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HERA Awards: Huit lauréat·es ULB !
Chaque année, les Hera Awards récompensent des étudiants et des jeunes chercheurs pour un mémoire (ou pour une thèse de doctorat) qui adopte une approche systémique (à 360°) du développement soutenable. Cette édition, 8 diplômés de l'ULB se sont distingués pour leurs travaux de recherche.
La cérémonie de proclamation des HERA Awards aura lieu le mardi 14 avril à l’ULB et sera précédée d’une exposition de posters destinée à mettre en valeur les thèses et les mémoires récompensés. À cette occasion, nos huit diplômé·es seront mis à l'honneur, aux côtés des 27 autres primés issu·es des autres universités.
Plus d'information et inscription
Lauréat 2026 Special HERA Award Brussels for Future Generations : Lionel Delchambre
- Pour sa thèse de doctorat en sciences de l’ingénieur soutenue à l’École polytechnique de Bruxelles de l’ULB
- Development of Innovative Solutions to Identify and Manage Low-Voltage Distribution Grid Congestion
- Promoteur : Patrick Hendrick
Panneaux solaires, batteries, voitures électriques, pompes à chaleur : de plus en plus d’équipements électriques apparaissent dans nos maisons. Problème : le réseau électrique basse tension n’a pas été conçu pour accueillir autant de production et de consommation locales. Le risque de saturation du réseau est réel et certains panneaux peuvent se déconnecter temporairement. Le même genre de risque se profile pour les voitures électriques et les pompes à chaleur. C’est dans ce contexte que Lionel Delchambre a développé des outils innovants pour identifier les risques de congestion du réseau basse tension, mais aussi pour les gérer à moindre coût. Testés sur les données réelles de 49 réseaux bruxellois fournies par Sibelga, ces outils permettent notamment de définir, pour chaque habitation, la puissance maximale pouvant être injectée ou consommée sans mettre le réseau en difficulté. Directement exploitables par les gestionnaires de réseaux de distribution, ils contribuent à limiter les coupures et à réduire les investissements lourds.
Nominée 2026 HERA Award Sustainable Democracy : Marcelline Lejeune
- Pour son mémoire de master en sciences politiques défendu à la Faculté de Philosophie et Sciences sociales de l’ULB
- Démocratie simulée, diversité réelle ? Enquête sur la représentativité des jeunes dans un espace délibératif de simulation parlementaire
- Promotrice : Salomé Frémineur
Le travail de Marcelline Lejeune interroge l’accès des jeunes aux lieux de débat politique et, plus spécifiquement, la qualité de la représentation au sein de l’ASBL Parlement Jeunesse, un dispositif de simulation parlementaire installé en 1996 à l’intention des jeunes de 17 à 26 ans dans la Fédération Wallonie-Bruxelles. Sur la base de 5142 candidatures réparties sur 11 années d’édition de ce dispositif, l’autrice a mis en évidence des dynamiques de sélection qui tendent à reproduire les mêmes inégalités de représentation que celles qui règnent dans les instances politiques « classiques ». C’est le cas, par exemple, d’une sous-représentation des jeunes issus des parcours techniques et professionnels. Forte de ces constats empiriques, Marcelline Lejeune formule une série de recommandations telles qu’une sensibilisation des organes décisionnels de l’ASBL aux biais sociaux, une révision des critères d’évaluation des candidat·es et un meilleur ciblage de la stratégie de recrutement.
