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Les rectrices et recteurs francophones déclarent leur soutien aux universités serbes et à la liberté académique
Le Conseil des rectrices et recteurs francophones (Cref) souligne que les universités du monde entier sont des espaces essentiels de savoir, d’apprentissage et de dialogue. Parce qu’elles nourrissent l’esprit critique, elles dérangent inévitablement ceux qui cherchent à gouverner par la manipulation, la désinformation ou la peur. Aujourd’hui, la liberté académique connait une érosion inquiétante dans de nombreux pays, parfois lointains, parfois beaucoup plus proches.
À la suite du décès tragique d’un étudiant de la Faculté de philosophie, l’Université de Belgrade a offert sa pleine coopération aux autorités serbes afin de garantir une enquête transparente, rigoureuse et juridiquement fondée. La réaction des autorités, une entrée médiatisée des forces de police dans le rectorat, constitue une violation grave de l’autonomie universitaire et de la liberté académique.
Ces évènements s’inscrivent dans un climat plus large de menaces, de campagnes de dénigrement et même d’actes de violence dirigés contre des étudiants, des membres du personnel et des responsables académiques, y compris des attaques visant directement le recteur de l’Université de Belgrade, Vladan Đokić. Ils apparaissent largement comme des tentatives d’intimidation envers une communauté universitaire mobilisée depuis l’accident de Novi Sad en novembre 2024 pour réclamer transparence, justice, réformes politiques, restauration de l’État de droit et démocratie.
Les discussions menées ces derniers mois au sein de la communauté universitaire internationale ont clairement montré que la lutte qui se déroule en Serbie dépasse largement ses frontières. Comme l’a rappelé le recteur Vladan Đokić : « Aujourd’hui, cela se passe à Belgrade. Demain, cela peut arriver à n’importe quelle autre université en Europe qui ose se tenir aux côtés de ses étudiants. »
Le CRef rappelle les principes fondamentaux de la Magna Charta Universitatum, qui affirment que la liberté académique et l’autonomie institutionnelle sont au cœur des sociétés démocratiques. Lorsque ces principes sont menacés dans un pays, c’est l’intégrité de l’ensemble de la communauté académique européenne qui s’en trouve fragilisée.
Le CRef appelle donc:
- les autorités serbes à cesser immédiatement toute forme d’intimidation envers les étudiants, le personnel et la direction des universités serbes ;
- les institutions européennes et les gouvernements européens à répondre de manière ferme, claire et univoque aux événements récents ;
- la communauté académique internationale à exprimer sa solidarité avec le milieu universitaire serbe.
Communiqué du Conseil des rectrices et recteurs du 20 avril 2026