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Partir en mobilité avec une bourse de voyage ARES - Nour Azeghi: "Oser vivre l'inconnu!"

Publié le 30 septembre 2026 – Mis à jour le 1 octobre 2026

Bénéficier d'une bourse de voyage dispensée par l'ARES et l'ULB, c'est le début d'une grande aventure internationale qui s'annonce. Interview avec Nour Azeghi, étudiante en médecine, qui nous parle de son stage professionnel au Sénégal.

Photos Nour AZEGHI

Une Bourse de voyage permet aux étudiantes et étudiants de vivre une expérience de mobilité internationale dans l’un des 31 pays partenaires de l’ARES en Afrique, en Amérique du sud et en Asie, afin de réaliser une recherche ou un stage en milieu professionnel. 


Pourquoi avez-vous choisi cette destination et ce programme de mobilité ?

J’ai toujours eu envie de découvrir l’Afrique subsaharienne, idéalement dans un pays à majorité musulmane. Étant moi-même musulmane, je souhaitais découvrir la pratique de l’islam dans un autre contexte culturel, mais surtout aller à la rencontre d’une autre réalité professionnelle, médicale et humaine.
Découvrir une autre manière de pratiquer la médecine, mais aussi apprendre à aller vers l’autre, à communiquer différemment et à me débrouiller dans un environnement que je ne connaissais pas.

Qu’est-ce qui vous a motivée à postuler à une bourse de voyage ?

La question du budget pouvait être un frein au départ. La bourse m’a donc permis de concrétiser plus sereinement ce projet et de me lancer malgré les coûts liés au voyage. La préparation demandait évidemment quelques démarches administratives et de l’organisation, mais la perspective de pouvoir partir était une vraie motivation. Cela en valait largement la peine.


Qu’est-ce que vous redoutiez le plus avant de partir ?

J’avais surtout peur de me retrouver perdue dans un environnement inconnu, de ne pas réussir à m’adapter ou de ne pas être pleinement acceptée en tant qu’étrangère, notamment en ayant conscience du poids de l’histoire entre l’Europe et l’Afrique.


Quel a été votre première surprise?

Je suis arrivée en soirée, donc je ne voyais pas grand-chose au départ. Mais en arrivant dans mon logement, je me souviens avoir découvert du sable un peu partout ! Ma famille d’accueil m’avait préparé mon premier plat sénégalais, le thiéboudiène (thieb bou djen): un vrai régal et une très belle manière de commencer le séjour. J'ai été reçue à bras ouverts. Cela a énormément facilité mon arrivée et mon adaptation.


Y a-t-il quelque chose que vous auriez aimé savoir avant de partir? 

J’aurais davantage anticipé le budget quotidien, notamment pour les déplacements et le logement, ainsi que les aspects pratiques liés au téléphone et aux applications locales.


Qu’est-ce que cette expérience vous a appris sur le plan académique et personnel ?

Sur le plan médical, l’expérience était extrêmement riche. J’ai découvert une approche davantage centrée sur la clinique et l’examen du patient... 

... avec moins de recours aux examens complémentaires. J’ai également découvert un fonctionnement très différent : il n’y avait pas de dossiers médicaux informatisés et beaucoup d’informations étaient consignées manuellement dans des registres.

Sur le plan personnel, j’ai énormément appris au contact des familles qui nous accueillaient. Les échanges m’ont permis de découvrir des habitudes de vie et des réalités sociales très différentes des miennes, notamment autour de la famille, de la place de la femme et de certaines normes culturelles ou esthétiques.


Pouvez-vous nous raconter un moment fort ou marquant ?

Un événement qui m’a particulièrement marquée a été le décès d’un patient dont l’histoire clinique restait malheureusement très floue. Ce que j’ai surtout retenu, c’est qu’aucun établissement n’avait pu le prendre en charge en raison de difficultés financières. Je n’oublierai jamais les cris de sa femme dans le couloir, alors qu’elle attendait de pouvoir voir son mari, enveloppé dans son drap blanc. Ce moment m’a profondément rappelé que derrière chaque patient, il y a avant tout une personne et une famille.


Quelles rencontres ou amitiés avez-vous vécues?

J’ai rencontré énormément de personnes, aussi bien parmi le personnel de la clinique que dans ma famille d’accueil. Certaines de ces personnes sont toujours dans mes contacts aujourd’hui, ce qui est probablement l’un des plus beaux souvenirs que je garde de cette expérience.


En quoi la bourse ARES a-t-elle rendu ce voyage possible ou plus serein ?

La bourse ARES a permis d’alléger considérablement le budget nécessaire au départ. Concrètement, elle m’a notamment permis de financer les billets aller-retour et a rendu le projet beaucoup plus accessible.


Que diriez-vous à un·e étudiant·e qui hésite à se lancer ?

Je lui dirais qui ne tente rien n’a rien.
Parfois, les plus belles expériences sont celles qui ne se déroulent pas exactement comme prévu et qui nous obligent à nous adapter.


Un conseil pratique?

Bien préparer les aspects financiers, notamment le logement et les déplacements, se renseigner sur les applications utiles sur place et, si possible, avoir un contact local avant et pendant le séjour. Mais il faut aussi accepter de sortir de sa zone de confort.


Si c’était à refaire, repartiriez-vous?

Oui, sans hésiter. Et je pense même que j’irais encore plus loin dans l’expérience, en cherchant davantage à être au contact des populations et peut-être dans des conditions encore plus éloignées de mon confort habituel. C’est souvent dans les moments les plus difficiles que l’on découvre le mieux les autres… et soi-même.


Pour conclure, en un mot ou une phrase, comment résumeriez-vous cette expérience de mobilité?

Oser vivre l’inconnu.