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La vaccination : fondements biologiques et enjeux sociétaux

Publié le 16 décembre 2020 Mis à jour le 16 décembre 2020

Voilà un peu plus d’un an, Muriel Moser, directrice de recherche FNRS au Laboratoire d’Immunobiologie de la Faculté des Sciences de l’ULB, décidait d’inaugurer la nouvelle collection des éditions de l’Université de Bruxelles, Débats, dirigée par le professeur de sociologie Andrea Rea, par un livre consacré à la vaccination. La collection, qui entend présenter des connaissances établies sur des sujets controversés, veut montrer combien les savoirs scientifiques peuvent améliorer la vie de nos sociétés. A l’heure de l’hésitation vaccinale, l’ouvrage arrive à point nommé.

Lorsque Muriel Moser entame la rédaction de « La vaccination. Fondements biologiques et enjeux sociétaux », la Covid-19 n’est pas encore en Une des journaux. Pour cette ancienne doyenne de la Faculté des Sciences, il paraît pourtant déjà nécessaire de rappeler les enjeux de ce procédé d’immunisation : « On oublie tout le bien que la vaccination nous a apporté depuis sa conception et on la néglige ! », lance-t-elle.

« D’importantes épidémies ont fait des dommages considérables jusqu’à la fin du XIXe siècle. Il y a seulement deux ou trois générations, les enfants souffraient fréquemment de maladies infectieuses graves, dont certaines pouvaient être mortelles comme la coqueluche, la variole ou la diphtérie. La plupart de ces maladies ont été éliminées dans nos pays, parce que des chercheurs ont trouvé le moyen de ‘tromper’ notre système de défense, c’est-à-dire de l’activer contre les microbes responsables, sans pour autant causer de maladie… C’est la vaccination, seule protection collective et individuelle contre les maladies infectieuses. Se vacciner, c’est se protéger soi-même, mais aussi éviter de contaminer les autres. »

Pour appuyer ses propos, Muriel Moser construit un ouvrage accessible à la lecture fluide, dont une partie est consacrée à quelques explications pour les non-immunologistes.

« L’objectif de ce livre est double : d’une part informer un public non averti des fondements biologiques de la vaccination et d’autre part discuter des enjeux sociétaux qui en découlent ». 


« Après un bref historique de la vaccination, le chapitre 2 reprend les bases biologiques de la vaccination et explique brièvement le fonctionnement (complexe) du système immunitaire. L’évolution des vaccins du XXe au XXIe siècle, reprise dans le chapitre 3, illustre le principe de la vaccination et son effet bénéfique sur la population humaine au fil du temps. Le chapitre 4 décrit les vaccins actuellement en cours de développement en précisant les approches utilisées et les difficultés rencontrées. Enfin, le chapitre 5 se consacre aux enjeux sociétaux, aux bénéfices de la vaccination pour l’espèce humaine mais aussi aux perceptions individuelles différentes et aux mouvements opposés à la vaccination. »

Créer des « murs virtuels d’immunité »

Afin de faciliter la compréhension, chaque sous-chapitre est résumé par une illustration qui reprend les points essentiels à retenir. De plus, le lecteur trouvera un glossaire en fin de volume, destiné à éclairer les principaux termes scientifiques et techniques présents dans ce livre et identifiés à l’aide d’un astérisque. Enfin, quelques explications pour les non-immunologistes rappelleront les notions de base de la réponse immunitaire. Le chapitre consacré aux nouveaux défis de la vaccination est en grande partie consacré à la pandémie du coronavirus SARS-CoV-2, laquelle « met en évidence l’importance cruciale de l’immunité collective qui peut protéger les individus d’une maladie dont le taux de mortalité est important, empêcher la propagation du virus et permettre, à partir d’un certain seuil, d’éliminer la maladie, le virus ayant perdu ses hôtes… » rappelle Muriel Moser.

« On dit d’une maladie qu’elle est éliminée lorsqu’aucune transmission n’a lieu pendant un an, dans une zone géographique définie. C’est bien l’objectif de la vaccination, qui est de créer des « murs virtuels d’immunité » dans un monde où les frontières n’existent plus et où la mobilité a fortement augmenté. Ces murs permettront de protéger chaque individu mais surtout les personnes à risque de la société. Dans le cas de la Covid-19, le premier objectif est d’éviter les maladies graves, les hospitalisations et les décès. L’élimination de la maladie ne se fera qu’à très long terme… Il s’agit dès lors d’un devoir sociétal dont les avantages dépassent de très loin les inconvénients. Le choix de se vacciner est donc à la fois un choix personnel et un choix pour le bien commun », conclut la chercheuse.

Marie Thieffry