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ULB-UA: la Belgique investit dans des infrastructures confinées et des laboratoires pour tester des vaccins

Publié le 10 mai 2020 Mis à jour le 11 mai 2020

Le développement de vaccins contre des agents pathogènes inconnus, et l’évaluation de leur efficacité, constituent aujourd’hui l’un des défis majeurs de la communauté internationale. Le gouvernement fédéral belge a décidé d'investir 20 millions d’euros dans des infrastructures et des laboratoires confinés afin de mener des études d’infection contrôlée sur des sujets humains, un outil d’une importance capitale dans le développement des vaccins. L’Université d’Anvers et l’Université libre de Bruxelles travailleront en étroite collaboration sur ce projet unique.

Les vaccins ont été l’une des réalisations les plus importantes de la médecine moderne. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’au moins 10 millions de décès ont été évités entre 2010 et 2015 grâce à la vaccination. Des millions de vies ont également été protégées des souffrances et des séquelles causées par les maladies infectieuses comme la pneumonie, la diarrhée, la coqueluche, la rougeole et la polio.

Bien que le développement des vaccins soit une réussite, de multiples facteurs évoluent en permanence, comme la densité de la population, la pyramide des âges, les habitudes de voyage, le climat ou l’offre des services de santé, si bien que des agents pathogènes, connus et inconnus, peuvent à tout moment devenir des menaces pandémiques qui déstabilisent la sécurité sanitaire à l’échelle mondiale. La lutte que nous menons en ce moment contre le SRAS-CoV-2 en est une illustration.

« La communauté internationale doit être prête à réagir à ces menaces le plus rapidement possible », confirme le professeur Arnaud Marchant (ULB).


« La rapidité avec laquelle nous pourrons mettre au point, fabriquer et distribuer des vaccins contre des agents pathogènes potentiellement inconnus constituera l’un des grands défis. Comme nous le savons aujourd’hui,  il nous faudra encore quelques mois, peut-être un an, pour développer un vaccin contre le COVID-19 », poursuit Arnaud Marchant.

Une version atténuée de la maladie

Une approche qui jouera un rôle clé dans le développement et l’évaluation de nouveaux vaccins à l’avenir est l’utilisation de « modèles d’infection humaine contrôlée » ou études CHIM, pour controlled human infection models.

« Ce type d’études est également appelé études d’inoculation humaine, car nous inoculons un sujet sain avec une version affaiblie d’une maladie particulière ou avec la maladie dans sa forme originelle si un traitement efficace est déjà disponible », explique le professeur Pierre Van Damme (UAntwerp). « Les études CHIM accélèrent le développement et l’évaluation des vaccins, et cette approche est moins coûteuse que d’autres types d’études vaccinales ».

Il y a actuellement un manque d’infrastructures universitaires pouvant réaliser des études CHIM en Europe continentale. Pour réaliser une étude CHIM dans un cadre universitaire, il nous faudrait aller aux États-Unis ou au Royaume-Uni. Une seule étude CHIM a été menée en Belgique jusqu’à présent: l’université d’Anvers a testé en 2017 deux candidats vaccins contre la polio dans son « village » Poliopolis.

Un projet unique

Mais l’étude Poliopolis aura bientôt des successeurs. Le gouvernement fédéral belge a en effet décidé d’investir 20 millions d’euros dans la mise en place d’une unité européenne de lutte contre les infections, avec des infrastructures spécialisées à Anvers (UAntwerp) et à Bruxelles (ULB). Cette initiative aidera le gouvernement belge et la communauté internationale à sélectionner le meilleur vaccin pour maîtriser des épidémies telles que celle du COVID-19.

En 2021, une infrastructure d’utilisation confinée de 30 lits sera installée sur le Campus Drie Eiken (à Wilrijk, en périphérie anversoise) et un laboratoire d’immunologie de haut niveau, répondant aux exigences de sécurité les plus élevées, sera créé à Bruxelles.

« Nous sommes forts d’une expérience unique dans le domaine des essais cliniques de vaccins : nous en avons réalisé plus de 500 au cours des 25 dernières années. Ces dernières années, l’UAntwerp et l’ULB ont collaboré à de multiples programmes de recherche sur les vaccins, profitant des synergies entre les deux institutions. Pour ce projet unique, nous nous appuierons sur l’expertise, les capacités et l’expérience des deux universités », explique Pierre Van Damme.

Les bailleurs de fonds de la recherche sur les vaccins

Le projet se déclinera sous la forme d’un partenariat public-privé : les deux universités recherchent des investisseurs privés afin d’obtenir un appui financier supplémentaire, à concurrence d’un budget total de 40 millions d’euros.
 

« Nous avons collaboré très étroitement par le passé avec les bailleurs de fonds participant activement à la recherche sur les vaccins. Nous avons attendu la décision du gouvernement avant d’entamer des négociations avec des investisseurs privés. Les entreprises pharmaceutiques et biotechnologiques s’intéressent également à ce projet. L’idée est de leur permettre d’utiliser nos infrastructures, mais pas de les financer directement », conclut Arnaud Marchant.

Contacts scientifiques

Arnaud Marchant, ULB, arnaud.marchant@ulb.be
Pierre Van Damme, UAntwerp, Pierre.vandamme@uantwerpen.be

Contact
Service Communication Recherche : com.recherche@ulb.ac.be