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Nouvelles sources d'émission d'ammoniac identifiées depuis l'espace

Publié le 6 décembre 2018 Mis à jour le 21 mai 2019

Sur base d’observations par satellite, les chercheurs de l’ULB ont identifié plus de 200 sources d’ammoniac importantes, dont 2/3 qui n’avaient pas été répertoriées auparavant. Publiée dans Nature, leur étude suggère qu’une meilleure gestion des impacts de la pollution par l’ammoniac passe par une révision complète des émissions agricoles et industrielles.

Les chercheurs du Service de Chimie Quantique et Photophysique de la Faculté des Sciences de l’ULB sont impliqués depuis plus de 10 ans dans la mission scientifique IASI (pour Interféromètre Atmosphérique de Sondage dans l’Infrarouge) : cet instrument observe notre atmosphère depuis l’espace, à bord des trois satellites Metop, dont le dernier a été lancé avec succès le 7 novembre 2018. Les données fournies par IASI permettent aux chercheurs d’étudier non seulement la météo mais aussi les impacts des activités humaines sur la qualité de l’air et l’évolution du climat. 

L’ammoniac est l’un des composés ‘traqués’ par IASI. Prépondérant dans notre environnement, il joue un rôle majeur dans la formation des particules fines et donc sur la qualité de l’air et la santé humaine. L’excès de ce composé altère également nos écosystèmes, en affectant la qualité de l’eau et conduit à une réduction de la biodiversité. Les processus qui régulent les concentrations d’ammoniac restent cependant mal connus, particulièrement à l’échelle très locale.  

En combinant près de 10 ans de mesures journalières de IASI, les chercheurs de l’ULB ont réalisé une cartographie à très haute résolution de l’ammoniac atmosphérique. Réalisée en collaboration avec des chercheurs français du LATMOS/CNRS, leur étude est publiée ce jeudi 6 décembre dans le journal scientifique Nature. Chaque pixel de cette cartographie représente environ 1 km² au sol (voir photographies ci-dessous). Cette haute résolution a permis à l’équipe de mettre en évidence 242 sources ponctuelles d’ammoniac, dont 83 sont liées à l’agriculture intensive et 158 à l’activité industrielle, principalement de production de fertilisants synthétiques. Deux tiers de ces sources d’ammoniac n’étaient pas répertoriées dans les précédents inventaires d’émission. En plus de ces sources nouvellement répertoriées, les chercheurs ont constaté que les émissions provenant de sources connues sont aussi très largement sous-estimées dans les inventaires actuels. L’évolution des concentrations d’ammoniac sur les 10 années écoulées a également permis d’identifier les changements observés dans les activités humaines, comme l’ouverture ou la fermeture de complexes industriels ou l’agrandissement d’infrastructures d’élevage intensif

En conclusion, cette nouvelle étude suggère qu’une meilleure gestion des impacts de la pollution par l’ammoniac passe par une révision complète des émissions agricoles et industrielles, très largement sous-estimées dans les cadastres actuels
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