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EN- G A J E - Une association bruxelloise pour les journalistes exilés

Publié le 3 octobre 2019 Mis à jour le 17 octobre 2019

Deux journalistes sont assassinés toutes les semaines dans le monde. Ils sont tués, emprisonnés, harcelés parce qu’ils sont journalistes et parce qu’ils veulent remplir leur mission d’informer, constate la Fédération internationales des journalistes (FIJ). Quand ils sont menacés, ces hommes et ces femmes décident donc de s’exiler, de tout quitter, de changer de pays. Une association bruxelloise pour les journalistes exilés a été créée. L’ULB est partie prenante de cette initiative.

En 2002, une « Maison des journalistes » a été ouverte à Paris. Elle accueille, loge et soutient des personnes contraintes à l’exil à cause de leur métier. Cette initiative reste la seule en Europe. De ce manque est né le projet d’ouvrir dans notre capitale, une structure d’accueil inspirée de l’expérience parisienne.

En décembre 2018, différents partenaires dont la FIJ, la Ligue des droits humains, le CIRE, le Haut-Commissariat et notre Université ont créé une ASBL dénommée « Ensemble – Groupe d’aide aux journalistes exilés », l’ASBL En-GAJE, une association dont l’objet social est « l’aide aux travailleurs des médias en exil et le soutien à la liberté d’informer ». À la différence de Paris, En-GAJE n’a pas vocation à loger des exilés.
 

Espace Bruxellois pour travailleurs des médias en exil 

Le projet offrira aux journalistes exilés un lieu de rencontre et de reconnaissance, d’information et de services, et, à terme, de travail et de détente. Ce lieu a pour ambition de briser la solitude des exilés ; ces personnes accueillies noueront des contacts professionnels et personnels, auront un accompagnement juridique, social et professionnel, disposeront d’un espace de travail professionnel, etc.
 

News Clinic à l'ULB

L’ULB, via la professeure en journalisme Florence Le Cam et le Master en journalisme, soutient le projet sous différentes formes, dont la mise en place d’une « News Clinic » qui serait un espace d’analyse, d’accompagnement et de diffusion médiatique. L’ULB permettra aussi à certains exilés de suivre certaines formations et d’intervenir auprès des étudiants en cours ou lors de conférences.

Dédié aux seuls journalistes, le projet trouve son sens dans la persistance qu’il donne à l’exercice d’une liberté d’expression supprimée ailleurs ; il permettra aux travailleurs des médias d’être encore des témoins de situations qu’ils fuient et d’éclairer l’opinion à ce sujet. Ils seront également invités à témoigner auprès de divers publics : dans des écoles, des universités, dans les médias et lors de conférences pour le grand public.

Dédié aux seuls journalistes, le projet trouve son sens dans la persistance qu’il donne à l’exercice d’une liberté d’expression supprimée ailleurs

Pour ses six premiers mois d’existence, En-GAJE a organisé deux réunions avec une vingtaine de journalistes exilés et une rencontre-débat lors du « Difference Day » à Bozar (Bruxelles) le 3 mai dernier, journée mondiale de la liberté de presse. L’ASBL a créé des supports de communication (vidéo, logo, newsletters) et elle a permis à quelques exilés, grâce à l’AJP (Association des journalistes professionnels), de suivre gratuitement des formations journalistiques.

Kahina Benyacoub 

Photo-by-Elijah-O'Donnell-on-Unsplash
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