Comment l’intelligence artificielle peut-elle contribuer à mieux anticiper les inondations en Europe ? C’est autour de cette question que 60 étudiant·es issu·es de différentes universités et formations se sont réuni·es à Bruxelles les 29 et 30 octobre 2026, à l’occasion du Brussels European AI Challenge – From Data to Policy. Une équipe composée d’étudiant·es de l’Université libre de Bruxelles a remporté la première place de cette compétition.
Organisé conjointement par FARI – AI for the Common Good Institute et le Centre commun de recherche (JRC) de la Commission européenne, le Brussels European AI Challenge 2026 a rassemblé 60 étudiant·es sélectionné·es parmi près de 240 candidatures. Issu·es notamment de l’ULB, de la VUB, de la KU Leuven, de l’Université d’Anvers et de l’UCLouvain, les participant·es présentaient des profils académiques variés : intelligence artificielle, sciences des données, informatique, ingénierie, sciences politiques, relations internationales ou encore études environnementales.
L’intelligence artificielle au service de la prévention des inondations
Inspiré par les graves inondations de juillet 2021 qui ont touché la Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas, le défi invitait les participant·es à réfléchir à une question concrète : serions-nous mieux préparé·es si de telles inondations se produisaient aujourd’hui ?
Pendant deux jours, les équipes ont travaillé à partir de données géospatiales de la Commission européenne, notamment issues du programme Copernicus. Leur mission : analyser les risques d’inondation en Belgique, en Allemagne et aux Pays-Bas, identifier les populations et les infrastructures vulnérables, simuler différents scénarios et formuler des recommandations concrètes à destination des autorités publiques.
Accompagné·es par des coachs et des expert·es, les étudiant·es ont développé plusieurs prototypes et outils, parmi lesquels des cartes interactives des zones à risque, des outils de planification des évacuations, des tableaux de bord d’aide à la décision pour les autorités locales ainsi que des solutions de communication et d’alerte précoce destinées aux citoyen·nes.
Une équipe, composée en partie par des étudiant·es de l’ULB, récompensée pour son projet d’évacuation préventive
À l’issue de ces deux journées, les équipes ont présenté leurs réalisations et leurs recommandations devant un jury d’expert·es au Centre commun de recherche de la Commission européenne, à Bruxelles.
La première place a été remportée par une équipe composée en partie par des étudiant·es de l’ULB, dont le projet portait sur l’anticipation des évacuations en cas d’inondation. Leur prototype repose sur un outil de simulation permettant aux autorités d'identifier les zones susceptibles d'être touchées, de déterminer des itinéraires alternatifs vers des lieux sûrs et d'organiser les évacuations plus efficacement.
L’équipe a notamment proposé une stratégie d’évacuation progressive, donnant la priorité aux populations situées dans les zones les plus exposées avant d’étendre les mesures aux autres secteurs. Cette approche vise à favoriser une intervention plus précoce tout en limitant la pression sur les services de secours.
Pour récompenser leur travail, les lauréat·es ont remporté une visite du site de recherche du JRC à Ispra, en Italie, ainsi qu’une possibilité de stage au sein de FARI.
Les deuxième et troisième places ont également été récompensées, respectivement par un atelier AI Blindspot organisé par FARI et des tickets pour une exposition au BOZAR.
Une utilisation responsable de l’intelligence artificielle
Au-delà des solutions développées, le challenge a également permis aux participant·es de mesurer les possibilités et les limites de l’intelligence artificielle. Si ces outils facilitent considérablement l’analyse des données, la programmation et le développement de prototypes, les étudiant·es ont aussi été confronté·es à des résultats erronés, à des données incomplètes et à des incohérences nécessitant des vérifications supplémentaires.
Cette expérience rappelle que l’intelligence artificielle ne peut se substituer à l’expertise humaine. La fiabilité des données, l’esprit critique et la supervision humaine restent indispensables, en particulier lorsque les décisions prises peuvent avoir des conséquences directes sur la sécurité des populations.
Le Brussels European AI Challenge a ainsi mis en lumière l’importance de la collaboration entre disciplines et de la mise en commun des compétences scientifiques, techniques et politiques pour répondre à des enjeux sociétaux majeurs.
Sources image et texte : Fari