1. Actus & Agenda
  2. FR
  3. @Presse
  4. Communiqués de presse
  5. Recherche

Formation de métastases: la plasticité tumorale compte

Publié le 5 novembre 2019 Mis à jour le 6 novembre 2019

Dans une publication dans la revue Cell Reports, les chercheurs de l’Université libre de Bruxelles dévoilent l’importance de la plasticité tumorale pour la formation de métastases. Emmenés par Cédric Blanpain, ils apportent la preuve que les cellules tumorales subissent bien une transition épithéliale à mésenchymale lors de l’initiation du processus métastatique, mais aussi la transition inverse au niveau du site métastatique.

Les métastases cancéreuses, soit la propagation de cellules tumorales dans des organes distants, est la cause principale de mortalité des patients atteints de cancer. Pour arriver à métastaser, les cellules doivent quitter la tumeur primaire, envahir leur microenvironnement, circuler dans la circulation sanguine ou lymphatique, atteindre les organes distants et, enfin, y établir une tumeur secondaire. Les évènements moléculaires et cellulaires précis responsables des différentes étapes de cette "cascade métastatique" ne sont pas encore entièrement compris.

La transition épithélio-mésenchymateuse (EMT) est suspectée de jouer un rôle important dans l’initiation de la cascade métastatique. L’EMT est en effet un processus durant lequel les cellules épithéliales se détachent de leurs voisines, perdent leurs caractéristiques d’adhésion et acquièrent des propriétés mésenchymateuses de migration, leur permettant ainsi de quitter la tumeur primaire. Des études récentes ont cependant remis en question cette notion, et l’importance de l’EMT dans la formation de métastases demeure dès lors peu clair : la nécessité de l’EMT dépend-t-elle du type de tumeur ? L’EMT apparait-elle dans les cellules tumorales circulantes ? L’EMT doit-elle être inversée à un phénotype épithélial sur le site de la métastase ?

Dans une étude publiée dans Cell Reports, des chercheurs emmenés par le Pr. Cédric Blanpain, chercheur WELBIO à l’Université libre de Bruxelles, apportent la preuve que les cellules tumorales initiant le processus métastatique subissent bien une EMT, et que la transition inverse (MET) a lieu sur le site de métastase.

Cette étude souligne donc l’importance des états transitoires des cellules tumorales et de leur plasticité durant le processus métastatique.

Les chercheurs ont utilisé deux modèles distincts de carcinomes épidermoïde de la peau (SCC) présentant ou non une EMT spontanée durant la tumorigénèse. Le modèle murin dans lequel les tumeurs montraient une EMT présentaient une grande incidence de métastases. En revanche, les modèles de SCC sans EMT présentaient une incidence très faible de métastases, appuyant l’importance d’une EMT pour initier le processus métastatique.

Les cellules tumorales circulantes (CTCs) sont l’une des premières étapes de la cascade métastatique. Jusqu’à présent, elles sont détectées sur base de l’expression de marqueurs épithéliaux comme Epcam, la référence, utilisés en clinique pour évaluer le nombre de CTCs et prédire le risque de métastase et la réponse aux traitements. Le modèle utilisé dans l’étude pour pister les cellules cancéreuses se base sur de l’expression d’une protéine fluorescente, permettant aux chercheurs de déterminer la présence de CTCs indépendamment de l’expression des marqueurs connus. Ils ont ainsi découvert que les CTCs sont toujours associés aux métastases, alors que la majorité d’entre elles étaient Epcam-négatives. Cette découverte suggère que les CTCs passent par une EMT pour former les métastases et que l’Epcam n’est pas un marqueur optimal pour les détecter.

"De nouvelles méthodes utilisant des marqueurs qui reconnaissent les cellules tumorales circulantes présentant une EMT sont nécessaires pour mieux surveiller la présence de ces cellules tumorales circulantes dans le sang des patients atteints de cancer",

commente Tatiana Revenco, première auteure de l’étude.

De manière importante, les chercheurs ont observé que la majorité des métastases présentent peu de signes d’EMT, soulignant le fait que le processus inverse de l’EMT, appelé MET, est également important pour la croissance des métastases.

"Ces découvertes sont importantes lorsque l’on considère administrer un traitement anti-EMT, car si ce traitement pourrait prévenir la dissémination métastatique initiale depuis la tumeur primaire, il pourrait favoriser la croissance de métastases dans les organes distants",

explique Cédric Blanpain, meneur de l’étude.

Contact & référence

Référence

Les journalistes doivent citer Cell Reports comme la source de leur information.

Context dependency of epithelial to mesenchymal transition for metastasis

Tatiana Revenco, Adeline Nicodème, Ievgenia Pastushenko, Magdalena K. Sznurkowska, Mathilde Latil, Panagiota A. Sotiropoulou, Christine Dubois, Virginie Moers, Sophie Lemaire, Viviane de Maertelaer & Cédric Blanpain

Cell Reports

DOI : 10.1016/j.celrep.2019.09.081

Contact - Cédric Blanpain

Cédric Blanpain, MD, PhD
Professor of Stem Cell and Developmental Biology
WELBIO investigator
Director of the Laboratory of Stem Cells and Cancer
Université Libre de Bruxelles (ULB)

808, route de Lennik, Bat GE, G2 4.205
1070 Bruxelles, Belgium

Office : 32-2-555 4175
Lab : 32-2- 555 4190
Email : Cedric.Blanpain@ulb.ac.be
PA Marylène Poelaert : Marylene.Poelaert@ulb.ac.be
Lab Website : http://blanpainlab.ulb.ac.be/index.htm


 
Contact
Service Communication Recherche : com.recherche@ulb.ac.be