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COVID-19 en Europe et voyages : des chercheurs montrent le rôle majeur des nouvelles lignées introduites dans la résurgence de la COVID-19 après l’été dernier

Publié le 29 juin 2021 Mis à jour le 30 juin 2021

À la veille des vacances estivales, une étude menée par la KU Leuven et l’ULB et publiée dans la revue Nature, évalue comment les lignées virales nouvellement introduites ont contribué à la résurgence de la COVID-19 en Europe. Les chercheurs montrent que dans la majorité des pays européens étudiés, plus de la moitié des lignées circulant à la fin de l'été 2020 résultaient de nouvelles introductions depuis le 15 juin. Malgré la progression des campagnes de vaccination, les auteurs concluent que des conditions similaires à celles démontrées dans l’étude pourraient constituer un terrain fertile pour la dissémination et la résurgence du virus, et en particulier de variants du virus plus transmissibles et/ou échappant à l’immunité.

Suite à la première vague épidémique du SARS-CoV-2 au printemps 2020, l'Europe a été le théâtre d’une résurgence du virus à partir de la fin de l'été. Bien qu’il soit établi que les voyages internationaux au cours de l’été 2020 ont eu un impact sur la circulation du virus, il reste difficile d'évaluer comment ces voyages ont pu restructurer l'épidémie dans les différents pays européens.

Dans une nouvelle étude publiée dans la revue Nature ce 30 juin 2021, Philippe Lemey – Rega Institute, KU Leuven, Simon Dellicour – SpELL, Spatial Epidemiology Lab, École Interfacultaire de Bioingénieurs, Université libre de Bruxelles et professeur invité à la KU Leuven, et leurs collaborateurs ont implémenté un modèle phylogéographique pour évaluer comment les lignées virales nouvellement introduites, par opposition aux lignées virales persistantes, ont contribué à la résurgence de la COVID-19 en Europe. Leur modèle se base sur des données épidémiologiques, des données de mobilité et des données génomiques virales provenant de dix pays européens (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suisse).

Leurs analyses démontrent que dans la majorité des pays étudiés, plus de la moitié des lignées circulant à la fin de l'été résultaient de nouvelles introductions depuis le 15 juin. L’équipe belge montre aussi que le succès de la transmission des lignées nouvellement introduites était prédit par l'incidence locale de la COVID-19 : dans les pays qui ont connu une incidence estivale relativement élevée (par exemple l'Espagne, le Portugal, la Belgique et la France), les événement d’introduction ont conduit à proportionnellement moins de chaines de transmission actives après le 15 août.

Leurs résultats indiquent entre autres que les événements d’introduction au Royaume-Uni ont particulièrement réussi à établir des chaines de transmission locales, avec une fraction considérable d’introductions provenant d'Espagne.

« Imaginons un incendie : s’il y a déjà pas mal de foyers dans une forêt, en allumer quelques uns en plus ne changera pas le sort de celle-ci ; le feu se propagera de toute façon. En revanche, s’il n’y a que quelques foyers sporadiques, alors en allumer de nouveaux peut accélérer et augmenter la violence de l'incendie à venir » explique Simon Dellicour – auteur de l’article, Chercheur Qualifié FNRS à l’ULB.

Ces résultats illustrent la menace de dissémination virale via les voyages internationaux, menace qui doit être soigneusement prise en compte par les stratégies visant à contrôler la propagation actuelle de variants du virus plus transmissibles et/ou échappant à l’immunité.

La stratégie de sortie de pandémie offerte par les programmes de vaccination est une source d'optimisme qui a poussé les états membres de l'Union Européenne à proposer la mise en place de passeports vaccinaux dans le but de relancer les voyages et l'économie. En plus des défis de mise en œuvre et des problèmes d'équité, il existe des risques associés à de telles stratégies lorsque la vaccination est incomplète, comme ce sera probablement le cas pour la population européenne cet été.

Les auteurs de l’étude concluent que des conditions similaires à celles démontrées dans l’étude pourraient constituer un terrain fertile pour la dissémination et la résurgence du virus, une telle résurgence pouvant désormais également impliquer la propagation de variants qui échappent aux réponses immunitaires déclenchées par la protection vaccinale ou une infection antérieure. Les auteur espèrent qu'une mise en œuvre bien coordonnée et unifiée des stratégies européennes pour atténuer la propagation du SARS-CoV-2 réduira les risques de futures vagues d'infection.

 

Contact

Simon Dellicour

SpELL – Spatial Epidemiology Lab

Université libre de Bruxelles

simon.dellicour@ulb.be

Contact
Communication Recherche : com.recherche@ulb.be