Publié le 4 février 2019 Mis à jour le 21 mai 2019

Dans quelques semaines, des chercheurs belges, emmenés par Bruno Danis (Laboratoire de Biologie marine, Faculté des Sciences, ULB) mettront le cap sur l'Antarctique. Leur but est de recenser la biodiversité marine et d'étudier la présence du plastique dans l'océan Austral. Originalité: la mission se déroulera sur... un voilier!

Le 19 février prochain, 9 chercheurs belges et français mettront le cap en direction de l’Antarctique. Emmenés par Bruno Danis, chercheur au Laboratoire de Biologie marine de la Faculté des Sciences de l’ULB, ils partiront d’Ushuaïa (Argentine) et arriveront au détroit de Gerlache, dans la Péninsule Antarctique, dans le courant du mois de mars. Originalité de la mission : les chercheurs embarqueront à bord... d’un voilier ! Ce mode de transport présente un impact environnemental mesuré et permettra, grâce à son agilité, d’atteindre des zones encore peu explorées par les imposants brise-glaces de recherche.

"Auparavant préservés, les écosystèmes marins antarctiques subissent de plein fouet des changements environnementaux rapides".
Bruno Danis

Le but de la mission "Belgica 121" est d’observer les réponses apportées par les écosystèmes marins antarctiques au changement climatique, en particulier à faible profondeur. Les chercheurs vont donc réaliser un recensement détaillé de la biodiversité dans ces zones très exposées à un réchauffement rapide. Ils comptent aussi réaliser une cartographie détaillée des habitats marins jusqu’à 100 mètres de profondeur ainsi qu’un recensement des organismes vivant sur les fonds marins, en combinant des techniques « traditionelles » (plongée sous-marine pêche à pied, drague, grappins,…) et plus modernes (drones, submersible téléguidé, imagerie 3D, études isotopiques et génétiques).

Les chercheurs étudieront également la présence de microplastiques dans l’océan Austral, dans les zones impactées par le tourisme. Se dégradant et dérivant au fil du temps et des courants, les microparticules de plastique ont-elles atteint cet environnement a priori préservé de l’activité humaine ? "Certains articles récents tendent à montrer que c’est malheureusement le cas", explique Bruno Danis, "Détecter et quantifier une éventuelle contamination par les plastiques, et en déterminer la distribution dans les différents compartiments des systèmes marins (l’eau, les sédiments et les organismes) sont autant d’étapes pour estimer l’impact de ce polluant anthropique sur les écosystèmes des océans". En collaboration avec d’autres institutions, l’équipe s’intéressera de près aux contaminants associés (métaux, polluants organiques persistants) que les plastiques semblent disperser sur des distances considérables.

La mission durera jusqu’au 28 mars (retour en Belgique). Elle fera l’objet d’un documentaire, rendu possible grâce à une campagne de financement participatif, dont la finalisation est prévue pour fin 2019.
 
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