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Coronavirus : De multiples questions de recherche

Publié le 18 juillet 2020 Mis à jour le 18 juillet 2020

Grace aux donateurs, dix-huit projets de recherche contribuent à développer de nouveaux tests de dépistage, à mettre au point des traitements innovants de l’infection, à mieux maitriser la propagation du virus, ou encore à appréhender l’impact du confinement sur notre société.

Face à la pandémie, nombre d’équipes de recherche se sont mobilisées ; nombre de donateurs aussi. L’ULB, la Fondation ULB, le Fonds Erasme, l’Hôpital Erasme, Charles Kaisin, l’UAE, le Fonds Defay ont favorisé la rencontre entre ces chercheurs et ces donateurs : plus de 830.000 euros ont été réunis dès avril pour financer dix-huit projets de recherche sélectionnés suite à l’appel Spécial COVID-19 de l’ULB.

Parmi ces projets, plusieurs portent sur le diagnostic de la maladie. Des chercheurs tentent notamment de mettre au point un test de détection du virus SARS-CoV-2 dans la salive des patients, moins invasif qu’un frottis naso-pharyngé et plus sûr en réduisant la proximité entre patients et personnel soignant. D’autres tentent de développer des tests de détection plus précoces, en recourant aux nanoparticules d’argent ou à un biocapteur infrarouge.

Maladie multifacettes

D’autres équipes s’interrogent sur les différentes formes de la maladie, l’atteinte d’organes multiples, l’évolution parfois vers des formes sévères. Des chercheurs étudient la pathogénèse de la maladie, les processus responsables de son déclenchement et de son développement. Ils explorent les mécanismes impliqués dans l’évolution du COVID-19 vers des formes sévères. D’autres encore s’intéressent à la présence de symptômes tels que la perte d’odorat, les maux de tête ou les troubles de la conscience fréquemment observés chez les patients COVID-19 : le virus peut-il se propager au système nerveux ? Comment ? Avec quelles éventuelles répercussions cérébrales aiguës ou retardées ? Un autre projet vise à caractériser l’atteinte rénale aiguë provoquée par le virus SARS-CoV2 chez certains patients.

Vers des thérapies

D’autres encore visent de nouvelles thérapies, voire un vaccin contre le COVID-19. Les chercheurs interrogent : comment expliquer la diversité des manifestations cliniques de l’infection par le SARS-CoV2? L’évolution vers une forme sévère de la maladie est-elle liée à une dérégulation de notre réponse immunitaire ? Ou plutôt - voire aussi - à des facteurs génétiques ? Autre question : quels sont les anticorps protecteurs qui contrôlent le virus et les éventuels anticorps facilitateurs qui aggraveraient la maladie ? Quelle est la durée et la qualité de l’immunité induite par l’infection ? Ou comment mieux prendre en charge les 5 à 10% des patients dont l’état de santé risque de s’aggraver au point de les amener en soins intensifs ?

D’autres études visent à évaluer des thérapies existantes. Ainsi, quels sont les effets d’une perfusion d’Angiotensine-(1,7), un régulateur de l’inflammation ? Ou les effets de l’administration d’anticorps monoclonaux neutralisant les cytokines IL-6 et IL-1 chez des patients présentant une détresse respiratoire associée à une inflammation aigue - la tempête cytokinique ? Ou les effets de plusieurs médicaments parmi lesquels l’hydroxychloroquine qui a suscité beaucoup de débats ? Ou encore le rôle potentiel dans la pathologie de la chémérine, une protéine impliquée dans le « trafic » des globules blancs.

Le virus pourrait rester parmi nous pendant plusieurs mois encore, voire au-delà… Un des projets soutenus vise à modifier chimiquement la surface d’objets couramment utilisés dans les hôpitaux (poignées de portes, instruments chirurgicaux...) afin d’empêcher le virus qui s’y serait déposé de survivre et d’infecter d’autres utilisateurs.

Aides à la décision

Un autre projet devrait amener des recommandations et des outils d’aide à la décision face à l’épidémie en analysant notamment l’évolution de la mortalité et l’efficacité des mesures de protection et politiques publiques prises.

Terminons ce panorama par deux projets de recherche qui s’intéressent non pas au virus mais à une de ses conséquences : le confinement et ses répercussions.

Des chercheurs créent une plateforme en ligne sur le COVID et l’économie qui éclairera des questions telles que : comment intervenir dans les chaînes d’approvisionnement? Comment aplatir la courbe économique? Quel est l’impact à long terme sur l’inégalité sociale et démographique et sur le bien-être individuel?

Enfin, d’autres interrogent le droit — droit public, droit du travail, droit de la sécurité sociale… — lui aussi mis à l’épreuve par la crise sanitaire ; ils visent à tirer les leçons de cette gestion dans l’urgence en évaluant les forces et les faiblesses des dispositifs déployés et en formulant une série de propositions de réformes susceptibles d’améliorer la résilience de notre système juridique.