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Et si la nature constituait l'une des clés de notre équilibre mental à l'ère de l'hyperconnexion ?
Du 1er au 5 juin 2026, la Professeure Sandra Tricas-Sauras, de l'École de Santé Publique (ESP) à l'ULB, a accueilli une vingtaine d'étudiants issus des universités membres de l'alliance CIVIS dans le cadre d'une semaine intensive consacrée à la santé mentale à l'ère du numérique.
" Dans un monde toujours plus connecté, prendre soin de notre santé mentale passe aussi par notre capacité à nous reconnecter aux autres, à la nature et à nous-mêmes "
Son objectif était d'explorer les effets de la surconsommation numérique sur la santé mentale et d'identifier des stratégies de prévention fondées sur des données probantes, en particulier les approches basées sur le contact avec la nature (Forest Bathing), afin de promouvoir le bien-être psychologique, la déconnexion numérique et des modes de vie plus équilibrés.
Précédé de dix semaines d'enseignement virtuel, ce programme intensif de cinq jours associait apports théoriques, recherche participative et expériences de terrain. Une attention particulière a été portée aux interventions fondées sur la nature, aujourd'hui reconnues pour leurs effets bénéfiques sur la santé mentale, ainsi qu'aux approches favorisant un usage plus équilibré des technologies numériques.
Au cours de la semaine organisée à Bruxelles, les étudiants ont notamment participé à :
- Des approfondissements aux interventions basées sur la forêt et au cours « The Psychology of Digital Overuse », animé par la Prof. Dr Emilie Lacroix (Faculté de Psychologie, ULB) ;
- Une promenade méditative guidée sur le campus d'Erasme par Mme Suzanne Askenasi, psychothérapeute au H.U.B. et créatrice du Parcours méditatif d'Erasme ;
- Un atelier sur les liens entre alimentation, habitudes de vie, santé mentale et bien-être, animé par Dr Chiemeka Onyenze ;
- La découverte des systèmes immersifs développés sur le campus d'Erasme et du projet Forest4Youth par l'équipe de la Prof. Malgorzata Klaas (Faculté des Sciences de la Motricité, ULB) ;
- Une visite immersive du Jardin botanique de Meise, guidée par Nolwenn Lecuyer, complétée par une activité sur la sédentarité animée par Dr Sofie Compenolle (UGent) ;
- Une activité de cartographie dans différents espaces verts bruxellois, encadrée par la Prof. Sandra Tricas-Sauras et l'équipe de l'École de Santé Publique ;
- L’ exploration des possibilités offertes par la réalité virtuelle comme outil de déconnexion mentale, animée par le Prof. Jelle Van Cauwenberg ;
- La présentation du projet « Hands-on Project Aventure Vert Soi » par la Prof. Dr Marie-Ève Langelier (Université du Québec à Chicoutimi, Canada), illustrant le potentiel des interventions en nature et en aventure pour promouvoir la santé mentale ;
- La familiarisation avec le « Forest Therapy as a Tool for Mending the Human–Nature Bond and Fostering Reciprocity », par la Prof. Dr Rosanna Ginocchio Cea (Pontificia Universidad Católica de Chile), consacré au rôle de la thérapie forestière dans le renforcement du lien entre l'être humain et la nature ;
- Des ateliers participatifs « Using Photovoice and Narrative Photography », invitant les étudiants à explorer leur rapport aux technologies numériques grâce à la photographie participative et aux approches narratives ;
- Des groupes de travail interdisciplinaires ayant abouti à la conception de prototypes d'interventions innovantes destinées à promouvoir la santé mentale et un usage plus équilibré des technologies numériques.
" La santé mentale et les usages numériques sont des enjeux mondiaux qui dépassent largement les frontières nationales. Réunir des étudiants et des enseignants de plusieurs pays et disciplines permet de confronter des réalités, des systèmes de santé, des approches pédagogiques et des cultures différentes. Cette diversité nourrit la réflexion, stimule l'esprit critique et favorise la co-construction de solutions innovantes. C'est précisément l'une des grandes forces de l'alliance CIVIS : apprendre les uns des autres pour répondre ensemble à des défis de société communs. "
Comment est née l'idée de ce programme consacré à la santé mentale et à l'hyperconnexion ?
L'idée de ce programme est née de la rencontre entre deux axes qui structurent mon parcours académique et scientifique. D'une part, la promotion de la santé et la santé mentale, qui sont au cœur de la chaire que j'occupe à l'École de Santé Publique, avec un intérêt particulier pour les comportements addictifs. Si les technologies numériques offrent d'immenses opportunités, les données scientifiques montrent également que leur usage excessif peut, dans certaines situations, présenter des mécanismes communs à d'autres formes d'addictions et avoir des répercussions sur le bien-être psychologique.
D'autre part, je m'intéresse depuis plusieurs années au potentiel thérapeutique de la nature. Les recherches, notamment menées en Asie et plus particulièrement au Japon autour du Shinrin-yoku (« bain de forêt »), mettent en évidence des effets très prometteurs sur la réduction du stress et de l'anxiété, ainsi que sur l'amélioration de la santé mentale. Cette réflexion est également nourrie par les travaux de l'une de mes doctorantes, Fanny Brunin, qui étudie les bénéfices des interventions fondées sur la nature dans le contexte de l'anxiété.
Aujourd'hui, les données scientifiques sont de plus en plus solides et montrent que ces interventions peuvent constituer un levier pertinent pour la prévention et, dans certains cas, l'accompagnement de certains troubles de santé mentale.
Sandra Tricas-Sauras