Lauréate 2026 HERA Award Sustainable Design : Tiffany Nicoli Faria Latalisa França
- Pour son mémoire de master en sciences géographiques défendu à la Faculté des Sciences de l’ULB (co-diplomation VUB)
- Integrating Nano-hubs into Brussels: Toward Sustainable Cycle Logistics and Last-Mile Delivery
- Promoteur·ices : Philippe Bouillard et Heleen Buldeo Rai
Tiffany Nicoli Faria Latalisa França a mis au point une méthodologie permettant aux opérateurs publics et privés d’implanter facilement des nano-hubs logistiques dans les grandes villes comme Bruxelles. Ces nano-hubs sont de petits points de dépôt de proximité où les colis, acheminés en camionnette, sont ensuite distribués en vélo-cargo pour le « dernier kilomètre ». L’originalité de sa méthode est d’avoir combiné l’analyse multicritères avec les systèmes d’information géographique, tout en s’appuyant sur des entretiens avec les acteur·rices du secteur. La boîte à outils qu’elle a créée a pour particularité de privilégier le recours aux infrastructures « dormantes » (bâtiments sous-utilisés, parkings publics existants, etc.) et de mutualiser l’utilisation des hubs entre opérateurs de cyclo-logistique. Elle intègre également des indicateurs de qualité de vie (zones accidentogènes, quartiers pollués, etc.) et offre un cadre décisionnel transparent lors de la sélection des sites (destinés aux nano-hubs).
Nominée 2026 HERA Award Sustainable Economy : Loralie Lungu Embanzu
- Pour son mémoire de master en bioingénieur en sciences agronomiques défendu à l’École de Bioingénierie de Bruxelles à l’ULB
- Projets de crédits carbone fondés sur le pâturage tournant en Tanzanie : comparaison avec les pratiques traditionnelles de gestion des pâturages chez les Maasaï et analyse critique de la science sur laquelle s’appuient ces projets
- Promotrices : Marjolein Visser et Priscilla Claeys
Loralie Lungu Embanzu a évalué la pertinence scientifique et politique de deux projets de crédits carbone mis en place en territoire Maasaï (nord de la Tanzanie), le Longido and Monduli Rangenlands Carbon Projet et le Resilient Tarangire Ecosystem Project. Axés sur diverses variations du pâturage tournant, ils sont présentés par leurs concepteurs comme des correctifs à la sédentarisation croissante de ces peuples autochtones et, de là, comme des facteurs de régénération de la savane qui agirait ainsi en puits de carbone. Après analyse du contexte historique du pâturage tournant, lecture critique de la littérature scientifique et rencontre avec trois observateurs clés de la problématique, Loralie Lungu Embanzu a tiré des conclusions sans appel. Malgré l’existence historique du pâturage tournant aux Etats-Unis, en France, en Grande-Bretagne, etc. aucune indication scientifique sérieuse ne confirme que ces deux projets régénèrent la savane dans le nord de la Tanzanie, ni ne favorisent la séquestration de carbone, ni n’améliorent les revenus des populations concernées. Selon l’autrice, ils relèvent du colonialisme « vert ».
Lauréat 2026 HERA Award Sustainable Engineering : Loïc Gras
- Pour son mémoire de master en Architecture défendu à la Faculté d’Architecture La Cambre Horta de l’ULB
- Structures déployables : Optimisation des systèmes solaires face aux enjeux humanitaires.
- Promoteur : Thomas Vilquin
Le travail de Loïc Gras interroge la capacité du secteur de l’architecture à répondre efficacement aux besoins de l’aide humanitaire de première urgence tout en intégrant les principes de durabilité. L’auteur a d’abord analysé les divers atouts et inconvénients des différents systèmes photovoltaïques déployables in situ, capables de faire l’impasse sur le recours aux générateurs au diesel. Sur la base d’échanges avec les responsables logistiques de la Croix-Rouge, de Médecins Sans Frontières et de la Défense belge, il a ensuite mis au point un prototype à membrane photovoltaïque souple pesant moins de 60 kilos, dont la morphologie permet une installation en moins de 2 heures par 2 à 3 personnes non spécialisées. Ce dispositif fournit en moyenne 21,5 kWh d’électricité par jour. Son projet a fait l’objet de diverses simulations, notamment dans la zone d’intervention humanitaire à Gaza et prévoit des perspectives d’évolution pour soutenir les actions humanitaires internationales.
