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Cerveau humain et menaces animales: des bébés détectent en priorité les serpents

Publié le 4 mai 2020 Mis à jour le 4 mai 2020

Dans une nouvelle étude de l’ULB Neuroscience Institute (UNI) publiée dans la revue Scientific Reports, des chercheur·e·s de l’ULBabyLab/CO3 ont observé une réponse neuronale spécifique aux serpents dans le cerveau de bébés de moins d’un an, suggérant l’existence d’une prédisposition innée à détecter ces animaux menaçants.

La détection rapide des prédateurs est une habileté essentielle à la survie d’une espèce, puisqu’elle permet d’y répondre de manière appropriée. Des théories récentes suggèrent que, puisque les serpents ont été un des plus gros prédateurs des primates au cours de l’évolution, le cerveau humain se serait développé de manière à détecter ces reptiles en priorité.

En utilisant la technique d’électroencéphalographie, des chercheur·e·s de l'ULBabyLab - Centre de Recherche Cognition et Neurosciences, Faculté des Sciences psychologiques et de l’éducation, ULB - et du Laboratoire de Cartographie fonctionnelle du Cerveau – Faculté de Médecine, ULB - ont montré qu’un mécanisme de détection préférentiel des serpents est fonctionnel dans le cerveau humain dès le plus jeune âge.

Emmené·e·s par Julie Bertels et Arnaud Destrebecqz au sein de l’UNI – ULB Neuroscience Institute, les chercheur·e·s ont examiné les réponses cérébrales de nourrissons de 8 mois alors qu’on leur présentait une à une des images de différents animaux. En un seul coup d’œil (les images étaient présentées au rythme de 6 par seconde), le cerveau des bébés détectait les serpents parmi les autres animaux. Ce mécanisme de détection ne nécessiterait donc ni expérience antérieure avec ces reptiles, ni connaissance relative à la dangerosité potentielle de ces animaux. En outre, la localisation cérébrale des réponses au niveau du cortex visuel appuie l’idée que ce mécanisme reposerait sur la détection des traits visuels caractéristiques des serpents, notamment leur forme enroulée.

Ces résultats suggèrent donc l’existence d’une prédisposition phylogénétique à détecter les serpents sur base de leurs caractéristiques visuelles, qui pourrait favoriser le développement ultérieur de peurs liées à ces reptiles. De manière plus générale, ils montrent que le cerveau humain a évolué de sorte à détecter rapidement des menaces récurrentes au cours de l’évolution.

 

Contacts scientifiques:

Julie Bertels, ULBabyLab, Université libre de Bruxelles
E-mail: Julie.bertels@ulb.be

Contact
Service Communication Recherche : com.recherche@ulb.ac.be