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Le Bois de la Cambre : artère de circulation ou parc ?

Publié le 28 mai 2021 Mis à jour le 29 mai 2021

Entre la périphérie et le centre, les divergences subsistent quant à l’avenir de la circulation dans le bois de la Cambre. Une étude réalisée par des chercheuses et chercheurs de l'ULB et de la VUB fait le point.

Depuis plusieurs mois, la circulation dans le Bois de la Cambre à Bruxelles fait depuis l’objet de vives discussions à Bruxelles. Doit-il être ouvert ou bien fermé à la circulation ? C’est pourquoi des chercheurs de l’ULB et de la VUB, en collaboration avec le Brussels Studies Insitute (BSI), ont réalisé une enquête sur les souhaits quant à l’usage du bois. Dans l’ensemble, les chercheurs et chercheuses ont pu montrer que la situation personnelle des répondants (la situation familiale, les lieux de vie et de travail, les pratiques de mobilité en ville et l’accès aux espaces verts) était un indicateur de leurs souhaits.

« Les résultats démontrent que les gens qui habitent le centre de Bruxelles et qui ont moins d’accès à des jardins privés souhaitent que le parc soit inaccessible à la circulation tandis que les personnes plus âgées et les automobilistes quotidiens souhaitent que l’entièreté du parc soit accessible à la circulation, » souligne Nicola da Schio, coordinateur de l’étude.

Claire Pelgrims du groupe de recherche LoUIsE de l’ULB, Nicola da Schio du groupe de recherche COSMOPOLIS de la VUB, et Sebastiano Cincinnato et Anneloes Vandenbroucke du Brussels Studies Insitute, ont étudié les préférences pour différents aménagements du Bois de la Cambre. L’enquête contenait des questions sur l’usage actuel, les souhaits pour le futur, les pratiques de mobilité, les contextes de vie et de travail et l’utilisation d’espaces verts. Le sondage a été mené entre le 27 novembre et le 7 décembre 2020. Suite à un nettoyage approfondi des données, les chercheurs se sont mis au travail avec une base de données de 7.252 réponses valides.

Se basant sur les préférences pour l’aménagement du parc, les répondants ont été répartis en trois groupes :

  1. Autorisation sans restriction de la circulation (Allow Traffic),
  2. Autorisation avec restriction de la circulation (Middle Ground)
  3. Interdiction de la circulation (Ban Traffic).

Ensuite, une analyse des caractéristiques sociodémographiques, des lieux de vie et de travail, des pratiques de mobilité et d’accès aux espaces verts des répondants a été menée.

« L’étude ne visait pas à répondre à la question de quel aménagement du parc dégage le plus de soutien public, parce que la problématique est plus complexe. Notre échantillon convient surtout à l’étude des profils des gens avec différentes préférences pour le parc » expliquent les chercheurs.

Les résultats démontrent surtout l’ambivalence entre l’intérêt pour une circulation fluide et l’usage récréatif du parc. L’étude montre que les répondants du groupe Allow Traffic sont en moyenne plus âgés (âge moyen : 50). Les pensionnés et les entrepreneurs sont fortement représentés (15% et 29%). Les répondants Allow Traffic habitent ou travaillent plus souvent dans les communes plus éloignées du centre (par exemple, seulement 21% habitent une des communes centrales de la région) et utilisent plus souvent les transports motorisés individuels (90% sont des automobilistes réguliers vs 36% pour la moyenne régionale).

Les profils du groupe Ban Traffic semblent à l’opposé du groupe Allow Traffic : les répondants sont parmi les plus jeunes (âge moyen : 41), habitent plus au centre (62% habitent les communes centrales de la région) et utilisent plus souvent le vélo (76% sont des cyclistes réguliers vs 13% pour la moyenne régionale). Les utilisateurs réguliers des transports en commun étaient globalement sous-représentés dans l’échantillon. Le groupe Middle Ground présentait un profil entre les deux.

Les résultats ont été présentés vendredi auprès des représentants des communes et de la région, visant à clarifier quels groupes profiteraient ou bien perdraient probablement des décisions potentielles par rapport au parc.

« Nous espérons que cette étude apportera plus de nuance dans le débat. Nous avons pu démontrer que les contextes de vie, de travail, la dépendance aux moyens de transport et l’accès aux espaces verts jouent un rôle clé. La décision sur l’avenir du  Bois de la Cambre ne peut que faire partie d’une discussion et d’une étude plus large sur l’approvisionnement des espaces verts et la mobilité en ville, » conclut Nicola da Shio.

Contact scientifique

Claire Pelgrims, LoUIsE Faculté d'Architecture La Cambre Horta
E-mail: Claire.Pelgrims@ulb.be GSM: sur demande

Contact
Communication Recherche : com.recherche@ulb.ac.be