Dans la même rubrique
-
Partager cette page
Prix de la diffusion scientifique | Axel Coussement: mettre en jeu la transition énergétique en Europe
Publié le 10 avril 2026
– Mis à jour le 15 avril 2026
Professeur à l'École polytechnique de Bruxelles et à la tête de l’unité de recherche Aéro-thermo-mécanique, Axel Coussement reçoit le Prix de la diffusion scientifique ULB - catégorie sur scène - pour le jeu No greenwashing, just science, aux côtés de Cédric Boey et Anatole Boon du Bureau d’appui pédagogique en Polytech (BAPP).
« À l’origine de l’initiative se trouve Jeanne Longlune, qui imagine en 2022 un jeu axé sur la transition énergétique dans le cadre du projet POLYDAIRE. Destiné aux étudiant·es de master en sciences de l’ingénieur, ce cours les invite à développer un outil didactique pour soutenir l’enseignement d’un aspect des sciences en secondaire » rappelle Axel Coussement, qui encadrait alors le projet de l’étudiante avec Cédric Boey, responsable opérationnel du BAPP. « Le potentiel de l’outil nous a sauté aux yeux, et grâce au soutien du vice-recteur à la recherche et à la valorisation, Marius Gilbert, puis à l’obtention d’un financement d’Innoviris, on a pu aller un cran plus loin et optimiser le jeu avec l’aide d’Anatole Boon, conseiller en durabilité au BAPP ».
Objectif : décarboner l’Europe
Aujourd’hui, No greenwashing, just science prend la forme d’un atelier de 1h30 proposé aux écoles bruxelloises de la 4e à la rhéto, et animé par Anatole Boon et des étudiant·es de l’Ecole polytechnique de Bruxelles. Le jeu répartit la classe en 7 groupes, chacun incarnant un pays européen. Objectif : décarboner l’Europe dans les 15 ans. « Chaque groupe reçoit deux plateaux : l’un représentant la consommation énergétique actuelle de son pays, l’autre sa production potentielle d’énergie décarbonée » indique Cédric Boey. « En fonction du pays joué, les élèves disposent d’un certain nombre de figurines pour chaque type d’énergie renouvelable - éolien, géothermie, solaire, biomasse - correspondant à 25 000 gigawattheures ». En trois tours (correspondant chacun à cinq ans), les élèves doivent gérer leurs investissements selon un budget proportionnel au PIB du pays, tout en négociant des échanges d’énergie avec ses voisins. « Au début, la compétition prend souvent le pas sur la coopération. Et on va délibérément les laisser faire, pour qu’ils comprennent au fur et à mesure qu’aucun pays ne peut véritablement gagner seul » explique Cédric Boey.
En « situation réelle »
En parallèle, les élèves apprennent à intégrer la sobriété énergétique dans leur stratégie via une pièce symbolisant l’éducation à la réduction de la consommation. « Elle est indispensable pour remporter la partie, car il n’y a volontairement pas assez de figurines d’énergies vertes pour couvrir les besoins des pays. On évite ainsi une vision 100% techno-solutionniste » précise Anatole Boon. « L’idée est de faire passer le message que l’énergie la plus durable est celle qu’on ne consomme pas » abonde Axel Coussement.Par ce jeu, les élèves découvrent concrètement les enjeux de la transition énergétique en appliquant en « situation réelle » des concepts théoriques appris en classe. Une mise en pratique qui ouvre ensuite la voie à des débats sur des questions connexes, telles que le nucléaire, les actions individuelles possibles, ou encore leur rôle en tant que citoyen·nes de demain. Le succès de l’approche ne se dément pas : en 2025, 1.500 élèves bruxellois ont participé aux ateliers, et l’équipe espère en toucher 2.500 en 2026.
Prix de la diffusion scientifique ULB
Les Prix de la diffusion scientifique ULB sont décernés à des chercheurs, chercheuses ou centres de recherche qui ont contribué, au cours de l’année, à partager leur démarche et leurs connaissances scientifiques avec le grand public.
Découvrez l'ensemble des lauréats et lauréates.
Découvrez l'ensemble des lauréats et lauréates.