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L'ULB réclame au plus vite un débat sur la condition des personnes sans-papiers en Belgique

Publié le 1 juin 2021 Mis à jour le 18 juin 2021

Lors de la séance de son Conseil académique de ce lundi 31 mai 2021, l'Université libre de Bruxelles a tenu à réaffirmer la nécessité d’un débat sur la condition des personnes sans-papiers en Belgique dans les délais les plus courts, compte tenu de leur situation très préoccupante, en particulier dans le contexte de la crise sanitaire. Depuis plus de trois mois, des personnes sans-papiers occupent des lieux emblématiques, dont des locaux de l’ULB. L’Université en appelle à une politique digne, soutient leurs revendications et réaffirme son souhait de prolonger l’hébergement de cette occupation politique.

Depuis plus de 100 jours, des personnes sans-papiers occupent des lieux emblématiques, dont des locaux de notre université sur le Campus de la Plaine au Forum. Elles ont mené de nombreuses manifestations pacifiques et ont obtenu le soutien de nombreuses organisations et de très nombreux citoyens.

Dans la continuité de la motion du conseil d’administration du 19 mai 2008, l’ULB, fidèle aux principes du Libre Examen, de la démocratie et de la solidarité, insiste pour qu’un débat sur la condition des sans-papiers en Belgique ait lieu dans les délais les plus courts, compte tenu de la situation très préoccupante des sans-papiers, en particulier dans le contexte de la pandémie de Covid-19.

Il s’agit de personnes sans papiers, qui résident en Belgique depuis 5, 10 parfois 15 ou plus de 20 ans.
Ces personnes, dont la plupart travaillent et contribuent à la richesse de notre pays, ne bénéficient d’aucune protection sociale, sont à la merci d’employeurs parfois sans scrupule, et vivent dans une insécurité permanente. En outre, leur statut illégal les prive de la sécurité sociale et prive les finances publiques des contributions de leur travail.

La condition matérielle de ces personnes s’est dramatiquement aggravée avec la crise sanitaire, qui a privé d’emploi un grand nombre d’entre eux, employés dans la restauration, l’hôtellerie, le nettoyage ou la construction, sans disposer des droits d’accès aux mesures compensatoires prévues par le gouvernement en raison de leur absence de statut légal. Ceci a conduit aussi à une plus grande précarisation de leurs conditions de logement.

Leur revendication est simple : que des critères clairs et objectifs définissent des conditions de régularisation, que celle-ci soit automatique lorsque les critères sont remplis, et qu’une commission indépendante contrôle le processus.

Dans les circonstances actuelles, l’ULB en appelle au gouvernement et en particulier au Secrétaire d’Etat à l’asile et à l’immigration, Samy Mahdi, à adopter une politique accueillante, cohérente et digne faisant réellement écho aux revendications des sans-papiers. Comme c’est le cas dans d’autres pays européens (Portugal, Espagne, Italie, France), le gouvernement, en raison de la pandémie, devrait prolonger les titres de séjour provisoires existants et proposer des titres de séjour provisoires d’un an, le temps de la mise en œuvre d’une politique de régularisation claire.

En conclusion, l’ULB soutient publiquement les revendications des personnes sans-papiers et réaffirme son souhait de prolonger l’hébergement de cette occupation politique.