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Le ventre des femmes et les mots des hommes : grossesse et violences de genre dans le roman réaliste
La grossesse constitue un observatoire efficace des violences sexistes et sexuelles. Elle est souvent, dans les romans réalistes-naturalistes, le produit d’un viol ; elle apparaît alors, sur le plan narratif, comme le moyen d’incarner de manière très concrète la longue violence exercée à l’encontre de la victime. À une époque où la contraception demeure aléatoire et l’avortement à la fois médicalement périlleux et juridiquement répréhensible, la grossesse est souvent décrite comme une épreuve imposée, survenant dans l’angoisse et marquant une vulnérabilité supplémentaire. On s’interrogera sur la manière dont ces romans oscillent entre la reproduction du regard de réification et la tentative de le subvertir, en inventant d’autres formes d’approche du corps enceint. Par un fonctionnement synecdochique, le ventre des femmes enceintes est souvent chargé de symboliser le poids d’une injustice. C’est donc d’abord un message politique que les romans réalistes font porter dans leurs flancs à leurs personnages.
Conférence organisée par l'Institut des Hautes Etudes de Belgique et le Centre de recherche Philixte.
ULB - Campus du Solbosch, local AY2.112