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Adolescents et complotisme : le rôle du sentiment d’appartenance
Publié le 28 septembre 2026
– Mis à jour le 28 septembre 2026
Une étude de l'ULB menée auprès de 168 adolescentes et adolescents montre que celles et ceux qui se sentent les plus intégrés à la société adhèrent moins aux croyances complotistes. De quoi élargir les stratégies de lutte contre la désinformation.
Le facteur qui prédit le plus fortement l’adhésion des jeunes aux théories du complot ne serait pas d’abord leur niveau de pensée critique ou de littératie, mais leur sentiment d’appartenir pleinement à la société. C’est la principale conclusion d’une étude publiée dans la revue Social Psychology of Education et menée par une équipe de recherche de la Faculté de Psychologie, des Sciences de l’éducation et de Logopédie auprès de 168 élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Alors que les politiques de lutte contre la désinformation mettent souvent l’accent sur le développement de l’esprit critique et de l’éducation aux médias, les résultats montrent que ces facteurs, bien qu’ils contribuent à renforcer la résistance face aux croyances complotistes, n’expliquent pas à eux seuls les différences observées entre les jeunes. Le facteur le plus fortement associé à une moindre adhésion aux théories du complot est le sentiment d’intégration sociale : les adolescents qui se sentent pleinement membres de la société adhèrent, en moyenne, moins à ces croyances.
L’étude a été menée par Camila Arnal, Olivier Klein et Christophe Leys (Centre de Psychologie sociale et culturelle, CeSCuP, ULB), Régine Kolinsky (Centre de recherche en Cognition et Neurosciences, CRCN, ULB), ainsi que Luca Rossini, alors affilié à l’ULB dans le cadre d’une bourse Marie Skłodowska-Curie.
Les chercheuses et chercheurs se sont intéressés aux adolescent·es parce que cette période constitue une étape charnière dans la construction des opinions sociales et politiques. Les jeunes développent alors leur rapport aux institutions, aux médias et, plus largement, à la société. Ils seront bientôt des citoyen·es appelés à voter, à participer au débat public et à contribuer à la vie démocratique. Comprendre les facteurs qui favorisent ou limitent l’adhésion aux théories du complot à cet âge peut donc aider à mieux orienter les stratégies de prévention.
Plusieurs recherches avaient déjà mis en évidence un lien entre le niveau d’éducation et les croyances complotistes. En revanche, peu de travaux s’étaient penchés sur les différences entre filières scolaires chez les adolescent·es et sur les facteurs susceptibles de les éclairer.
Les résultats indiquent que les différences observées entre les filières sont principalement associées au sentiment d’appartenance à la société, davantage qu’aux écarts de pensée critique ou de littératie. L’étude attire ainsi l’attention sur le rôle que peuvent jouer les expériences sociales et éducatives dans la construction de ces croyances.
Ces résultats invitent à élargir les stratégies de prévention du complotisme. Si le développement de l’esprit critique et de l’éducation aux médias demeure essentiel, l’étude souligne également l’importance de renforcer le sentiment d’inclusion, de justice et d’appartenance des jeunes à la société, un sentiment qui commence à se construire dès l’école.
Référence de l’article : Arnal, C., Rossini, L., Kolinsky, R. et al. How does education influence adolescents’ endorsement of conspiracy theories? examining the roles of critical thinking, literacy, justice perceptions and identification with society. Soc Psychol Educ 29, 43 (2026). https://doi.org/10.1007/s11218-026-10212-2
Article complet
Alors que les politiques de lutte contre la désinformation mettent souvent l’accent sur le développement de l’esprit critique et de l’éducation aux médias, les résultats montrent que ces facteurs, bien qu’ils contribuent à renforcer la résistance face aux croyances complotistes, n’expliquent pas à eux seuls les différences observées entre les jeunes. Le facteur le plus fortement associé à une moindre adhésion aux théories du complot est le sentiment d’intégration sociale : les adolescents qui se sentent pleinement membres de la société adhèrent, en moyenne, moins à ces croyances.
Une étude menée auprès d’élèves de différentes filières
L’étude a été réalisée auprès de 168 adolescent·es âgés de 16 à 18 ans, scolarisés dans des établissements secondaires publics situés à Bruxelles et dans le Brabant wallon. L’échantillon réunissait des élèves issus des filières générale, technique et professionnelle. Chaque participant a répondu à un questionnaire d’une durée d’environ une heure, destiné notamment à évaluer son adhésion aux croyances complotistes, sa pensée critique, son niveau de littératie et son sentiment d’appartenance à la société.L’étude a été menée par Camila Arnal, Olivier Klein et Christophe Leys (Centre de Psychologie sociale et culturelle, CeSCuP, ULB), Régine Kolinsky (Centre de recherche en Cognition et Neurosciences, CRCN, ULB), ainsi que Luca Rossini, alors affilié à l’ULB dans le cadre d’une bourse Marie Skłodowska-Curie.
Les chercheuses et chercheurs se sont intéressés aux adolescent·es parce que cette période constitue une étape charnière dans la construction des opinions sociales et politiques. Les jeunes développent alors leur rapport aux institutions, aux médias et, plus largement, à la société. Ils seront bientôt des citoyen·es appelés à voter, à participer au débat public et à contribuer à la vie démocratique. Comprendre les facteurs qui favorisent ou limitent l’adhésion aux théories du complot à cet âge peut donc aider à mieux orienter les stratégies de prévention.
Le rôle des filières scolaires
L’étude révèle également que les élèves de l’enseignement général présentent, en moyenne, un niveau plus faible d’adhésion aux croyances complotistes que leurs homologues des filières technique et professionnelle.Plusieurs recherches avaient déjà mis en évidence un lien entre le niveau d’éducation et les croyances complotistes. En revanche, peu de travaux s’étaient penchés sur les différences entre filières scolaires chez les adolescent·es et sur les facteurs susceptibles de les éclairer.
Les résultats indiquent que les différences observées entre les filières sont principalement associées au sentiment d’appartenance à la société, davantage qu’aux écarts de pensée critique ou de littératie. L’étude attire ainsi l’attention sur le rôle que peuvent jouer les expériences sociales et éducatives dans la construction de ces croyances.
Ces résultats invitent à élargir les stratégies de prévention du complotisme. Si le développement de l’esprit critique et de l’éducation aux médias demeure essentiel, l’étude souligne également l’importance de renforcer le sentiment d’inclusion, de justice et d’appartenance des jeunes à la société, un sentiment qui commence à se construire dès l’école.
Référence de l’article : Arnal, C., Rossini, L., Kolinsky, R. et al. How does education influence adolescents’ endorsement of conspiracy theories? examining the roles of critical thinking, literacy, justice perceptions and identification with society. Soc Psychol Educ 29, 43 (2026). https://doi.org/10.1007/s11218-026-10212-2
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