Nominée 2026 HERA Award Sustainable Food Systems : Juliette Ozer
- Pour son mémoire de master en sociologie défendu à la faculté de philosophie et sciences sociales de l’ULB
- De la précarité à la violence alimentaire. Étude de cas de deux associations d’aide alimentaire en Région bruxelloise
- Promoteur : Daniel Zamora Vargas
Le travail de Juliette Ozer part d’un paradoxe flagrant. Alors que la Belgique jouit d’une abondance de nourriture et d’une sécurité sociale, 600 000 personnes franchissent régulièrement les portes d’une association dispensant une aide alimentaire. L’autrice a réalisé une étude comparative entre une structure d’aide dite traditionnelle – une distribution de colis alimentaires – et une structure dite alternative, un restaurant participatif basé sur la préparation des repas par les personnes précarisées elles-mêmes, sur le respect de processus délibératifs et sur la préférence accordée à une alimentation durable. Son travail analyse les conditions d’émergence et de viabilité de telles alternatives, notamment les atouts et inconvénients du « prix libre » qui y est pratiqué. Plus largement, il met en lumière les ambivalences politiques et sociologiques du don et, à la lumière du concept de « violence alimentaire », propose une typologie des stratégies de résistance des bénéficiaires de l’aide alimentaire.
Lauréate 2026 HERA Award Sustainable Health : Laura La Gioia
- Pour son mémoire de master en master en sciences et gestion de l'environnement défendu à la faculté des sciences de l’ULB
- Les actions juridico-politiques et technologiques répondant à la contamination des eaux continentales européennes par les substances per- et polyfluoroalkylées
- Promotrice : Nathalie Gypens
Laura La Gioia a réalisé un panorama complet des actions politiques, juridiques et technologiques mises en place autour des PFAS, ces substances per- et polyfluoroalkylées qui créent une pollution quasiment généralisée des eaux, sols et écosystèmes européens. Après une mise en contexte historique du problème, elle a adopté une approche résolument interdisciplinaire. Elle a en effet analysé tant les divers cadres juridico-politiques européens régissant la matière (principe de précaution, Conventions de Stockholm et d’Aarhus, Pacte Vert, REACH, règlements POP…), que les approches technologiques mises en œuvre dans certains pays : séparation, destruction, dégradation des PFAS. Elle a dressé une liste des avantages, limites, coûts et complémentarités possibles entre ces divers procédés. Par ses recommandations aux décideur·euses mais aussi aux simples consommateur·ices, son travail se veut un appui solide aux tentatives de résolution d’un problème majeur de santé publique.
Nominée 2026 HERA Award Sustainable Health : Camille Lemaître
- Pour son mémoire de master en master en sciences de la santé publique défendu à l’école de santé publique de l’ULB
- Vers une meilleure considération de la santé environnementale dans les projets de redéveloppement des friches industrielles. Étude comparative Wallonie – Écosse
- Promotrices : Marie Hallin et Fanny Brunin
Camille Lemaître a réalisé une étude comparative de 2 grosses friches industrielles afin de savoir si – et comment – les opérateurs à la manœuvre ont attaché de l’importance à la santé environnementale des populations concernées : Carsid-Duferco à Charleroi (110 hectares) et Shawfield Glasgow en Écosse (64 hectares). Pour ce faire, elle a mis au point une grille d’analyse propre, inspirée du concept Urbanisme Favorable à la Santé (UFS), d’interviews d’expert·es et de visites de terrain dans les 2 régions concernées. Cette grille lui a permis de mettre en évidence une réalité commune aux 2 zones : la santé est demeurée largement invisible et non reconnue par les acteur·ices de ces réhabilitations. Plus généralement, son travail plaide pour que les reconversions de friches ne s’entendent pas seulement comme les comblements d’un « vide urbain » teintés d’amélioration de la biodiversité, mais bien comme des occasions à saisir pour corriger les inégalités territoriales et améliorer la cohésion sociale. La co-construction avec les populations locales est, à cet égard, indispensable.