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Montée du niveau de la mer : l’Antarctique nous laisse encore le temps d’anticiper

Publié le 25 juin 2026 Mis à jour le 25 juin 2026

Une étude publiée dans Nature, dirigée par l’Université Monash (Australie) et coécrite par le professeur Frank Pattyn du Laboratoire de Glaciologie de l’ULB, montre que la contribution de l’Antarctique à l’élévation du niveau de la mer peut être estimée avec une fiabilité accrue pour les prochaines décennies.

Une avancée pour les projections climatiques

L’Antarctique représente aujourd’hui l’une des principales sources d’incertitude dans les projections du niveau de la mer. En s’appuyant sur des modèles numériques de calotte glaciaire utilisés notamment dans les évaluations du GIEC, les chercheurs ont évalué dans quelle mesure les pertes de glace futures peuvent être anticipées.

Leur conclusion est claire : lorsque les modèles reproduisent fidèlement les pertes de glace observées aujourd’hui, ils permettent d’estimer de manière robuste la contribution de l’Antarctique à l’élévation du niveau de la mer jusqu’au milieu du siècle.

Une fenêtre d’action de plusieurs décennies


Ces résultats offrent un cadre plus solide pour les décisions liées à l’adaptation au changement climatique, qu’il s’agisse de protection des zones côtières, d’aménagement du territoire ou d’investissements dans les infrastructures.

« Les trois prochaines décennies constituent une période durant laquelle les projections restent relativement bien contraintes. Cette fenêtre de prévisibilité est essentielle pour préparer les réponses aux défis posés par l’élévation du niveau de la mer futur », explique le professeur Frank Pattyn.

Réduire les incertitudes à long terme

Au-delà de la fin du siècle, les projections deviennent plus difficiles en raison de processus physiques susceptibles d’accélérer fortement la perte de glace en Antarctique.

« En améliorant la représentation de ces processus dans les modèles numériques, nous pourrons réduire les incertitudes qui limitent encore les projections à long terme », souligne Frank Pattyn.


Cette étude apporte ainsi un message à la fois prudent et encourageant : si l’évolution de l’Antarctique à très long terme reste incertaine, les prochaines décennies peuvent être anticipées avec suffisamment de confiance pour guider l’action publique.

Référence scientifique
McCormack et al., Nature (2026) – Predictability of Antarctic ice-sheet mass loss and sea-level rise. Article complet.
Contact scientifique : Prof. Frank Pattyn – Laboratoire de Glaciologie, ULB
frank.pattyn@ulb.be | Téléphone via presse@ulb.be ou au 0477 66 82 37