofi. 

Si la science européenne a largement contribué au développement initial des vaccins, ce sont les Etats-Unis qui ont réalisé les investissements massifs nécessaires pour financer les dernières étapes qui précèdent les autorisations de mise sur le marché délivrées par les agences réglementaires. 

Quels sont les défis suivants à relever ?
Michel Goldman : Ces vaccins vont être essentiels pour endiguer les formes les plus graves de la maladie et à terme venir au bout de la pandémie. Les enjeux sont énormes, qu’il s’agisse de la santé publique, de l’économie ou de l’organisation de la vie sociale au sens large. Chaque citoyen va devoir repenser sa relation à la santé et la manière de la préserver. Chacun devra aussi réfléchir à ce que signifient les valeurs de solidarité et de générosité indispensables pour surmonter les grands défis sanitaires. 

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Marie Thieffry