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Partir en mobilité avec une bourse de voyage ARES - Olivia Algrain: "Qui ne tente rien, n'a rien"
Publié le 23 octobre 2026
– Mis à jour le 23 octobre 2026
Bénéficier d'une bourse de voyage dispensée par l'ARES et l'ULB, c'est le début d'une grande aventure internationale qui s'annonce. Interview avec Olivia Algrain, étudiante en science de la population et du développement, nous parle de son stage à Cuba
Une Bourse de voyage permet aux étudiantes et étudiants de vivre une expérience de mobilité internationale dans l’un des 31 pays partenaires de l’ARES en Afrique, en Amérique du sud et en Asie, afin de réaliser une recherche ou un stage en milieu professionnel.
Pourquoi avez-vous choisi cette destination et ce programme de mobilité?
Dans le cadre de mon Master en science de la population et du développement, il était vivement recommandé de choisir un stage et/ou un travail de terrain à l’étranger et j'ai été sélectionnée pour faire mon stage à l’ambassade belge à Cuba.
Lors d’une séance d’information sur les bourses ARES, j’ai constaté que Cuba faisait partie des pays sur la liste. Étant d’origine cubaine, je suis parfaitement bilingue en français-espagnol ce qui constituait un avantage considérable dans l’accessibilité à un terrain mais aussi dans la recherche d’un stage. La question du logement a aussi fait partie des avantages me concernant.
Je pense que la découverte fait partie de l’aventure "mobilité" mais avoir une connexion via la langue parlée, un proche qui y a déjà voyagé, un pays que l’on connait, des contacts sur place permettent de choisir intelligemment sa destination.
Qu'est-ce qui vous a motivé à postuler à une bourse de voyage?
Je pense que peu de personnes partent à Cuba, surtout dans la situation dans laquelle le pays se trouve actuellement donc quand j’ai proposé mon projet je savais qu’il se démarquerait. Pour être honnête, financièrement, si je n’avais pas eu accès à cette bourse, je ne pense pas que j’aurais pu partir. Il était donc indispensable pour moi de débloquer un financement pour ce voyage.
Comment s'est passée la préparation du dossier?
En ce qui concerne la démarche tout a été très facile, La session d'infos et le site internet permettent de postuler très facilement. Néanmoins, je conseille de ne pas se précipiter et bien réfléchir au projet que l’on propose. La bonne connaissance de sa destination et de son projet sont indispensable. Je conseille aussi de demander le plus rapidement possible une lettre de recommandation à son promoteur/promotrice ou à un·e autre professeur·e que l’on connait bien et qui connait notre projet. C'est quelque chose qui appuie réellement notre candidature.
Qu'est-ce que vous redoutiez le plus avant de partir?
La communication : le wifi ou encore les données mobiles ne fonctionnent pas comme en Europe.
Quel a été votre première surprise ?
Étant donné que je connaissais assez bien Cuba, je ne m’attendais pas à être surprise mais en quelques années mon pays s’est complètement métamorphosé et avec mes yeux de jeune adulte je l'ai redécouvert. C’est un pays unique en son genre et je pense qu’on peut être surpris à chaque coin de rue. L’adaptation reste cependant plutôt compliquée car les cubains traversent une crise multi-dimensionnelle donc malgré leur ouverture d’esprit et leur sociabilité les problèmes structurels prennent souvent le dessus.
Comment s'est passée l'installation sur place?
Pour ma part à ce niveau là tout s’est très bien déroulé. Au départ, l’ambassade s’est montrée assez accueillante mais par la suite les relations se sont compliquées à cause de difficultés structurelles mais aussi à cause d’un manque de communication au sein de l’équipe. Vers la fin de mon stage, j’ai réellement senti qu’on était livré à nous-même.
Y a-t-il quelque chose que vous auriez aimé savoir avant de partir?
Qu'est-ce que cette expérience vous a appris sur le plan académique/professionnel et personnel?
Sur le plan professionnel, j’ai compris qu’au-delà du prestige de faire son stage dans une grande institution, j’ai besoin de bien plus qu’une "bonne place". L’environnement de travail et une bonne communication se sont révélés être très importants pour moi et je ne souhaite plus travailler avec des personnes qui ne partagent pas certaines de mes valeurs.
Sur le plan académique, je conseille de prendre du recul sur le terrain avant de se mettre à écrire, on a les idées beaucoup plus claires une fois reposée et remise du voyage.
Pouvez-vous raconter un moment fort ou marquant de votre séjour?
