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Une collision entre astéroïdes a boosté la biodiversité sur Terre il y a 470 millions d’années

Publié le 19 septembre 2019 Mis à jour le 19 septembre 2019

Un consortium international de chercheurs – comprenant des équipes de la Vrije Universiteit Brussel, de l’Université libre de Bruxelles et de l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique – a établi un lien entre une collision dans la ceinture d’astéroïdes il y a 470 millions d’années et des changements drastiques des conditions de vie sur Terre. Leur étude vient d’être publiée dans Science Advances.

Depuis quelques dizaines d’années, les chercheurs ont compris que l’évolution de la vie sur Terre dépend fortement des évènements astronomiques. L’exemple le plus connu est celui de l’extinction de masse de nombreuses espèces, dont les dinosaures, suite à l’impact d’un astéroïde de 10 km de diamètre il y a 66 millions d’années.

Pour la première fois, les scientifiques ont détecté un autre lien entre un évènement extraterrestre et la vie sur Terre.

Il y a environ 470 millions d’années, suite à une collision dans la ceinture d’astéroïdes entre Jupiter et Mars,  un astéroïde de 150 km de diamètre a été pulvérisé en une fine poussière, qui s’est répandue dans le système solaire. Obscurcissant la lumière du soleil, cette poussière a conduit, sur Terre, à un étrange âge glaciaire. Le climat, à peu près similaire de part et d’autre du globe avant l’évènement, s’est divisé en zones climatiques distinctes – de conditions arctiques aux pôles aux climats tropicaux près de l’équateur. Ce changement climatique déclenché par l’explosion de l’astéroïde a permis, en réaction, le développement de beaucoup d’écosystèmes inédits comprenant une forte diversité d’invertébrés. Les détails de cette découverte viennent d’être publiés dans le journal scientifique Science Advances et soulignés par un éditorial du journal Science.

"En géologie, le présent est la clé pour comprendre le passé. En étudiant les minéraux rares présents dans les micrométéorites récoltées en Antarctique - le flux actuel de matériel extraterrestre atteignant la Terre - et en les comparant avec ceux trouvés dans les roches formées il y a 470 millions d’années, nous pouvons avoir une meilleure compréhension de la quantité de poussières extraterrestres tombées à cette période", explique Steven Goderis (VUB), un des premiers auteurs de l’étude.

Alors que le réchauffement climatique consécutif aux émission de dioxyde de carbone continue, les températures augmentent dans les hautes altitudes. Selon le GIECC, nous approchons d’une situation qui rappelle les conditions en vigueur juste avant la collision de l’astéroïde il y a 470 millions d’années. Les dix dernières années, les chercheurs ont évoqué plusieurs méthodes artificielles pour refroidir la Terre suite aux changements climatiques majeurs. Les modélisations démontrent qu’il serait possible de placer des astéroïdes en orbite autour de la Terre de manière à ce qu’ils libèrent continuellement un nuage de poussière, bloquant ainsi le réchauffement par le soleil.

Vinciane Debaille, du Laboratoire G-Time, Faculté des Sciences de l’ULB, appelle à la prudence :

"On s’attendait à ce que ce refroidissement global déclenché par les poussières extraterrestres impacte négativement la vie, mais il a tout d’abord été profitable pour la biodiversité.
Mais lorsqu’il s’est accentué trop fortement, il a mené à un âge glaciaire, et peut-être même à une extinction de masse des espèces. Ceci montre que nous devons être prudent avec des propositions attrayantes sur le court-terme, mais dommageables sur le long-terme".

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Cette étude a été menée par l’Université de Lund, avec une contribution importante de la Vrije Universiteit Brussel, l’Université libre de Bruxelles, et l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique. Les autres institutions impliquées dans cette étude sont:  California Institute of Technology, The Field Museum of Natural History, University of Chicago, The Ohio State University, Russian Academy of Sciences, Federal University Kazan, Durham University, Chinese Academy of Sciences, Center for Excellence in Comparative Planetology China, ETH Zürich, Naturmuseum St. Gallen Switzerland, and Woods Hole Oceanographic Institution.

Les chercheurs belges sont soutenus par Belspo, le FWO et le FNRS

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Contacts

Vinciane Debaille

Laboratoire G-Time (Géochimie: Tracage isotopique, minéralogique et élémentaire)
Université Libre de Bruxelles (ULB)

vdebaill@ulb.ac.be
+32-2-6502271

Steven Goderis

Research Unit: Analytical, Environmental & Geo-Chemistry
Department of Chemistry, Vrije Universiteit Brussel (VUB)

steven.goderis@vub.be
+32-2-6291480

Contact
Service Communication Recherche : com.recherche@ulb.ac.be