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Cash·e: travailler ensemble pour éradiquer le harcèlement sur nos campus

Publié le 17 août 2021 Mis à jour le 18 août 2021

Le harcèlement et ses diverses formes est un fléau qui touche toutes les couches de la société, des sphères intimes et privées aux sphères publiques. Il peut se tapir dans le cercle de la famille, des proches, du travail, se manifester dans des lieux publics, réels ou virtuels… L’ère des réseaux sociaux n’a par ailleurs fait qu’accentuer le potentiel de nuisance du phénomène. Et aucun microcosme n’y échappe. Le milieu universitaire ne fait malheureusement pas exception.

Il y a presqu’un an, une cellule spécialisée a vu le jour à l’ULB: CASH·e, le Centre d’accompagnement et de soutien dans les risques de harcèlement envers les étudiant.es. Sylvie Boët s’attèle à cette mission avec une belle énergie. Avec la volonté aussi de fédérer les actions d’aide aux étudiant·es et de lutter contre toutes les formes de violences morales ou sexuelles. 

Esprit libre: Qu’est-ce qui se cache derrière l’intitulé de «CASH·e»?

Sylvie Boët:
Rien justement! L’idée derrière l’intitulé, c’était -et c’est toujours- d’être vraiment le plus transparent possible, à la fois pour les étudiants, mais aussi pour tous les «usagers» de nos campus sur l’existence et le rôle du centre autour des problématiques de harcèlement. Cet intitulé est là pour rappeler que les situations de souffrance autour de vécus lourds à porter - souvent dans la solitude et le non-dit - peuvent être écoutées, entendues au sein de notre structure, et accompagnées en vue d’un «mieux-être» pour la personne qui témoigne; et cela dans le respect de l’anonymat souhaité par les personnes qui nous sollicitent.

Esprit libre: Pourquoi cette structure a-t-elle vu le jour et CASH·e et est-elle réellement indépendante, à l’ULB?

Sylvie Boët: Pour mener à bien son action, l’indépendance était une condition sine qua non, les autorités n’interfèrent pas dans les procédures de Cash-e et ne sont pas informées de qui nous contacte ni de ce que nous mettons en place; sauf si elles sont directement concernées et que l’étudiant·e le souhaite. CASH·e a vu le jour suite à la révélation, en 2019, de problèmes majeurs dans une faculté. Une enquête approfondie a pu être menée et grâce au Conseil étudiant de l’ULB, les autorités ont pris conscience de l’existence de l’ampleur de comportements harcelants et du sentiment d’insécurité ressenti par certains étudiants et étudiantes à l’Université. Cette enquête a permis de mettre en évidence que certains préfèrent souvent le silence à la prise de risque et que les dispositifs de signalement existants étaient peu efficaces. 

Esprit libre: depuis sa création, diverses polémiques ont émergé autour de la crédibilité des politiques mises en place sur nos campus, justement, autour des problématiques du harcèlement, du consentement, de la sécurité sur les campus, ou encore du folklore et de ses potentielles dérives…  

Sylvie Boët: De fait... Et face à cette vague de libération de la parole, il nous est paru essentiel d’être un acteur à l’écoute d’une part de ces explosions polémiques, mais aussi des autres acteurs qui s’occupent du bien-être étudiant, de façon à travailler main dans la main avec eux à ces problématiques qui dépassent parfois notre seul rayon d’action. Quand je dis «acteurs», je pense à la fois aux autres services qui à l’ULB travaillent à ce bien-être, comme ULB Santé, Aimer à l’ULB, Psycampus…. - mais également et peut-être surtout aux cercles et mouvements étudiants engagés dans la lutte contre les violences morales, sexuelles, psychologiques. C’est ensemble que nous vaincrons les tabous, les silences et l’existence de comportements qui n’ont pas lieu d’être dans la société et qui pourtant pourrissent la vie de bon nombre de nos étudiants. Et si la question du harcèlement et des violences sexuelles (qui se vit dans la réalité quotidienne concrète ou par le cyber harcèlement) et du consentement semble être le fait de société qu’il faut attaquer prioritairement, je rappelle que CASH·e est une équipe et existe aussi pour toutes les autres formes d’emprise, ou de pression psychologique, de pression collective contre un individu seul ou contre un ensemble d’individus; comme dans le cadre d’un cours ou d’un TP où plusieurs étudiantes et étudiants se sentent discriminés, maltraités par une ou un enseignant. Je précise par ailleurs que nous sommes ouverts à l’écoute des personnes victimes mais que nous sommes là aussi pour entendre les témoins, les tiers (ceux qui reçoivent une parole), ou encore les personnes qui ne se rendent pas compte de leur comportement harceleur, ou se sentent injustement mises en cause.

Esprit Libre: Cela passe aussi par des politiques d’action sur le long terme… L’Université est clairement aujourd’hui dans une dynamique d’actions pour répondre de façon concrète aux problématiques soulevées. Des groupes de travail se sont constitués, des enquêtes et consultation étudiantes vont se poursuivre et des actions médiatiques et d’information sur les services également ou encore l’organisation de débats, etc.

Sylvie Boët: : Effectivement. Du côté de CASH·e, nous profiterons aussi de la rentrée 2021 pour rappeler via diverses actions notre rôle et promouvoir la lutte contre les harcèlements sur nos campus.

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