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Édito d'Annemie Schaus: "L'Université se construit avec celles et ceux qui la vivent"

Publié le 14 septembre 2026 – Mis à jour le 18 septembre 2026

L’université est un lieu d’émancipation, où le savoir ouvre des horizons et où les talents peuvent s’épanouir, indépendamment de l’origine sociale, du genre, des convictions ou du parcours de vie. Cette ambition est au cœur de l’identité de l’ULB depuis sa création. Mais que vaut cette promesse face aux obstacles, parfois invisibles, qui jalonnent les parcours d’études et de travail ?

Trop souvent, évoquer l’inclusivité dans l’enseignement supérieur se limite à la mise en place d’aménagements. Ces mesures sont bien sûr indispensables. Mais l’enjeu est plus profond : il touche à notre conception même de l’Université. Accueillir ne suffit pas ; il s’agit de créer les conditions d’une participation pleine et entière. Les obstacles, en effet, ne sont pas toujours visibles ni immédiatement identifiables. Ils ne se limitent pas à des contraintes matérielles - bâtiment inaccessible, auditoire difficile d’accès - : ils sont aussi, souvent, plus diffus.

Celles et ceux qui font face à ces obstacles en témoignent avec force. Leurs parcours parlent de résilience, de persévérance, d’adaptation constante. Ils disent aussi la lassitude de devoir sans cesse expliquer, justifier, convaincre. Mais ils expriment également la fierté d’une année réussie, là où les statistiques semblaient annoncer l’échec. Ces parcours rappellent un principe simple : personne ne devrait avoir à prouver sa légitimité à étudier.

Ils montrent aussi que l’inclusion ne se décrète pas. Elle invite à interroger nos pratiques, nos organisations, nos représentations de la différence. Elle nous oblige à poser collectivement des questions essentielles : qu’est-ce qu’un enseignement juste ? Comment mieux prendre en compte la diversité des parcours, des rythmes et des besoins ? Comment faire de l’inclusion une réalité concrète plutôt qu’un principe affiché ?

L’inclusion repose sur l’écoute, le dialogue et la coconstruction. Le mouvement international du handicap le résume par une formule simple : « Nothing About Us Without Us ». Les étudiantes et étudiants concernés ne sont pas seulement bénéficiaires d’un accompagnement : ils sont porteurs d’une expertise irremplaçable, celle de leur propre expérience. Les associer aux réflexions relève à la fois du respect et de l’efficacité.

À l’ULB, cette conviction guide notre action. Nos dispositifs d’accompagnement n’ont de sens que parce qu’ils reposent sur une concertation étroite avec les personnes concernées. Mais aucune procédure, aussi pertinente soitelle, ne dispense d’un travail collectif de transformation des pratiques. L’inclusion n’est pas l’affaire d’une cellule ou d’un règlement : elle engage l’ensemble de la communauté universitaire, de l’enseignant ou l’enseignante qui repense son cours à l’étudiant ou l’étudiante qui choisit d’écouter avant de juger.

Une université qui laisse des talents au bord du chemin se prive de ressources précieuses. À l’inverse, chaque obstacle levé permet à de nouvelles voix de contribuer pleinement à la vie académique et, demain, à la société. L’ULB réaffirme avec force son engagement en faveur d’un enseignement plus juste, plus attentif aux singularités et plus cohérent dans l’accompagnement des parcours.

L’inclusion n’est pas un supplément d’âme : elle est au cœur de ce qui fait une université fidèle à ses valeurs - une université qui refuse que les différences deviennent des exclusions et qui choisit d’avancer avec celles et ceux qui la vivent au quotidien.

« La diversité, c’est être invité à la fête ; l’inclusion, c’est être invité à danser .», dit Vernā Myers.
Alors, dansons. Excellente rentrée académique à toutes et tous.

Annemie Schaus, Rectrice de l’ULB

« Accueillir ne suffit pas ; il s'agit de créer les conditions d'une participation pleine et entière. »