J’ai vécu énormément de choses durant ce séjour, on est notamment passé au travers d'une épidémie de trois maladies transmises par les moustiques qui a fait des ravages sur l’île.
Il y a aussi eu le passage de l’ouragan Melissa. J’ai découvert le manque d'eau et d'électricité, l’obscurité et le bruit intense d’une tempête tropicale, les différentes techniques de la population pour survivre, les boites de conserve, les contacts avec des personnes qui possèdent un bunker.
Et enfin la fermeture de l’ambassade pour des raisons budgétaires.
Avez-vous rencontré des difficultés particulières? Comment les avez-vous surmontées?
Des difficultés, j’en ai rencontré mille mais au final je m’en suis sortie et j’ai surtout appris énormément sur moi-même. Les amis que je me suis fait sur place mais aussi les activités que j’ai découvertes comme le yoga m’ont beaucoup aidée. Je conseille de se trouver un truc à apprendre, ça peut être un sport ou une danse, en dehors du contexte dans lequel on est venu, pour pouvoir rencontrer de nouvelles personnes mais aussi pour déconnecter.
Quelles rencontres ou amitiés avez-vous vécues là-bas?
Je me suis fait des amis au travail mais aussi dans mon quartier, au cours de yoga mais aussi aux soirées organisées par les stagiaires. J’ai personnellement beaucoup apprécié le partage et les relations intergénérationnelles.
En quoi la bourse ARES a-t-elle rendu ce voyage possible ou plus serein?
Le fait de savoir qu’une partie de ce qu’on a investi dans ce projet est en partie remboursé permet de vraiment profiter du voyage.
Que diriez-vous à un·e étudiant·e qui hésite à se lancer?
Qui ne tente rien n’a rien, le processus n’est pas si compliqué ça nécessite un peu d’organisation, beaucoup de motivation et surtout de la patience et du recul. Le plus important c’est de bien développer son projet, comme si on voulait le vendre finalement.
Un conseil pratique que vous donneriez pour préparer sa mobilité?
Si possible prendre contact avec des gens qui ont fait partie de ce genre de programme ou qui ont perçu une bourse pour la partie pratique mais aussi discuter avec des personnes qui sont parties dans ce pays, suivre les médias locaux afin de se renseigner sur la réalité et le quotidien des gens, ça permet vraiment de les rencontrer.
Si c'était à refaire, repartiriez-vous?
Oui sans hésitation.
Pour conclure, en un mot, comment résumeriez-vous cette expérience?
Intense.
Pourquoi avez-vous choisi cette destination et ce programme de mobilité?
Dans le cadre de mon Master en science de la population et du développement, il était vivement recommandé de choisir un stage et/ou un travail de terrain à l’étranger et j'ai été sélectionnée pour faire mon stage à l’ambassade belge à Cuba.
Lors d’une séance d’information sur les bourses ARES, j’ai constaté que Cuba faisait partie des pays sur la liste. Étant d’origine cubaine, je suis parfaitement bilingue en français-espagnol ce qui constituait un avantage considérable dans l’accessibilité à un terrain mais aussi dans la recherche d’un stage. La question du logement a aussi fait partie des avantages me concernant.
Je pense que la découverte fait partie de l’aventure "mobilité" mais avoir une connexion via la langue parlée, un proche qui y a déjà voyagé, un pays que l’on connait, des contacts sur place permettent de choisir intelligemment sa destination.
Qu'est-ce qui vous a motivé à postuler à une bourse de voyage?
Je pense que peu de personnes partent à Cuba, surtout dans la situation dans laquelle le pays se trouve actuellement donc quand j’ai proposé mon projet je savais qu’il se démarquerait. Pour être honnête, financièrement, si je n’avais pas eu accès à cette bourse, je ne pense pas que j’aurais pu partir. Il était donc indispensable pour moi de débloquer un financement pour ce voyage.
Comment s'est passée la préparation du dossier?
En ce qui concerne la démarche tout a été très facile, La session d'infos et le site internet permettent de postuler très facilement. Néanmoins, je conseille de ne pas se précipiter et bien réfléchir au projet que l’on propose. La bonne connaissance de sa destination et de son projet sont indispensable. Je conseille aussi de demander le plus rapidement possible une lettre de recommandation à son promoteur/promotrice ou à un·e autre professeur·e que l’on connait bien et qui connait notre projet. C'est quelque chose qui appuie réellement notre candidature.
Qu'est-ce que vous redoutiez le plus avant de partir?
La communication : le wifi ou encore les données mobiles ne fonctionnent pas comme en Europe.
