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Intelligence artificielle: L'ULB adopte un plan d'action en sept points
Face à aux transformations en profondeur des pratiques académiques liées à l’intelligence artificielle, l’Université libre de Bruxelles déploie un plan d’action en sept axes visant à encadrer, accompagner et encourager les usages de l’intelligence artificielle générative dans l’enseignement, la recherche et l’administration, dans une approche à la fois critique, responsable et conforme aux cadres réglementaires.
Elle estime indispensable d’en appréhender les usages, les implications et les limites, en formant des individus hautement qualifiés, mais également critiques et lucides, capables d’utiliser l’IAG (intelligence articficielle générative) de manière éclairée, responsable et éthique dans leurs disciplines et leurs futures activités professionnelles. Utilisée en complément de l’intelligence humaine, l’IAG peut constituer un outil puissant pour l’enseignement, la recherche, la production intellectuelle et certaines fonctions administratives, en renouvelant les manières de questionner, d’explorer et de structurer les idées. Mais tout indique que les usages les plus profitables de la technologie devront venir en complément d’un socle solide de compétences et savoirs.
La vision de l’ULB est que la formation universitaire est précisément le meilleur gage possible à une utilisation lucide, utile et responsable de la technologie. La réponse n’est pas moins de formation mais davantage de sens critique et de compétences transversales.
Dans le même temps, l’ULB identifie des risques majeurs. En permettant la génération rapide de productions ayant l’apparence d’un travail intellectuel abouti, l’IAG peut fragiliser les activités fondamentales sur lesquelles reposent les missions universitaires : la production et la transmission des connaissances. Une délégation excessive des capacités cognitives aux machines, ainsi que l’émergence de nouvelles formes de fractures numériques au sein de sa communauté universitaire, constituent des enjeux centraux que l’Université entend traiter de manière proactive.
Les défis sont nombreux et l’ULB engage l’ensemble de sa communauté dans le développement conjoint de compétences de pointe et d’une culture critique du numérique. Une réflexion collective, continue et transdisciplinaire sur les technologies d’IAG, qu’elles soient produites ou utilisées, est appelée à irriguer durablement les pratiques d’enseignement, de recherche et de gestion, de même qu’une approche expérimentale pragmatique et ambitieuse.
Un plan d’action structuré en sept axes
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Gouvernance
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L’Université met en place un comité de pilotage de l’IA (ComEx IA) et une Commission IA réunissant des référents issus de toutes ses composantes. Les usages sont encadrés par les comités d’éthique, l’équipe en charge de la protection des données et celle responsable de la sécurité informatique. Cette gouvernance est appelée à évoluer afin de garantir une conformité continue aux cadres réglementaires européens.
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Outils
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Ce point concerne la mise à disposition d’outils d’IAG aussi sécurisés que possible, avec à terme le développement d’une solution souveraine pour les usages nécessitant un très haut niveau de confidentialité et une attention particulière aux impacts environnementaux. L’ULB entend ainsi réduire les inégalités d’accès, non seulement aux technologies elles-mêmes, mais aussi aux compétences et aux usages, dans un cadre maîtrisé, critique et humaniste.
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Accompagnement et formation
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Cette action est coordonnée par une équipe transdisciplinaire dédiée, réunie sous le sigle Plan Academ·IA. Elle comprend une formation générale à l’esprit critique face à l’IAG, des activités de sensibilisation et de débat, un accompagnement spécifique du personnel enseignant, scientifique et administratif, ainsi qu’une formation aux pratiques pédagogiques intégrant l’IAG tout en garantissant l’intégrité des évaluations. À ce jour, plus de 2500 membres de la communauté universitaire ont déjà suivi une formation.
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Esprit critique
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L’Université doit consolider l’enseignement de la méthode scientifique, de l’esprit critique et du libre examen à travers l’ensemble de ses programmes. Les bibliothèques universitaires jouent un rôle central dans la formation à la recherche des sources et à l’information scientifique. Le développement et l’exigence constante des capacités de discernement, de rigueur, de créativité, de lecture, de rédaction, de synthèse, de raisonnement et de concentration demeurent un socle indispensable afin d’éviter toute substitution de l’IAg à la pensée humaine.
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Cadre réglementaire
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L’ULB a révisé son Règlement général des études afin d’encadrer les usages de l’IAG selon des principes de transparence, de subsidiarité et de responsabilité. L’intégration de l’IAG dans les pratiques d’enseignement relève de la liberté académique, chaque enseignant·e restant garant·e des compétences fondamentales évaluées. L’Université accompagne cette réflexion par le développement de guides pratiques à destination des enseignant·es et des étudiant·es.
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Enseignement
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Ce point vise l’adaptation des programmes d’enseignement afin d’intégrer les évolutions induites par l’IAG dans les disciplines scientifiques, les métiers et les pratiques pédagogiques. L’Université a notamment développé une offre de cours dédiée, créé un nouveau Bachelier en techniques numériques pour l’information et la communication, mis en place une formation continue en éthique du numérique et de l’IA, et introduit plusieurs nouveaux enseignements en intelligence artificielle dans différentes facultés. L’Université encourage activement les innovations pédagogiques s’appuyant sur l’IAG.
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Recherche
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L’ULB continue de s’appuyer sur les directives du FNRS et adapte également ses règlements internes, sa Politique de sécurité des systèmes d’information et ses pratiques en conformité avec le cadre européen, notamment l’AI Act. Forte de ses centres spécialisés et de l’Institut FARI, dédié à l’IA pour le bien commun, l’ULB mène une recherche de pointe et transdisciplinaire, couvrant à la fois le développement technologique, ses usages et leur analyse critique. La création et le recrutement récents de plusieurs chaires en intelligence artificielle, dont certaines interfacultaires, s’inscrivent dans cette dynamique.
L’essor de l’intelligence artificielle générative impose de repenser les pratiques, les rôles et les responsabilités, mais aussi de réaffirmer les valeurs incarnées au quotidien par l’Université.
Chaque grande transformation du savoir a suscité craintes et résistances. La mission de l’Université n’est pas de préserver les formes du passé, mais l’exigence intellectuelle qui les animait.
L’IAg impose une remise en question profonde ; l’Université choisit de l’affronter avec rigueur, lucidité et ambition. L’Université ne se définit pas par les technologies qu’elle adopte ou rejette, mais par la manière exigeante dont elle apprend à penser avec elles, et parfois contre elles.
Soirée de l'IA à l'ULB
Le mercredi 1er avril, l'ULB vous convie à sa Soirée de l'IA.
Chercheurs, artistes, enseigannats et citoyens se réuniront pour comprendre ce que l'IA transforme dans nos manières d'apprendre, de créer et de penser.
Information et inscription