Dans la même rubrique
-
Partager cette page
Édito d'Annemie Schaus: "Parler librement, s'engager ouvertement"
Publié le 10 mars 2026
– Mis à jour le 20 mars 2026
« Ici, c'est l'ULB. Notre université: libre, vivante, en mouvement. Ici, les libertés grondent. On ose, on propose. Le monde change. Nous aussi. Ici, notre intelligence est collective. On ne subit pas le changement, on l'incarne. »
C’est en ces mots que l’Université libre de Bruxelles a lancé, le 9 février dernier, ses Assemblées libres : un vaste processus de consultation ouvert à l'ensemble de la communauté universitaire. À l’heure où tout semble s’accélérer, nous avons choisi de prendre le temps. Le temps de nous arrêter, de réfléchir, d’échanger. Le temps de débattre des défis auxquels nous sommes toutes et tous confrontés, étudiantes et étudiants, membres du personnel académique, scientifique, administratif et technique.
Comment faire communauté dans une université forte de sa diversité? Combien de fois les étudiants et étudiantes ont-ils la possibilité de débattre avec des membres de l’administration, des chercheuses et des chercheurs? Combien d’occasions avons-nous réellement de croiser nos regards, de confronter nos expériences? Quand un jeune chercheur en médecine peut-il dialoguer avec une étudiante en histoire? Quand les enseignantes et enseignants débattent-ils avec les services administratifs qui les accompagnent au quotidien? Et pourtant, nous appartenons à une même institution, animée par des aspirations souvent convergentes quant à ce que doit être une université du XXIe siècle: exigeante, inclusive, ancrée dans sa ville et ouverte sur le monde.
Au moment où s’achève le mois de mars, nous entrons dans la troisième phase de ce projet participatif. Après avoir consulté largement la communauté par un questionnaire en ligne et des Tables libres ayant réuni des centaines de participantes et participants, place désormais aux Agoras des possibles. Leur ambition: transformer les échanges en propositions concrètes. Identifier ce qui peut évoluer dès à présent et dessiner les horizons vers lesquels nous voulons avancer, pour nous-mêmes et pour celles et ceux qui nous succéderont.
Cette même volonté de dialogue et de co-construction a guidé l’organisation, le 20 mars, d’un événement à la fois engagé et festif en appui à la Journée mondiale contre le racisme. Rassemblée autour d'un Festival antiraciste, notre communauté affirme sa détermination à lutter contre toutes les formes de racisme: antisémitisme, asiaphobie, islamophobie, racisme anti-noir, romaphobie et bien d’autres encore. Dans un contexte où les expressions de racisme se multiplient, lectures, interventions académiques, témoignages et performances artistiques constituent autant de manières de faire entendre des voix trop souvent marginalisées et de rappeler que l’égalité n’est jamais acquise: elle se construit, elle se travaille, elle se maintient, jour après jour, inlassablement.
Les Assemblées libres et ce Festival antiraciste procèdent d’un même souffle: recréer, dans un climat parfois clivant, des espaces où la parole circule, se confronte, s’enrichit. Une université n’est pleinement fidèle à elle-même que lorsqu’elle écoute toutes les voix: celles des jeunes qui portent les transformations à venir; celles et ceux qui y travaillent et font vivre l’exigence au quotidien; celles des personnes confrontées à des discriminations; celles, enfin, de toutes celles et tous ceux qui, par leur engagement et leur expertise, contribuent au bien commun.
Plus que jamais, l’ULB emprunte la voie du dialogue. Une voie exigeante, parfois inconfortable, mais indispensable pour rester fidèle à notre projet humaniste et progressiste.
Ici, on écoute. Et on avance.
Annemie Schaus, Rectrice de l’ULB
Comment faire communauté dans une université forte de sa diversité? Combien de fois les étudiants et étudiantes ont-ils la possibilité de débattre avec des membres de l’administration, des chercheuses et des chercheurs? Combien d’occasions avons-nous réellement de croiser nos regards, de confronter nos expériences? Quand un jeune chercheur en médecine peut-il dialoguer avec une étudiante en histoire? Quand les enseignantes et enseignants débattent-ils avec les services administratifs qui les accompagnent au quotidien? Et pourtant, nous appartenons à une même institution, animée par des aspirations souvent convergentes quant à ce que doit être une université du XXIe siècle: exigeante, inclusive, ancrée dans sa ville et ouverte sur le monde.
Au moment où s’achève le mois de mars, nous entrons dans la troisième phase de ce projet participatif. Après avoir consulté largement la communauté par un questionnaire en ligne et des Tables libres ayant réuni des centaines de participantes et participants, place désormais aux Agoras des possibles. Leur ambition: transformer les échanges en propositions concrètes. Identifier ce qui peut évoluer dès à présent et dessiner les horizons vers lesquels nous voulons avancer, pour nous-mêmes et pour celles et ceux qui nous succéderont.
Cette même volonté de dialogue et de co-construction a guidé l’organisation, le 20 mars, d’un événement à la fois engagé et festif en appui à la Journée mondiale contre le racisme. Rassemblée autour d'un Festival antiraciste, notre communauté affirme sa détermination à lutter contre toutes les formes de racisme: antisémitisme, asiaphobie, islamophobie, racisme anti-noir, romaphobie et bien d’autres encore. Dans un contexte où les expressions de racisme se multiplient, lectures, interventions académiques, témoignages et performances artistiques constituent autant de manières de faire entendre des voix trop souvent marginalisées et de rappeler que l’égalité n’est jamais acquise: elle se construit, elle se travaille, elle se maintient, jour après jour, inlassablement.
Les Assemblées libres et ce Festival antiraciste procèdent d’un même souffle: recréer, dans un climat parfois clivant, des espaces où la parole circule, se confronte, s’enrichit. Une université n’est pleinement fidèle à elle-même que lorsqu’elle écoute toutes les voix: celles des jeunes qui portent les transformations à venir; celles et ceux qui y travaillent et font vivre l’exigence au quotidien; celles des personnes confrontées à des discriminations; celles, enfin, de toutes celles et tous ceux qui, par leur engagement et leur expertise, contribuent au bien commun.
Plus que jamais, l’ULB emprunte la voie du dialogue. Une voie exigeante, parfois inconfortable, mais indispensable pour rester fidèle à notre projet humaniste et progressiste.
Ici, on écoute. Et on avance.
Annemie Schaus, Rectrice de l’ULB
« Les Assemblées libres et ce Festival antiraciste procèdent d’un même souffle: recréer, dans un climat parfois clivant, des espaces où la parole circule, se confronte, s’enrichit... »