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L'influence des perturbateurs endocriniens sur la thyroïde

Publié le 16 janvier 2019 Mis à jour le 21 mai 2019

Le projet européen collaboratif SCREENED vise à développer des tests in vitro tridimensionnels (3D) pour mieux caractériser les effets des perturbateurs endocriniens sur les fonctions de la thyroïde.

Les perturbateurs endocriniens (PE) sont une classe de produits chimiques utilisés dans la production de matériaux présents couramment dans la vie quotidienne, comme certains plastiques, boîtes de conserves, appareils électriques et ménagers, cosmétiques, pesticides, etc. Les PE ne sont cependant pas sans danger : ces molécules interfèrent avec le système endocrinien, en perturbant la production physiologique et les effets-cibles des hormones. Les PE ont notamment des effets prouvés sur le système reproducteur et une incidence sur la survenue d'obésité, de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires au cours du vieillissement. 
 
Il existe aussi de plus en plus d’évidences que les PE interfèrent fortement avec le fonctionnement de la thyroïde. Les PE entraînent des modifications des concentrations d'hormones thyroïdiennes, du métabolisme périphérique de ces hormones et de la signalisation de leurs récepteurs. Le mécanisme par lequel ils agissent sur l’axe thyroïdien est cependant encore loin d’être élucidé : les essais actuellement disponibles sont fortement limités par la disponibilité de quantités adéquates de tissu thyroïdien humain compatible et par l’incapacité à sonder les effets combinés de plusieurs PE utilisés à faibles doses. 
 
Le nouveau projet collaboratif européen SCREENED vise à développer de nouveaux tests tridimensionnels in vitro afin de contourner ces limitations. Basés sur des constructions 3D de cellules thyroïdiennes de rongeurs et humaines, ces tests imiteront, pour la première fois, la structure et la fonction de la glande thyroïde native et, ainsi, ses caractéristiques anatomiques vasculaires et morphogénétiques. Ces nouveaux modèles thyromorphes 3D in vitro devraient dès lors permettre de prédire avec plus de sensibilité et de spécificité les effets des perturbateurs endocriniens sur la fonction thyroïdienne, par rapport aux dosages moléculaires classiques et in vitro à deux dimensions. Ces tests permettraient également d’identifier de manière sélective les réponses liées au sexe et de vérifier l’action simultanée de différents PE sur la fonction thyroïdienne. 
 
Le projet SCREENED rassemble 9 universités et entreprises européennes, parmi lesquelles le laboratoire de recherche de Sabine Costagliola de la Faculté de Médecine de l’Université libre de Bruxelles, conduisant depuis de nombreuses années des recherches sur la morphogénèse de la thyroïde et ses fonctions. L’objectif du laboratoire sera de produire in vitro des organoïdes thyroïdiens humains à partir de cellules souches et d’évaluer leur ressemblance avec l’organe natif. Ces échantillons seront ensuite transmis au reste du consortium pour entamer les recherches sur l’effets des PE sur la thyroïde.

L’ambition du projet SCREENED est que ces nouveaux tests 3D in vitro, ainsi que les effets indésirables mis à jour, soient utilisés à des fins réglementaires pour identifier les réponses thyroïdiennes à différentes classes de produits chimiques présents à faible dose et prédire leur toxicité sur la santé humaine, de manière sexe spécifique.  
 
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