Quel a été votre première surprise ?
Étant donné que je connaissais assez bien Cuba, je ne m’attendais pas à être surprise mais en quelques années mon pays s’est complètement métamorphosé et avec mes yeux de jeune adulte je l'ai redécouvert. C’est un pays unique en son genre et je pense qu’on peut être surpris à chaque coin de rue. L’adaptation reste cependant plutôt compliquée car les cubains traversent une crise multi-dimensionnelle donc malgré leur ouverture d’esprit et leur sociabilité les problèmes structurels prennent souvent le dessus.
Comment s'est passée l'installation sur place?
Pour ma part à ce niveau là tout s’est très bien déroulé. Au départ, l’ambassade s’est montrée assez accueillante mais par la suite les relations se sont compliquées à cause de difficultés structurelles mais aussi à cause d’un manque de communication au sein de l’équipe. Vers la fin de mon stage, j’ai réellement senti qu’on était livré à nous-même.
Y a-t-il quelque chose que vous auriez aimé savoir avant de partir?
L’observation c’est la clef, il faut absolument prendre le temps, avoir la patience de regarder, écouter, observer, sentir les odeurs, se connecter à l’environnement puis aux gens.
Qu'est-ce que cette expérience vous a appris sur le plan académique/professionnel et personnel?
Sur le plan professionnel, j’ai compris qu’au-delà du prestige de faire son stage dans une grande institution, j’ai besoin de bien plus qu’une "bonne place". L’environnement de travail et une bonne communication se sont révélés être très importants pour moi et je ne souhaite plus travailler avec des personnes qui ne partagent pas certaines de mes valeurs.
Sur le plan académique, je conseille de prendre du recul sur le terrain avant de se mettre à écrire, on a les idées beaucoup plus claires une fois reposée et remise du voyage.
Sur le plan personnel, ce voyage m’a bouleversée et je ne suis certainement plus la même personne qu’avant.
Pouvez-vous raconter un moment fort ou marquant de votre séjour?
J’ai vécu énormément de choses durant ce séjour, on est notamment passé au travers d'une épidémie de trois maladies transmises par les moustiques qui a fait des ravages sur l’île.
Il y a aussi eu le passage de l’ouragan Melissa. J’ai découvert le manque d'eau et d'électricité, l’obscurité et le bruit intense d’une tempête tropicale, les différentes techniques de la population pour survivre, les boites de conserve, les contacts avec des personnes qui possèdent un bunker.
Et enfin la fermeture de l’ambassade pour des raisons budgétaires.
Avez-vous rencontré des difficultés particulières? Comment les avez-vous surmontées?
Des difficultés, j’en ai rencontré mille mais au final je m’en suis sortie et j’ai surtout appris énormément sur moi-même. Les amis que je me suis fait sur place mais aussi les activités que j’ai découvertes comme le yoga m’ont beaucoup aidée. Je conseille de se trouver un truc à apprendre, ça peut être un sport ou une danse, en dehors du contexte dans lequel on est venu, pour pouvoir rencontrer de nouvelles personnes mais aussi pour déconnecter.
Quelles rencontres ou amitiés avez-vous vécues là-bas?
Je me suis fait des amis au travail mais aussi dans mon quartier, au cours de yoga mais aussi aux soirées organisées par les stagiaires. J’ai personnellement beaucoup apprécié le partage et les relations intergénérationnelles.
En quoi la bourse ARES a-t-elle rendu ce voyage possible ou plus serein?
Le fait de savoir qu’une partie de ce qu’on a investi dans ce projet est en partie remboursé permet de vraiment profiter du voyage.
Que diriez-vous à un·e étudiant·e qui hésite à se lancer?
Qui ne tente rien n’a rien, le processus n’est pas si compliqué ça nécessite un peu d’organisation, beaucoup de motivation et surtout de la patience et du recul. Le plus important c’est de bien développer son projet, comme si on voulait le vendre finalement.
Un conseil pratique que vous donneriez pour préparer sa mobilité?
Si possible prendre contact avec des gens qui ont fait partie de ce genre de programme ou qui ont perçu une bourse pour la partie pratique mais aussi discuter avec des personnes qui sont parties dans ce pays, suivre les médias locaux afin de se renseigner sur la réalité et le quotidien des gens, ça permet vraiment de les rencontrer.
Si c'était à refaire, repartiriez-vous?
Oui sans hésitation.
Pour conclure, en un mot, comment résumeriez-vous cette expérience?
Intense.