Publié le 9 octobre 2026 – Mis à jour le 9 octobre 2026

Nous créons tous à partir de ce qui nous précède. Mais jamais de la même façon : notre expérience individuelle transforme cet héritage collectif et, à son tour, vient l’enrichir. Du 16 octobre au 16 décembre 2026, l’ULB présente sur son campus du Solbosch Art & mémoires, une exposition ArtScience qui fait résonner œuvres d’art moderne et contemporain issues de la collection de l’ULB et travaux de recherche. Deux approches complémentaires pour mieux saisir la thématique.

Rien ne se crée à partir de rien

« Une création, une découverte, n’apparaît jamais dans un désert contextuel, mais au cœur de l’immense tissu mémoriel de toutes les créations, constructions, expérimentations qui l’ont précédée. Pour l’artiste, la chercheuse, le chercheur, l’enjeu est de parvenir à placer son œuvre juste au bord de cette mémoire collective : suffisamment proche pour qu’il ne puisse lui être reproché de méconnaître l’héritage dont elle est issue, suffisamment éloignée pour qu’elle permette d’étendre toujours plus les territoires explorés de la création et de la connaissance », explique Marius Gilbert, vice-recteur à la culture et à la médiation scientifique de l’ULB.

C’est cette rencontre entre ce qui nous précède et ce que chacun porte en soi que Marius Gilbert appelle le « choc des mémoires ». Deux personnes peuvent partager les mêmes références et les mêmes connaissances sans jamais créer exactement la même chose : l’héritage commun passe toujours par une histoire, des expériences et une sensibilité singulières.


L’IA face à l’expérience humaine

L’intelligence artificielle donne aujourd’hui une nouvelle résonance à cette question. Elle aussi produit à partir de textes, d’images et de connaissances qui existaient avant elle. Mais elle ne possède pas cette mémoire individuelle, faite d’expériences vécues, de souvenirs, de perceptions et d’oublis.

« À l’heure où l’on s’interroge chaque jour un peu plus sur la singularité humaine face aux progrès de l’intelligence artificielle, peut-être est-ce dans l’immense diversité qui résulte de ce choc des mémoires que l’on peut trouver des éléments de réponse », avance Marius Gilbert.

Et la mémoire devient matière

Pendant deux mois, l’exposition se décline au cinéma, dans la danse, la musique et les rencontres. Memento explore ce que la perte de mémoire fait à l’identité, La Saltarelle passe par le corps, tandis que d’autres rendez-vous abordent la reconstruction d’unehistoire familiale, les fabulations de l’intelligence artificielle ou la science au service de l’art.

Lieu(x)

Salle Allende - ULB, Campus du Solbosch Bâtiment F1, 1er étage Av. Paul Héger 22 - 1050 Ixelles