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Accidents miniers : quand les archives révèlent la violence du quotidien

Publié le 29 août 2025 Mis à jour le 29 août 2025

À partir de registres d’accidents miniers des années 1930, l’historien Nicolas Verschueren (Faculté de Philosophie et Sciences sociales) mène une recherche inédite sur la violence du travail à la mine et son impact sur les corps des ouvriers belges.

Les grandes catastrophes minières, comme celles de Marcinelle (1956), Courrières (1906), Aberfan (1966) ou Luisenthal (1962), ont marqué les mémoires. Mais derrière ces drames collectifs se cache une violence plus diffuse, souvent passée sous silence : celle des milliers d’accidents du travail, répétés et parfois mortels, qui ont brisé les corps des ouvriers et ouvrières.

C’est cette réalité que l’historien Nicolas Verschueren (Faculté de Philosophie et Sciences sociales), explore à travers un projet de recherche inédit. Conservés au centre Sauvegarde des Archives Industrielles, Commerciales, Ouvrières et Minières (SAICOM) à La Louvière, des registres d’accidents des années 1930 recensant près de 100.000 victimes, jusqu’ici inconnus, ont été mis au jour. Grâce au Département des bibliothèques et de l’information scientifique (DBIS) de l’ULB, ils sont numérisés et océrisés (convertis en texte lisible par ordinateur grâce à la reconnaissance optique de caractères) pour constituer une base de données unique en Europe. Elle permettra d’analyser finement les causes directes des accidents et de cartographier les dangers du travail minier.

Mais au-delà des chiffres, ces archives dévoilent les enjeux sociaux et économiques qui entourent chaque blessure. Elles éclairent les mécanismes d’indemnisation, de contrôle et de soin, où s’affrontent directeurs de charbonnage, assureurs médecins, juges, ouvriers et familles. Le corps du mineur devient alors un véritable champ de bataille, à la croisée des intérêts économiques et humains.

Au fil des pages jaunies, une question s’impose : quelle valeur donner à la vie d’un mineur ?

©Nicolas Verschueren

Retrouvez les photos sur Better Call Science, le compte Instagram de la recherche à l’ULB

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