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Retour d’Antarctique en voilier: résultats au rendez-vous

Publié le 15 avril 2019 Mis à jour le 23 avril 2019

Une équipe de chercheurs emmenés par Bruno Danis (Laboratoire de Biologie marine, Faculté des Sciences, Université libre de Bruxelles) revient d’une mission d’étude de 6 semaines en Antarctique en voilier. Parmi les points clés du bilan: un voilier bien pratique, une biodiversité plus abondante et une activité touristique interpellante.

Ils sont revenus il y a quelques jours en Belgique, après plusieurs semaines passées le long des côtes de l’Antarctique. Emmenés par Bruno Danis, chercheur au Laboratoire de Biologie marine de la Faculté des Sciences de l’Université libre de Bruxelles, les chercheurs de la mission Belgica121 ont réalisé tout le périple sur un voilier ! Une première pour ce type de mission scientifique, qui s’avère concluante, explique Bruno Danis : « L’équipe a pu travailler dans 15 stations différentes et récolter plus de 1700 échantillons en seulement 22 jours sur place, alors que 3-4 stations au maximum étaient initialement prévues ». Le tout en ayant un impact environnemental très mesuré : au minimum 140 fois moins d’émission de CO2 que les brise-glaces de recherche conventionnels.

Biodiversité présente...

En cours de rapatriement vers la Belgique, ces 1700 échantillons permettront aux chercheurs de réaliser un point de référence de la biodiversité de cette région de l’océan Austral. La très grande majorité des études qui ont été menées jusque maintenant concernent des sites à proximité directe des stations de recherche ou le long des voies de navigation habituelles des brise-glaces. L’agilité du voilier Australis a permis aux chercheurs de travailler dans des zones inaccessibles à ces géants des mers. Les chercheurs ont pu ainsi accéder à des zones peu voire pas échantillonnées, jusqu’à 20 mètres de profondeur, et constater de hauts niveaux de diversité, en particulier du point de vue des associations d’espèces observées. « C’est plutôt une bonne nouvelle, car cette diversité est souvent synonyme de résilience, c’est-à-dire la capacité de l’écosystème de revenir à son état initial après une perturbation, explique Bruno Danis. Ces assemblages semblent directement liés aux conditions du milieu, plus précisément aux conditions de glace et à l’exposition aux masses d’eaux alentours, ce qui est en contradiction avec ce qui est généralement rapporté dans la littérature ». Les échantillons prélevés serviront pour des analyses approfondies en laboratoire, notamment pour comprendre la nature de ces assemblages au moyen d’approches génétiques ou isotopiques. Ces analyses permettront aussi à l’équipe de comprendre les réponses apportées par les écosystèmes marins antarctiques au changement climatique comme la hausse de la température de l’eau, les changements de salinité, et la fonte rapide des glaciers bordant ces eaux.

... les traces de l’homme aussi !

Un autre but de l’expédition était de quantifier l’impact de l’homme sur cet environnement généralement considéré comme préservé, mais aujourd’hui impacté par le tourisme.  Les chercheurs ont récolté des échantillons dans 8 stations différentes pour étudier le niveau de contamination de la Péninsule Antarctique par les microplastiques et leurs co-contaminants (métaux, polluants organiques persistants). « Nous n’avons pu nous empêcher de remarquer l’activité touristique intense dans la zone étudiée. De nombreux navires étaient présents dans les environs, certains transportant des milliers de touristes. L’activité touristique dans la région approche maintenant les 70000 visiteurs, une tendance en augmentation ces dernières années. Cette activité est très strictement contrôlée, heureusement », détaille le chef de l’expédition. Les chercheurs ont par ailleurs découvert des déchets sur certains sites, probablement laissés sur place depuis les années 80. Ces déchets ont été partiellement  évacués à bord de l’Australis.

En conclusion, le bilan de recherche est déjà très encourageant : « Nous devrons analyser plus en détails les échantillons récoltés pour établir des constats scientifiques. Cependant, le bilan est déjà positif !  Nous avons montré que rassembler 12 personnes dans un voilier de 75’ (23m), navigant sur des mers parfois agitées, pouvait porter ses fruits ! Nous espérons ouvrir une nouvelle voie pour d’autres efforts similaires, d’autant que les résultats préliminaires semblent mettre en évidence des niveaux de biodiversité inédits ».

La mission fera l’objet d’un documentaire, rendu possible grâce à une campagne de financement participatif, dont la finalisation est prévue pour fin 2019.
 

Composition de l’équipe:
  • Ben Wallis, Ocean Expeditions (Skipper)
  • Ryan Houston (First mate)
  • Katy Lucas (Stewardess)
  • Bruno Danis, Université Libre de Bruxelles (Expedition Leader)
  • Camille Moreau, Université Libre de Bruxelles
  • Charlène Guillaumot, Université Libre de Bruxelles
  • Francesca Pasotti, Universiteit Gent
  • Franz Heindler, KU Leuven
  • Henri Robert, Environmental Measurements – Conservation & Consciousness
  • Henrik Christiansen, KU Leuven
  • Quentin Jossart, Vrije Universiteit Brussel
  • Thomas Saucède, Université Bourgogne Franche Comté
Avec le soutien...

du Service public de programmation de la Politique scientifique fédérale (BELSPO), de la Fédération Wallonie-Bruxelles, du Service Public Fédéral – Santé, Sécurité de la Chaîne Alimentaire et Environnement, du Fonds pour la Recherche Scientifique (FNRS), du Fonds Wetenschappelijk Onderzoek - Vlaanderen (FWO), de la Fondation Leopold III, et de la Royal Belgian Society for Zoology.

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