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Salomé Saqué à l’ULB pour une conférence-débat sur l’extrême droite et l’écocide
La journaliste et autrice française sera sur le campus ce 18 mars pour discuter de résistance face à l’extrême droite. L’occasion pour des étudiants et étudiantes de l’ULB de réfléchir au croisement entre extrême droite et d’autres enjeux, notamment écologiques. La conférence est sold-out mais une interview exclusive de Salomé Saqué sera diffusée en ligne prochainement.
Copyright photo: Emma Birsky
En temps d’écocides, de montée de l’extrême droite et d’affaiblissement des démocraties libérales occidentales, Salomé Saqué, journaliste et autrice de l’ouvrage Résister (2024), sera présente à l’ULB pour une soirée-débat le 18 mars prochain de 19h à 21h30, où elle donnera une conférence intitulée «Résister à l’extrême droite».
Si les inscriptions à cet événement sont désormais closes, cette rencontre offre l’opportunité d’ouvrir un espace de réflexion autour des enjeux qui seront abordés. Cet évènement est co-organisé par l’équipe du centre de recherche SONYA du Département géosciences, environnement et société (DGES) de la Faculté des Sciences, les étudiant·es du Master en Sciences et Gestion de l’Environnement de l’ULB, l’Institut inter-facultaire des transformations socio-écologiques de l’ULB (iiTSE), avec le soutien de la Faculté de Philosophie et Sciences sociales (PhiSoc).
L’intervention de Salomé Saqué sera suivie d’un échange avec Chloé Deligne, chercheuse qualifiée FNRS de l’ULB en histoire environnementale, ainsi qu’avec les étudiants et étudiantes du Master en Sciences et Gestion de l’Environnement. La rectrice de l’ULB, Annemie Schaus interviendra également pour discuter du rôle de l’Université dans ce contexte.
Les liens entre écocide et extrême droite
Pourquoi parler d’extrême droite dans un Master en environnement? Et pourquoi est-ce important de resituer la montée de l’extrême droite actuelle dans un contexte écocidaire?
Ces questions traversent les réflexions menées depuis plusieurs semaines par les étudiants et étudiantes du Master en Sciences et Gestion de l’Environnement de l’ULB. En s’appuyant sur les travaux de Salomé Saqué (ses entretiens, articles, livres et vidéos), ainsi que sur des recherches issues de différentes disciplines en sciences humaines et sociales, ils et elles ont cherché à comprendre comment, où et par qui les thèmes de l’écologie et l’extrême droite se croisent, et pourquoi il est essentiel de s’intéresser à ces intersections. Les travaux mobilisés à cette fin comprennent ceux de Pierre Madelin et Antoine Dubiau sur les écofascismes, ceux de Mark Alizart sur le «coup d’État climatique» et le «carbofascisme», ou encore ceux de la chercheuse écoféministe Cara Daggett sur la notion de pétro-masculinité.
À travers cette notion, l’autrice met en relation des phénomènes souvent pensés comme distincts : le réchauffement climatique, les tendances autoritaires, ainsi que les élans racistes et misogynes. En mettant en lumière le rôle historique des combustibles fossiles et la manière dont ils ont soutenu le pouvoir du patriarcat blanc, elle montre comment écocide, patriarcat et montée contemporaine de l’extrême droite sont étroitement liés.
Détruire le vivant à des fins capitalistes
En filigrane se pose la question du pouvoir, de sa concentration, des inégalités qu’il produit, et du contexte historique qui a permis à cette concentration de pouvoir (économique, politique et symbolique) de se cristalliser, à coup d’extractions, de colonisation et de destructions environnementales.
Si ces dynamiques ne relèvent pas de phénomènes distincts, elles ne constituent pas non plus de simples «crises» que l’on pourrait résoudre. Comme l’explique Salomé Saqué dans son ouvrage Résister, la montée actuelle de l’extrême droite en Europe et ailleurs dans le monde n’est ni un «épisode» de l’histoire qui se répète, ni un mauvais moment à passer. Une fois au pouvoir, les partis d’extrême droite - souvent soucieux de leur acceptabilité sociale et politique - tendent à se radicaliser. Les droits sociaux, durement acquis, reculent rapidement, tandis que les discriminations s’intensifient.
Il en va de même pour les prétendues «crises» écologiques. Plutôt que des «crises» à «résoudre» - un cadrage qui a longtemps permis au technosolutionnisme de prospérer en matière écologique et laisser l’ordre social intact -, ce qui est à l’œuvre relève plutôt d’un ravage organisé; une orchestration minutieuse et systémique de la destruction du vivant à des fins capitalistes.
Pour poursuivre la discussion, cette page hébergera prochainement un entretien vidéo de Salomé Saqué réalisé le 18 mars prochain.