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Communication de la Rectrice relative au choix des étudiant·es quant au nom de la promotion 2025 de Droit

Publié le 28 août 2025 Mis à jour le 28 août 2025

La décision des étudiants et étudiantes du Master 2 en Droit de donner le nom de Rima Hassan à leur promotion suscite beaucoup d’émotions, de réactions et même d’invectives et de menaces, tant au sein de notre communauté universitaire qu’en dehors d’elle.

Il me faut d’abord rappeler un fait. Il ne s’agit ni d’un choix institutionnel, ni même facultaire, mais bien d’une décision des étudiants et étudiantes prise de manière démocratique, et le Doyen de la Faculté de Droit et de Criminologie a veillé à ce que l’organisation du vote soit irréprochable. Seuls les étudiants et étudiantes de la cohorte concernée se sont exprimés. Cette désignation a toujours relevé de leur autonomie et elle ne dépend pas d’une approbation institutionnelle. On peut considérer qu’il s’agit d’une erreur ou que les modalités de vote auraient dû être différentes ; mais on ne change pas leurs règles une fois le vote effectué, du moins dans une démocratie.

La situation épouvantable que vivent les Palestiniens – dénoncée à de nombreuses reprises par les recteurs et rectrices de toutes les universités belges – ainsi que l’indifférence persistante de nos gouvernements et responsables révoltent nos étudiants et étudiantes. C’est dans ce contexte, animés par un profond sentiment d’injustice, d’indignation et d’urgence, que beaucoup d’étudiants et étudiantes trouvent un écho chez celles et ceux qui les incarnent.

Je suis sensible aux critiques sourcées et argumentées qui entourent cette décision, et beaucoup ont exprimé avec nuance les raisons pour lesquelles ils ne pouvaient approuver ce choix. Mais je suis également choquée par le mépris, l’ignorance et parfois même le racisme décomplexé qui transparaissent dans certaines critiques et attaques personnelles visant celles et ceux qui ont pris cette décision. Pratiquer le libre-examen, ce n’est pas s’en prendre aux étudiants et étudiantes, et encore moins, comme aux pires heures de l’Histoire, publier des listes de prénoms dans le but de stigmatiser et de compromettre l’avenir professionnel de ces jeunes diplômé·es. Quand l’intelligence cède le pas à l’ignominie, on verse du libre examen à la mise en examen. Et que dire des mandataires, politiques ou non, qui font pression pour invalider un vote démocratique ou pour pénaliser les votants ?

Les universités sont par essence des lieux où toutes les questions sensibles qui frappent la société sont débattues. Ici, on a le droit de ne pas être d’accord tout en préservant à tout prix la liberté d’expression de chacun, le respect des décisions démocratiques et la pratique systématique du débat respectueux et argumenté. Nous devons continuer à transformer les désaccords en occasions de dialogue, renforcés dans notre attachement au libre-examen.

Annemie Schaus
Rectrice de l’Université libre de Bruxelles