1. Actus & Agenda
  2. FR
  3. Magazine
  4. Derniers numéros

Migrants : démêler les catégorisations multiples

Publié le 25 février 2019 Mis à jour le 14 mai 2019

Depuis 2015, les polémiques entourant l’arrivée de migrants sur le sol européen sont devenues de plus en plus prégnantes tant dans les discours politico-médiatiques que dans les conversations interpersonnelles. Nécessaires simplifications du monde phénoménal, les catégories sociales sont au centre de processus de construction, de déconstruction, de contestation, de revendication et plus largement de lutte de reconnaissance de la part des différents acteurs de la société.

Réunis au sein d’une Action de recherche concertée (ARC), des chercheurs de quatre centres - Centre de Recherche en Psychologie Sociale et Interculturelle, ReSIC, Centre de Droit Européen, GERME – s’intéressent à la manière dont ces catégories sociales se construisent et transitent entre les sphères politique, médiatique, juridique et sociale. Entre assignation, exclusion, protection, stratégie et lutte identitaire, ce projet interdisciplinaire, comparatif et intégré analyse les trajectoires de vie des personnes récemment arrivées en Belgique, les réponses juridiques ancrées dans le principe d’égalité et de non-discrimination, les attitudes des groupes majoritaires et minoritaires et les discours médiatiques, politiques et ordinaires.

Que dit-on aux demandeurs d’asile dans l’univers fermé des centres d’accueil ?

Entre l’introduction d’une demande d’asile et sa réponse, il s’écoule plusieurs mois, voire parfois plusieurs années, au cours desquels le demandeur d’asile est en contact avec les instances d’asile (dont le CGRA), des acteurs professionnels du secteur (Fedasil, Croix Rouge, associations, etc.) et des citoyens.

Amandine Van Neste- Gottignies étudie cette période d’accueil cruciale pour la vie des demandeurs d’asile et leur intégration, dans le cadre de sa thèse de doctorat au Centre de recherche en Sciences de l’information et de la communication (ReSIC), en Faculté de Lettres, Traduction et Communication.

La doctorante s’intéresse à la communication qui se construit alors entre instance d’accueil et demandeurs d’asile dans l’univers fermé des centres d’accueil ; la communication s’y manifeste dans des formes variées, allant des supports médiatisés (sites internet, brochures, lettres, etc.) aux interactions face-à-face.

À mi-parcours de ses recherches, Amandine Van Neste-Gottignies note d’ores et déjà quelques constantes pour la période 2012-2017 qu’elle étudie. «La politique d’asile est présentée dans certains discours comme une politique caritative : on parle d’aider les personnes, comme une faveur, plutôt que de dire qu’on leur reconnaît un droit à être protégés», souligne la chercheuse, «Quel que soit le média, on constate un déficit d’information sur la procédure, l’accompagnement et les droits des demandeurs et, en revanche, une communication plus forte sur le retour volontaire ». Elle explore : que dit-on aux demandeurs d’asile aujourd’hui, en Belgique ? ; qui le dit ? ; pourquoi, comment et dans quel contexte le dit-on ?

Migration, identités politiques et mouvements sociaux

Soutenu par l’Union européenne (Marie Sklodowska-Curie Action, Individual Fellowships), le projet MIGREMOV étudie le rôle des migrations et des relations personnelles (amoureuses, amicales) transnationales dans la construction des identités politiques et le développement des mouvements sociaux. Comment la circulation entre contextes culturels et géopolitiques influence-t-elle le processus d’engagement et les modes d’action des militant·e·s ? Quand le militantisme constitue-t-il une entrée vers une forme de vie transnationale ? Quand, au contraire, la mobilité transnationale pousse-t-elle vers l’engagement ? Au sein de ces trajectoires biographiques spécifiques, comment les identités nationales et politiques se construisent-elles, et se transforment-elles au fil du temps?

Chercheuse Marie Skłodowska-Curie, Agnès Chetaille s’intéresse à des militant·e·s polonais·es issu·e·s des mouvements LGBTQ, féministe et juif. Au sein de l’atelier Genre(s) et sexualité(s) et du réseau STRIGES, elle analyse leurs trajectoires transnationales, en portant une attention particulière aux émotions associées aux lieux et aux moments de la vie.