Publié le 20 mars 2026 Mis à jour le 20 mars 2026

Une étude, co-signée par Joseph Mumbanza, Laurent Licata et Claudia Toma, montre que la perception des discriminations de genre n’entraîne pas toujours un plus grand soutien aux politiques d’égalité – en particulier chez les femmes.

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, de nombreuses organisations réaffirment leur engagement en faveur de l’égalité de genre. Programmes de diversité, chartes d’engagement et plans d’action se multiplient. Mais une question demeure : qu’est-ce qui détermine réellement le soutien des employé·es à ces politiques ? 

Des perceptions différentes selon les groupes

C’est à cette question que se sont intéressé·es Joseph Mumbanza, Laurent Licata et Claudia Toma – Centre de psychologie sociale et culturelle, Faculté de Psychologie, des Sciences de l’Éducation et de Logopédie. Leur recherche, menée en partie à l’ULB et publiée dans la revue European Journal of Social Psychology, apporte un éclairage inattendu. Contrairement à une idée répandue, reconnaître l’existence de discriminations ne renforce pas systématiquement le soutien aux politiques d’égalité.

Les résultats montrent que cet effet varie selon le groupe auquel on appartient. Chez les hommes, une meilleure prise de conscience des discriminations de genre tend à accroître le soutien aux mesures correctrices. En revanche, chez les femmes, cette même prise de conscience peut susciter davantage de scepticisme. Elle renforce notamment l’impression que les organisations affichent un engagement pour l’égalité sans toujours le traduire en changements concrets.

Des politiques à repenser pour renforcer la confiance

Ces résultats mettent en lumière une tension souvent invisible : ce qui mobilise certains peut, en parallèle, alimenter la méfiance d’autres. Pour les organisations, l’enjeu ne se limite donc pas à sensibiliser aux discriminations, mais aussi à démontrer l’impact réel des actions mises en place.

En ouvrant de nouvelles pistes de réflexion, cette recherche invite à concevoir des politiques d’égalité plus crédibles, capables à la fois de mobiliser les allié·es et de renforcer la confiance des hommes et des femmes dans ces politiques.

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