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Le VRS, une infection dont il faut protéger les adultes à risques

Publié le 21 octobre 2026 – Mis à jour le 21 octobre 2026

Les premiers frimas font leur apparition et nous rappellent l’importance de bien se protéger. Les personnes âgées notamment sont particulièrement à risque lorsque l’on parle d’infections respiratoires. Si la grippe et le Covid-19 sont désormais acquis dans les rappels vaccinaux, le VRS est encore trop souvent l’oublié, comme le rappelle dans sa dernière étude l’infectiologue Nicolas Dauby, enseignant et chercheur à la Faculté de médecine de l’ULB et chef de clinique à l’Hôpital Saint-Pierre.

Trois virus respiratoires à surveiller

« La grippe, le Covid-19 et le virus respiratoire syncytial (VRS) : ces trois virus respiratoires affectent toutes les classes d’âge, mais de manière distincte », rappelle d’emblée le chercheur Nicolas Dauby, médecin infectiologue à l’Hôpital Saint-Pierre, enseignant à l’ULB en virologie et chercheur FNRS sur l’immunologie de la vaccination.

A la période où les virus font leur retour, il est capital de rappeler que ces virus respiratoires prennent différentes caractéristiques plus ou moins graves, en fonction des périodes de vie.

Ainsi du VRS, d’abord connu comme première cause de bronchiolite dans la petite enfance. « Tous les enfants âgés de deux ans ont été infectés par le VRS à un moment ou à un autre », observe le spécialiste. « Plus tard, l’adulte en bonne santé va faire un VRS à l’automne qui prendra la forme d’un rhume, sans que cela ne soit problématique. Mais c’est une fois plus âgé, notamment lorsqu’un individu a des comorbidités (maladies cardio-respiratoires, cancer…), que le VRS peut redevenir très problématique et se muer en pneumonie virale. »

Une étude belge

La récente publication par le chercheur d’une étude de surveillance fondée sur neuf hôpitaux belges, allant de la Flandre à la Wallonie en passant par Bruxelles, a permis de mieux voir la typologie des patients hospitalisés pour une infection respiratoire virale.

« Aujourd’hui, dès qu’un patient rentre dans un de ces hôpitaux avec un syndrome respiratoire aigu, un frottis nasopharyngé est effectué », explique-t-il. « Ce frottis est ensuite envoyé à Sciensano, l’institut national de santé publique belge, qui va réaliser une analyse systématique pour identifier le virus concerné, ainsi que les caractéristiques des patients atteints. »

L’objectif de l’étude était d’avoir un certain recul sur les patients des hivers 2023-24 et 2024-25. Ces données, récentes, ont permis de bien comprendre qui arrive à l’hôpital : la moyenne d’âge est de 73 ans pour les personnes hospitalisées avec un VRS. Un patient sur cinq est issu d’une maison de repos et a dans 90% des cas une comorbidité.

« Jusqu’à présent nous avions surtout des données américaines dans les données les plus récentes. Grâce à cette étude nous pouvons mieux parler au corps médical et aux patients belges », observe Nicolas Dauby.


Augmenter la couverture vaccinale

Le message de cette étude ? « Il ne faut pas oublier le VRS. Si vous pensez à vous faire vacciner pour la grippe et le Covid-19 en raison de votre âge ou de comorbidités, alors faites vous vacciner pour le VRS également ! En se faisant vacciner contre le VRS, on diminue le risque d’hospitalisation et de complications liées à cette infection. »


L’infectiologue rappelle qu’il s’agit bien là de trois vaccins différents. Celui contre le Covid-19 est désormais généralisé et a permis d’atteindre un stade où quasiment toute la population est immunisée contre les formes graves, même si des rappels sont nécessaires pour les personnes à haut risque. Celui contre la grippe est un cas particulier, car il nécessite d’être réalisé tous les ans du fait des mutations régulières de ce virus. Et celui contre le VRS, donc, assure, pour sa part, une protection sur trois ans, car le virus ne mute pas comme celui de la grippe.

« Si l’on se dirige, dans le futur, vers des vaccins combinés, pour l’instant on doit recevoir les trois vaccins séparément ; mais ils peuvent être faits en une seule visite chez le médecin », détaille Nicolas Dauby. Un bémol : actuellement les pharmaciens et pharmaciennes sont habilité.e.s à délivrer le vaccin contre le Covid-19 et la grippe, mais pas encore celui contre le VRS, qui doit être fait chez son médecin traitant. « Le vaccin pour l’adulte utilisé aujourd’hui est encore jeune : il est diffusé depuis trois ans et demeure assez cher lorsque l’on n’entre pas encore dans la catégorie des 65 ans avec facteurs de risque. On parle alors d’une centaine d’euros, mais avec une efficacité maintenue sur trois années. »

Contacts scientifiques : Nicolas Dauby, chercheur à la Faculté de médecine de l’ULB et chef de clinique à l’Hôpital Saint-Pierre : nicolas.dauby@ulb.be

Publiée le 17 septembre dans Eurosurveillance, le journal officiel du European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC).
Lafort Yves, Dambre Cato, Dockx Yinthe, Parys Anna, Holemans Xavier, Parsy Marie-Pierre, Dauby Nicolas, Reynders Marijke, Bourgeois Marc, Witdouck Arne, Leroux-Roels Isabel, Bernaert Eva, Magerman Koen, Cornelissen Laura, De Mot Laurane. Characteristics and outcomes of adult patients hospitalised with RSV infection, influenza or COVID-19 in Belgium, winter seasons 2023/24 and 2024/25. Euro Surveill. 2026;31(37):pii=2600088. https://doi.org/10.2807/1560-7917.ES.2026.31.37.2600088