Publié le 25 juin 2026 Mis à jour le 26 juin 2026

Les pommes de terre occupent une place bien particulière dans les écologies des hauts plateaux andins au Pérou. Tout en étant une source de nourriture, elles sont considérées comme membres des communautés agricoles dans lesquelles elles engagent des relations de nourrissement mutuel, de soin, et de respect. Retour en images.

© Olivia Angé

C’est cette relation singulière qu’étudie l’anthropologue Olivia Angé - Faculté de Philosophie et Sciences sociales. Son travail ethnographique porte sur les communautés de la région de Cuzco, où les cultivateurs et cultivatrices entretiennent depuis des millénaires une extraordinaire diversité de tubercules. Façonnées au fil des générations, ces milliers de variétés se distinguent par leurs formes, leurs couleurs, leurs textures ou encore leurs saveurs.

L’image met en lumière l’un des enjeux centraux de cette recherche : la préservation de cette biodiversité agricole et l’appréciation des savoirs qui l’accompagnent. En 2002, plusieurs communautés du district de Pisac se sont associées pour créer le Parque de la Papa, un territoire dédié à la conservation des pommes de terre. Au-delà de la protection de l’agrobiodiversité, cette initiative vise à promouvoir le respect des pommes de terre et de l’entrelacs de relations dans lesquelles elles prospèrent.

À travers son enquête, Olivia Angé s’intéresse à la manière dont les cultivateurs nomment, identifient et prennent soin de leurs compagnons végétaux. Elle montre comment ces savoirs sont marginalisés par les systèmes de classification scientifiques ou les réglementations internationales qui transforment les plantes en simples ressources génétiques.

Cette recherche invite ainsi à porter un autre regard sur l’agriculture. Elle révèle que les relations entre les humains et les plantes ne se limitent pas à l’instrumentalisation pour la production alimentaire, mais participent aussi à la composition de collectifs où coexistent différentes formes de vie, de connaissances et de jeu de pouvoir.

Retrouvez les photos sur Better Call Science, le compte Instagram de la recherche à l’ULB

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