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Vaccin anti covid19 : déterminants de l’acceptation auprès des médecins généralistes

Publié le 14 janvier 2021 Mis à jour le 22 janvier 2021

En octobre-novembre 2020, une enquête transversale par questionnaire a été menée auprès des prestataires de soins de santé impliqués dans la vaccination de la population générale de trois pays francophones (Belgique, France, Québec) pour mesurer leur volonté d'accepter les futurs vaccins COVID-19 pour eux-mêmes et de les recommander à leurs patients. Au-delà des chiffres d'acceptation des médecins généralistes et infirmières qui étaient assez similaires, l'étude permet d'identifier les facteurs qui prédisent une acceptation modérée ou une hésitation voire un rejet. En Belgique, l’étude a été dirigée par Nicolas Dauby - Chef de clinique adjoint, Département des maladies infectieuses, CHU Saint-Pierre, spécialiste post-doctorant FNRS et Institut d'immunologie médicale, Université libre de Bruxelles (ULB).

Depuis plusieurs mois, des publications indiquent des attitudes négatives envers les futurs vaccins contre la COVID-19, dans des proportions allant jusqu'à, ou dépassant 30-40% de la population générale. L'une des principales raisons des refus est la crainte que les nouveaux vaccins ne soient pas sûrs. Les prestataires de soins de santé sont ciblés comme un groupe prioritaire pour le vaccin, une étude a donc analysé le taux d’acceptation et d’hésitation auprès d’eux dans trois pays francophones (France, Belgique, Québec)

Cette enquête menée en collaboration entre Pierre Verger (ORS PACA et INSERM, France), Eve Dubé (centre de recherche du CHUS & Université de Laval, Québec) et Nicolas Dauby (Institut d'immunologie médicale, Université libre de Bruxelles)  montre que certains facteurs prédisent une acceptation modérée ou une hésitation voire un rejet de la vaccination contre la COVID-19.

Les principaux facteurs indépendamment associés à une hésitation forte ou refus étaient :

  • La perception que la sécurité d'un vaccin développé dans l'urgence ne peut être garantie et qu'il est préférable d'acquérir une immunité "naturelle" vis-à-vis d'un pathogène que d'être vacciné
  • Ne pas être personnellement vacciné contre la grippe est également associé à une plus grande hésitation.
  • Une méfiance (ou manque de confiance) envers les autorités sanitaires (ministère de la Santé) et la science est également associée à une plus grande hésitation.

Ces déterminants sont retrouvés dans les 3 pays et pour les deux professions (médecin généraliste et infirmière) donc indépendants du background culturel ou professionnel.

À noter que le fait d’être médecin généraliste en Belgique est associé à une plus grande hésitation/ refus par rapport à leur collègues français et québécois.

« Les patients sont plus enclins à accepter un vaccin si celui-ci est clairement recommandé par leur médecin. Même si en Belgique, pour le moment, la vaccination ne passe pas directement par les médecins généralistes, ils ont un rôle de conseil vis-à-vis de leur patientèle : "si vous vous faites vacciner, je me ferai vacciner docteur"», explique Nicolas Dauby .

L'étude identifie donc un sous-groupe de professionnels de la santé qui doit bénéficier d'une information sur les vaccins actuels et à venir, et montre donc l'importance d'intégrer les éléments relatifs au développement de vaccins dans le cursus des futurs professionnels de la santé. Enfin, elle souligne les messages essentiels à faire passer (développement, sécurité, immunité supérieure à infection naturelle).
 

Contact scientifique

Nicolas Dauby - - Chef de clinique adjoint, Département des maladies infectieuses, CHU Saint-Pierre, spécialiste post-doctorant FNRS et Institut d'immunologie médicale, Université libre de Bruxelles (ULB).
E-mail : nicolas.dauby@ulb.ac.be
GSM : sur demande

Contact
Communication Recherche : com.recherche@ulb.ac.be