Publié le 10 juin 2026 Mis à jour le 17 juin 2026

À l’ULB, l’international n’est pas un simple indicateur de rayonnement. Depuis près de deux siècles, notre institution se construit dans la conviction que la connaissance ne connaît pas de frontières. Enseigner, apprendre, chercher, innover : aucune de ces missions ne peut aujourd’hui s’exercer pleinement sans dialogue avec le monde.

Cette ouverture se lit dans la diversité de notre communauté universitaire, dans les milliers d’étudiantes, d’étudiants, de chercheuses et de chercheurs qui choisissent notre Université pour étudier ou travailler, ainsi que dans les collaborations qui relient nos équipes aux cinq continents. Elle s’incarne également dans les expériences de mobilité qui permettent à chacune et chacun de découvrir d’autres réalités académiques, culturelles et humaines.

L’Université a, à cet égard, une responsabilité particulière. Sa vocation n’est pas seulement de produire des connaissances ou de former des diplômées et diplômés. Elle est aussi de créer des ponts : entre les disciplines, entre les cultures, entre les sociétés. Elle est un lieu où l’on apprend à regarder le monde dans sa complexité, à confronter les idées sans les caricaturer et à « penser contre soi-même ».

L’international est avant tout une rencontre avec l’altérité. Une invitation à sortir de ses évidences, à accueillir d’autres regards et à apprendre autant de ce qui nous est familier que de ce qui nous est étranger. Il nourrit l’esprit critique, développe la capacité d’écoute et rappelle qu’aucune connaissance ne progresse durablement dans l’entre-soi.

Cette ouverture ne peut toutefois être tenue pour acquise. Dans de nombreuses régions du monde, les tensions géopolitiques, les conflits, les remises en cause de la liberté académique ou encore le durcissement des conditions de mobilité fragilisent les échanges internationaux. Les contraintes budgétaires qui pèsent sur l’enseignement supérieur et la coopération universitaire renforcent encore ces difficultés. À l’heure où certains sont tentés par le repli, les universités ont la responsabilité de défendre les conditions qui rendent possibles la circulation des savoirs, la coopération scientifique et la rencontre entre les cultures.

Être une université internationale, c’est bien davantage qu’être présente dans le monde. C’est faire du monde un partenaire de réflexion, d’apprentissage et de création. C’est accueillir la diversité des parcours et des expériences comme une richesse. C’est former des diplômées et diplômés capables d’évoluer dans des sociétés toujours plus interconnectées et complexes.

Ce numéro d’Esprit Libre témoigne de cette réalité à travers plusieurs regards, plusieurs parcours et plusieurs expériences. Il raconte une université qui, fidèle à sa tradition de liberté, considère l’ouverture au monde non comme une option, mais comme l’une des conditions essentielles de sa mission. Il constitue aussi un plaidoyer en faveur de cette ouverture, qu’il nous appartient collectivement de préserver et de renforcer.

Annemie Schaus, Rectrice de l’ULB

« L'international nourrit l’esprit critique, développe la capacité d’écoute et rappelle qu’aucune connaissance ne progresse durablement dans l’entre-soi. »