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Santé sexuelle et violences sexistes et sexuelles: l’ULB a mené une enquête auprès de ses étudiantes et étudiants
Publié le 11 mai 2026
– Mis à jour le 11 mai 2026
Soucieuse du bien être de sa communauté étudiante, l’ULB a mené, fin 2024, une enquête consacrée à la santé sexuelle et aux violences sexistes et sexuelles, via son Observatoire de la vie étudiante. Les réponses des 1998 étudiantes et étudiants y ayant participé permettent de mieux cerner leur situation et leurs besoins. À la lumière des résultats aujourd’hui disponibles, l’Université se mobilise en consolidant les dispositifs existants et en déployant de nouvelles forces d’action.
Les résultats de l’enquête montrent que les normes et inégalités liées au genre et à la sexualité influencent fortement le rapport des étudiantes et étudiants à la santé sexuelle, ainsi que leur vulnérabilité aux violences sexuelles:
- L’enquête met en lumière l’existence d’une hiérarchie de vulnérabilité face aux violences sexistes et sexuelles. Les personnes trans apparaissent comme les plus exposées. Viennent ensuite les personnes cisgenres non hétérosexuelles, puis les femmes cisgenres hétérosexuelles, tandis que les hommes cisgenres hétérosexuels sont significativement moins touchés.
- Cette hiérarchie existe également, mais de manière inversée, en matière de connaissances en santé sexuelle. Les groupes les plus minorisés sont les mieux informés. À l’inverse, les hommes cisgenres hétérosexuels sont ceux qui présentent le plus de confusions et de lacunes, notamment en matière de contraception – qui les concernent pourtant en priorité.
Les résultats de l’enquête mettent en lumière plusieurs constats en matière de violences sexistes et sexuelles et de santé sexuelle, soulignant les besoins et appelant à un renforcement des actions de prévention et d’accompagnement:
- À propos de leur premier rapport sexuel initialement décrit comme consenti, près de 2 répondant·es sur 10 évoquent en réalité des situations marquées par une forme d’ambiguïté autour du consentement: la contrainte explicite n’est pas toujours présente, mais le désir n’est pas pleinement exprimé, et des formes de flou persistent. Au-delà du caractère préoccupant de ces situations, ce constat met en évidence un flou persistant dans la compréhension même de la notion de consentement.
- Les répondant·es sont 31,9% à déclarer avoir subi au moins une agression sexuelle (attouchements, baisers non consentis et viols) depuis leur arrivée à l’université.
- La propension à subir ces agressions varie beaucoup selon le genre et la sexualité: les hommes cisgenres hétérosexuels sont 3% à déclarer un viol, alors que ce taux monte à 14,2% chez les femmes cisgenres hétérosexuelles, et 22,2% chez les autres répondant·es - à savoir les femmes et hommes cisgenres non-hétérosexuel·les et personnes trans (ces dernier·es sont donc 7x plus vulnérables que les hommes cisgenres hétérosexuels).
- Les viols (80,7%) et agressions sexuelles sans pénétration (68,2%) ont majoritairement lieu dans la sphère privée (domicile, chez un·e partenaire ou un·e date). Les responsables les plus souvent cités sont les (ex) partenaires: viols (65%), agressions sexuelles sans pénétration (50,4%), partage de photos intimes (51,2%).
- Les victimes des violences préfèrent s’adresser à leurs ami·es (1 répondant.es sur 2) qu’à des professionnel·les de santé, de police et de justice. Seul.es 6% des victimes de viol avec pénétration se sont adressés à la police.
La santé sexuelle
- Les étudiantes et étudiants identifient relativement bien les méthodes les plus diffusées dans les parcours de santé sexuelle, en particulier les préservatifs et la pilule contraceptive. Cependant, de nombreuses confusions persistent entre prévention des IST et prévention des grossesses non désirées.
- Les femmes, en particulier hétérosexuelles, évaluent plus fréquemment les méthodes contraceptives comme risquées pour la santé: pilule d’urgence (77,2%); pilule contraceptive (76,9%); DIU cuivre (58,7%). Cette dimension est importante, car elle influence l’adhésion aux recommandations de santé publique et les choix contraceptifs, notamment vis-à-vis de la pilule.
- Plus d’un quart n’a pas utilisé de protection barrière lors du dernier rapport avec leur dernier·e partenaire.
- Moins d’1 répondant·e sur 10 utilise des protections barrières pour le sexe oral.
Les actions d’information et de prévention de l’ULB
Mobilisée sur ces questions, l’ULB va s’appuyer sur cette enquête pour renforcer ses actions d’information, de prévention et d’accès aux dispositifs de soins et d’accompagnement.
- Les campagnes de prévention et de promotion santé impulsées par ULB Santé et ses partenaires seront poursuivies et renforcées. Le projet «Ça m’saoule» - qui touche chaque année près de 1800 étudiant.es à travers des stands de sensibilisation et des formations, continuera d’être déployé auprès de l’ensemble de la communauté universitaire. Informations sur la vie relationnelle, affective et sexuelle, zoom sur le consentement, messages de prévention sur les infections et maladies sexuellement transmissibles: les messages et actions de sensibilisation seront intensifiés sur le terrain, en particulier auprès des acteurs de la vie festive estudiantine.
- Des nouvelles journées de dépistage gratuit des IST vont être organisées sur les différents campus, en partenariat avec le planning familial Aimer à l’ULB. En 2024-2025, quelque 400 étudiants en ont bénéficié.
- En parallèle, l’Université poursuit sa politique d’accessibilité et de proximité des soins au sein de son Service médical où consultent notamment des gynécologues, une addictologue et une psychiatre. PsyCampus, dispositif de soutien psychologique géré par le Service de santé mentale ULB, reste ouvert à toutes et tous, à un prix modique, individuellement ou en groupe.
- Enfin, le dispositif CARE (Cellule d'accompagnement pour le respect des étudiant·es) continue son travail d’écoute et d’accompagnement des étudiantes et étudiants témoins et victimes de violences et de discrimination. L’ULB travaille également au déploiement d’un nouveau dispositif d’écoute et d’orientation par les pairs des étudiant.es en difficultés.