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Janvier 2020 – 21 : Paroles d’expert

Publié le 17 décembre 2020 Mis à jour le 18 décembre 2020

La pandémie a poussé la science sur le devant de la scène médiatique. Et avec elle Marius Gilbert : l’épidémiologiste a enchainé les interventions pour nous expli-quer, avec pédagogie et calme, cette crise inédite.Retour avec lui sur le rôle de la communication scientifique face aux défis de société ; et à l’implication de différents acteurs : chercheur·e·s, journalistes, citoyen·ne·s, etc.

Décrypter la dynamique d’une épidémie dans un studio télé ou radio est-il frustrant ? Ou plutôt votre hypermédiatisation a-t-elle créé un sentiment de puissance ?

Marius Gilbert : Il faut se méfier du sentiment de puissance (rires) ; il nous amène parfois à parler de sujets qui sortent de notre expertise ou à propager des informations qui ne sont pas fondées scientifiquement. Ce sont deux erreurs. La communication scientifique peut parfois être frustrante en raison du format : vous devez réagir au « sujet du jour » sans entrer dans les détails. Or, dans une épidémie, différents facteurs peuvent expliquer une situation ; ils se juxtaposent ; ils s’influencent... Il faut pouvoir nuancer surtout lorsqu’on aborde des sujets sensibles tels que l’impact des écoles ou du secteur horeca sur la transmission du virus. Plus votre intervention est courte, plus elle est difficile.

Le faux se propage plus vite que le vrai ; la controverse fait plus recette que le consensus. Comment l’expert peut-il (ré)agir ?

Marius Gilbert : Le discours complotiste ou « anti » n’est pas spécifique à la pandémie ; on l’entend sur toute question importante qui a un impact sociétal. C’est déroutant de voir comme les discours changent - on est pour le masque quand il est en pénurie ; on est contre lorsqu’il devient obligatoire - ; comme les raisonnements s’inversent - on est prêt à prendre de la chloroquine alors que son efficacité thérapeutique n’est pas démontrée mais on refuse le vaccin sous prétexte qu’on n’a pas la preuve de son efficacité -. La seule réponse pour l’expert est d’expliquer poliment, sans infantiliser, avec pédagogie. Cela prend du temps de dialoguer avec chacun ; heureusement, je peux compter sur des citoyens, actifs sur les réseaux sociaux, qui relaient mes explications scientifiques.


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Nathalie Gobbe