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Coronavirus : chute de la pollution en Chine et en Italie, vue depuis l’espace avec IASI

Publié le 4 mars 2020 Mis à jour le 4 mars 2020

Après les observations communiquées par la NASA sur la concentration en NO2, la mission IASI démontre qu’au mois de février 2020, les concentrations en monoxyde de carbone (CO) ont diminué de 10 à 45%, dans toute la région entre Wuhan et Beijing par rapport aux années antérieures.

Données IASI Chine Données IASI Italie
























Monoxyde de carbone mesuré par la mission satellite IASI en Chine (à gauche) et en Italie (à droite). Comme ce gaz persiste plusieurs semaines dans l’atmosphère, l’impact ne se limite pas aux zones confinées mais s’étend aussi aux alentours. Crédit : Maya George (LATMOS/CNRS).

Alors que l’épidémie de Covid-19 fait rage et s’étend, une chute des niveaux de pollution est observable par satellite, liée à la mise en quarantaine totale ou partielle de plusieurs villes ou régions. En effet, les principales sources de polluants sont liées au trafic routier et aux émissions industrielles, et dès lors les régions affectées et leurs alentours montrent une qualité de l’air meilleure, comparée aux années antérieures. Après les observations communiquées par la NASA concernant le NO2 observé par le satellite S5P[1][1], ce sont maintenant les cartes du monoxyde de carbone (CO) observé par la mission IASI qui démontrent qu’au mois de février 2020, les concentrations en gaz ont diminué de 10 à 45%, dans toute la région entre Wuhan et Beijing par rapport aux années antérieures. Et dans une moindre mesure, on détecte aussi l’impact du confinement dans le nord de l’Italie, même si la période étudiée plus courte (4 jours) rend l’analyse plus difficile.

« Nos cartes quotidiennes obtenues à partir des données satellites montrent que la Chine est le pays qui émet le plus de polluants. La période hivernale est propice à la pollution atmosphérique, car les centrales à charbon tournent à plein régime et émettent du CO en masse, un gaz incolore et inodore qui persiste plusieurs semaines dans l’atmosphère et peut donc se déplacer sur des centaines de kilomètres, porté par les vents. Mais cette année durant le mois de février, et pour la première fois depuis 2008, nous observons une diminution significative des polluants dans toute la Chine du Nord. » Explique Cathy Clerbaux (Spectroscopie, Chimie Quantique et Télédétection Atmosphérique, Faculté des Sciences).

L’instrument IASI surveille la composition de l’atmosphère depuis 2007, et vole à bord des 3 satellites européens Metop. Chaque instrument IASI fournit plus d’un million d’observations chaque jour, à partir desquelles l’équipe de chercheurs et d’ingénieurs de l’ULB fournit des cartographies pour une trentaine de gaz, chaque jour. Le cœur de l’instrument est un spectromètre à transformée de Fourier qui enregistre le rayonnement infrarouge émis par la surface de la terre. Quand ce rayonnement traverse l’atmosphère, il interagit avec les molécules qui se trouvent sur le trajet entre le sol et le satellite. Comme chaque gaz possède une signature spectrale spécifique, les passages successifs du satellite permettent de surveiller depuis l’espace les gaz qui se déplacent autour du globe.

Observations IASI
Vous souhaitez en savoir plus sur l’implication de l’équipe de l’ULB ?

Contact : Cathy Clerbaux (Service de Spectroscopie, Chimie Quantique et Télédétection Atmosphérique, Faculté des Sciences)
E-mail :cclerbau@ulb.ac.be GSM: sur demande
 

Contact
Service Communication Recherche : com.recherche@ulb.ac.be