1. Actus & Agenda
  2. FR
  3. Magazine
  4. Derniers numéros

L'ULB accueille cinq nouveaux chercheurs en danger

Publié le 1 mars 2019 Mis à jour le 14 mai 2019

Convaincue du devoir moral pour l’Université de venir en aide aux chercheuses et chercheurs en danger, l’ULB mobilise, depuis trois ans, des moyens considérables pour soutenir des chercheuses et chercheurs ayant le statut de réfugiés ou privés de leur liberté de parole, de pensée ou de recherche dans leur pays d’origine. Dans une période troublée ou, dans de nombreux pays du monde, les libertés académiques sont menacées, l’Université accueille cette année cinq nouveaux chercheurs et une chercheuse en danger originaires de Turquie, Syrie et Iran.

A ce jour, dix-neuf bourses postdoctorales de recherche d’un type particulier ont été octroyées par l’ULB a des chercheurs syriens, turcs, iranien et irakien : neuf d’entre elles, portant le nom de Khaled al’As-ad – en hommage à l’archéologue de 82 ans décapité par Daesh pour avoir collaboré avec des collègues étrangers – ont permis d’accueillir, des septembre 2016, huit chercheurs syriens et un irakien ayant le statut de réfugié ou la protection subsidiaire en Belgique ou dans un autre pays de l’UE.  Cinq bourses supplémentaires ont été octroyées en 2017 par le Fonds de solidarité à destination des chercheurs en danger mis en place par l’ULB pour pérenniser cette action. L’initiative, également appuyée par le Fonds Lewin-de Castro, a permis de recevoir, dans des laboratoires et groupes de recherche de l’institution, des chercheurs turcs privés de leur emploi ou menacés suite à leurs prises de position en faveur de la paix en Turquie.

Un accompagnement

Parallèlement a cette action, l’Université a mis en place un dispositif visant à offrir aux chercheurs un accueil de qualité tant au niveau des centres de recherche qu’au niveau des formalités administratives. Les boursiers bénéficient d’un accompagnement spécifique au sein de l’International Welcome Desk, qui les appuie dans toutes leurs démarches : visa, permis de séjour, inscription à la mutuelle, ouverture de compte en banque, aide à la recherche de logement, aide à l’obtention de visas de regroupement familial, recherche de places à l’école, demande d’allocations familiales … « Chacune de ces étapes, nous confie Sue Black de l’International Welcome Desk, peut en effet être source de stress supplémentaire pour des personnes vivant déjà dans une incertitude permanente quant à leur avenir et à celui de leur famille. »

 Un fonds pérenne

Le Fonds de solidarité offre actuellement cinq nouvelles bourses a des chercheurs syriens, turcs et iranien en danger. Les bourses leur permettront de poursuivre leurs activités de recherche à l’ULB dans les domaines de l’anthropologie, de l’archéologie, de l’architecture, du droit et de la philosophie durant cette année académique 2018-2019. « Le Fonds de solidarité, souligne Judith Le Maire, vice-rectrice aux Relations internationales et à la Coopération au développement, permet à l’ULB de disposer d’un outil récurrent pour soutenir des chercheurs menacés dans leurs pays d’origine et qui ne peuvent plus y exercer leur activité parce que l’espace de liberté y a disparu, ou parce qu’ils y sont menacés à cause du contenu de leur travail scientifique ou d’opinions qu’ils auraient librement exprimées. »

Georges Mouamar, archéologue syrien, détenteur d’une bourse du fonds de solidarité:

Comme archéologue, j’ai effectué des fouilles en Syrie sur différents grands sites datant du 3e millénaire avant JC. Mes recherches portent sur l’urbanisation et les céramiques. Actuellement, je travaille sur une très riche collection conservée au musée archéologique de Copenhague : il s’agit de 25 000 objets couvrant une séquence unique allant du 7e millénaire av. J.-C. à l’époque médiévale ! La bourse est, évidemment une formidable opportunité de continuer à vivre et de poursuivre mes recherches dans le cadre d’un mandat postdoctoral d’un an. A ce titre, je tiens à adresser mes remerciements à l’ULB. Mais au-delà de l’intérêt personnel, l’essentiel est que cette bourse permet de poursuivre des recherches importantes pour la Syrie. Depuis l’Europe, nous pouvons faire évoluer les connaissances, avec l’appui des musées, et ce malgré la situation catastrophique de nos sites archéologiques qui constituent notre patrimoine universel.

Georges Mouamar, archéologue syrien, détenteur d’une bourse du fonds de solidarité