Publié le 18 juillet 2020 Mis à jour le 18 juillet 2020

La Belgique a investi 20 millions d’euros dans des infrastructures confinées et des laboratoires pour tester des vaccins. L’ULB et l’Université d’Anvers travaillent en étroite collaboration sur ce projet unique.

Entre 2010 et 2015, au moins 10 millions de décès ont été évités grâce à la vaccination, estime l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais l’effort est continu puisque le SRASCoV-2 nous le montre, des agents pathogènes, connus et inconnus, peuvent à tout moment devenir des menaces pandémiques qui déstabilisent la sécurité sanitaire à l’échelle mondiale.

« La communauté internationale doit être prête à réagir à ces menaces le plus rapidement possible » observe Arnaud Marchant - Institut d’immunologie médicale (IMI), Faculté de Médecine. « La rapidité avec laquelle nous pourrons mettre au point, fabriquer et distribuer des vaccins contre des agents pathogènes potentiellement inconnus constituera l’un des grands défis. Comme nous le savons aujourd’hui, il nous faudra encore des mois, peut-être un an, pour développer et tester un vaccin contre le COVID-19 ».

Etudes CHIM

Une approche qui jouera un rôle clé dans le développement et l’évaluation de nouveaux vaccins à l’avenir est l’utilisation de « modèles d’infection humaine contrôlée » ou études CHIM. « Ce type d’études est également appelé études d’inoculation humaine, car nous inoculons un sujet sain avec une version affaiblie d’un virus particulier ou avec le virus dans sa forme originelle si un traitement efficace est déjà disponible », explique Pierre Van Damme - Université d’Anvers, à l’origine de la seule étude CHIM menée jusqu’à présent en Belgique. « Les études CHIM accélèrent le développement et l’évaluation des vaccins, et cette approche est moins coûteuse que d’autres types d’études vaccinales ».

20 millions d’euros

Le gouvernement fédéral belge a décidé de donner une belle impulsion : il investit 20 millions d’euros dans la mise en place d’une unité européenne de lutte contre les infections, avec des infrastructures spécialisées. L’ULB et l’Université d’Anvers travailleront ensemble sur ce projet unique qui va aider le gouvernement belge et la communauté internationale à sélectionner le meilleur vaccin pour maîtriser des épidémies telles que celle du COVID-19.

En 2021, une infrastructure d’utilisation confinée de 30 lits sera installée sur le Campus Drie Eiken (à Wilrijk) et un laboratoire d’immunologie de haut niveau, répondant aux exigences de sécurité les plus élevées, sera créé à Bruxelles.

Futurs investisseurs

Le projet se déclinera sous la forme d’un partenariat publicprivé : les deux universités recherchent des investisseurs privés afin d’obtenir un appui financier supplémentaire, à concurrence d’un budget total de 40 millions d’euros. « Nous avons collaboré très étroitement par le passé avec les bailleurs de fonds participant activement à la recherche sur les vaccins. Nous avons attendu la décision du gouvernement avant d’entamer des négociations avec des investisseurs privés. Les entreprises pharmaceutiques et biotechnologiques s’intéressent également à ce projet. L’idée est de leur permettre d’utiliser nos infrastructures, mais pas de les financer directement » précise Arnaud Marchant.