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PRISME, un nouveau média pour et par les étudiants de l’ULB

Publié le 20 mai 2021 Mis à jour le 20 mai 2021

« Les vaccins tombent le masque », le premier numéro de PRISME, le nouveau média de l’ULB est lancé. A l’origine du projet : l’envie d’essayer d’éduquer les étudiant·es à la complexité. Ou comment aborder un sujet complexe de manière scientifique. Marius Gilbert, vice-recteur à la recherche, revient sur la genèse de ce projet.

La crise de la Covid-19 est complexe car elle est transversale. Crise sanitaire au départ, celle-ci a des répercussions dans les domaines de la santé physique et mentale, de l’économie… Face à une problématique complexe, il n’y a pas une seule solution. Et pourtant, nous avons beaucoup entendu des « il n’y a qu’à », « il suffit de ». Face à ces simplismes, Marius Gilbert, vice-recteur à la recherche, Alain Leveque, vice-recteur aux affaires étudiantes et sociales et Charline Urbain, vice-rectrice au développement durable - ont souhaité lancer un projet d’éducation à la complexité à destination des étudiant·es.

Le résultat est PRISME, un média d’information scientifique en ligne, gratuit, créé par et pour les étudiant.es, en collaboration avec des chercheuses et chercheurs.
vaccins et Europe
 

C’est un projet qui vous tient particulièrement à cœur. Pourquoi ?

Marius Gilbert : J’ai été régulièrement amené à commenter cette crise tant dans les médias qu’auprès du gouvernement. Un des grands obstacles auxquels nous sommes confrontés – et c’est très emblématique par rapport à cette crise-ci – ce sont les simplismes. C’est-à-dire le fait de considérer que face à un problème complexe, « il suffit de ceci », « il suffit de cela ». Il est très difficile de communiquer face à ces simplismes parce que la réalité du monde qui nous entoure est complexe et qu’il y a toujours différents enjeux qui vont s’opposer les uns aux autres. Il y a une série de situations dans lesquelles il n’y a pas de « bonne solution » ; il n’y a pas une solution qui n’ait pas d’impacts sur une partie ou l’autre de la population.
 

Dans un premier temps, la crise a été abordée sous l’angle sanitaire, pour éviter une surcharge des hôpitaux. Mais cette crise dépasse très vite le sanitaire…

MG : On ne peut pas laisser la transmission courir sans s’en préoccuper parce qu’on va avoir un gros problème sanitaire. Mais quand on met en place des mesures pour rencontrer ce problème sanitaire, on va créer d’autres problèmes du point de vue de la santé mentale, de l’isolement… On est donc tout le temps obligé de procéder à des arbitrages entre différents intérêts et entre différents points de vue. C’est ce qui fait la nature complexe d’un problème. En fonction du point de vue où on se place, on peut être plus ou moins impacté par une solution. C’est vraiment le point de départ du projet.
 

L’idée de départ était d’éduquer à la complexité. Très vite est née l’idée d’un média participatif. Pouvez-vous nous expliquer le cheminement ?

MG : Pourquoi essayer d’éduquer à la complexité à travers ce média et non via des cours que chacun·e pourrait suivre dans son curriculum ? C’est parce que cette complexité, par nature est transdisciplinaire. La Covid, le changement climatique, la crise de la biodiversité, les migrations, la mobilité : toutes ces questions complexes touchent à énormément de pans de la société. Elles ont des implications économiques, parfois des fondements biologiques, elles peuvent avoir des origines historiques. Ce processus de réflexion n’est pas propre à une discipline, à une faculté, à un type de formation spécifique. Ce processus de réflexion fait partie de compétences très intéressantes pour devenir des citoyens acteurs ; c’est-à-dire des personnes qui sont capables de mobiliser cette approche complexe dans leur vie quotidienne, dans leur vie citoyenne en essayant de recourir à un certain nombre d’informations. Et la manière de recourir à ces différents types d’informations ne se fait pas n’importe comment, cela passe par la démarche scientifique. Ce qu’on essaye de faire ici, au travers de ce webzine, c’est approcher des questions complexes avec une démarche scientifique. De manière à avoir une certaine structure de raisonnement, une certaine manière de rencontrer une question. Pour arriver à cette éducation à la complexité, nous avons opté pour un média participatif construit sur la base d’un dialogue entre étudiant·es et expert·es.
Violaine Jadoul