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Stratégies vaccinales pour augmenter l’immunité du nouveau-né

Publié le 7 mai 2020 Mis à jour le 8 mai 2020

Dans un article de la revue Science, des chercheurs de l’Université libre de Bruxelles (ULB) mettent en évidence, avec des collègues américains et australiens, l’impact considérable des infections au cours des premières semaines de vie dans le monde et discutent les récentes découvertes qui doivent nous guider dans le développement de nouvelles stratégies vaccinales pour protéger les nouveau-nés contre les maladies infectieuses.

Chaque année, 2.5 millions d’enfants meurent pendant le premier mois de vie dans le monde, soit 7000 décès par jour. Cela représente la moitié des décès des enfants avant l’âge de 5 ans. Les nouveau-nés sont donc le groupe d’enfants le plus vulnérable. Une large partie de ces décès est causée par des maladies infectieuses qui sont également une cause très importante de morbidité chez le nouveau-né. « De nouvelles approches de prévention doivent donc être développées » préviennent Arnaud Marchant, Institut d’immunologie médicale (IMI), Faculté de Médecine, Université libre de Bruxelles –, et ses collègues américain - Cincinnati Children’s Hospital - et australien - Telethon Kids Institute -. Ensemble, ils publient ce 8 mai un article review dans un dossier spécial de la revue Science consacré à l’immunité en début de vie. Les auteurs y expliquent la situation actuelle et pointent de nouvelles stratégies vaccinales pour protéger les nouveau-nés.

A l’heure actuelle

La vaccination est une approche très efficace pour protéger les enfants contre les maladies infectieuses : vacciner au cours des premiers mois de vie prévient environ 2.5 millions de décès chaque année dans le monde. Mais, il faut plusieurs semaines pour induire cette immunité protectrice.

Concrètement, les vaccins qui sont administrés dès la naissance dans les pays endémiques pour prévenir la tuberculose, l’hépatite B ou la polio sont efficaces ; ce sont des maladies qui ne se déclarent qu’après les premiers mois de vie. En revanche, les pathogènes responsables des infections sévères du nouveau-né ne sont aujourd’hui pas couverts par la vaccination. Des études récentes menées en Afrique et en Asie indiquent en effet que de multiples pathogènes sont responsables des infections sévères au cours des premières semaines de vie. Seul un petit nombre pourrait être prévenu par les vaccins disponibles aujourd’hui.

Des découvertes ouvrent de nouvelles perspectives

« Le système immunitaire du nouveau-né n’est pas immature » souligne Arnaud Marchant, co-premier auteur de l’article.

Et d’expliquer : le système immunitaire fonctionne suivant des principes qui sont adaptés aux défis changeants qu’il doit relever pour ne pas rejeter les tissus maternels in utero et pour vivre en symbiose avec les germes non pathogènes qui vont le coloniser dès la naissance tout en se défendant contre les germes pathogènes.

La vaccination à la naissance, en particulier avec les vaccins vivants atténués, peut augmenter très rapidement la résistance des nouveau-nés à de multiples germes pathogènes.On sait par ailleurs que l’immunité de la maman a une influence considérable sur l’immunité du nouveau-né. L’immunité maternelle spécifique d’un pathogène peut être stimulée par la vaccination pendant la grossesse et cette immunité sera transmise au nouveau-né au cours de la vie fœtale. Enfin, l’immunité globale de la maman contre de multiples pathogènes semble influencer positivement l’immunité du nouveau-né.

Perspectives futures

Les auteurs soulignent que les découvertes récentes montrent que plusieurs approches pourraient être utilisées pour augmenter l’immunité du nouveau-né et le protéger contre les maladies infectieuses sévères. Ces approches pourraient cibler des pathogènes particuliers par la vaccination au cours de la grossesse et également augmenter l’immunité globale de la maman et du nouveau-né pour les protéger contre le large nombre de pathogènes causant des infections sévères au cours des premières semaines de vie.

« Les hésitations à inclure les femmes enceintes et les nouveau-né dans la recherche médicale causent plus de tort que de bien. Nous devons protéger les nouveau-nés par la recherche et non de la recherche » conclut Arnaud Marchant.

Contact scientifique

Arnaud Marchant
Institut d’Immunologie médicale, Université libre de Bruxelles
Email :
arnaud.marchant@ulb.be

Contact
Service Communication Recherche : com.recherche@ulb.ac.be